ces choses qui me donnent envie de te dire « oui »…

rassurez-vous, c’est ironique. voire même sarcastique. ces derniers temps j’ai trouvé un site de rencontre gratuit qui est un peu le terrain de chasse de prostitués hommes et femmes de tous poils (et même sans poil). j’ai mis un petit moment à percuter (faut dire que je ne brille pas par la rapidité de l’esprit, je suis certes intelligente mais je prends mon temps). donc sous prétexte d’une erreur, beaucoup d’hommes m’ont contactée en me parlant comme à une pute.

au début, cet état de choses m’a grandement agacée. mince, me disais-je, si je suis une pute je vous dirai bien assez tôt combien ça va vous coûter, ce n’est pas à vous de m’aborder avec un lapidaire « c’est combien? », ou tout comme. puis j’ai réfléchi et j’ai compris que tout cela n’était arrivé que pour mon bien. car bien des hommes m’ont abordée AVANT avec ce petit je ne sais quoi d’irritant, sur lequel je n’arrivais pas à mettre un nom. et je laissais le bénéfice du doute – je vous rappelle que je ne suis pas une rapide – à des hommes qui auraient surtout mérité une bonne claque en travers de la gueule.

j’ai pris ce site comme un entraînement: la leçon qu’il me prodigue pourrait porter comme nom « l’art et la manière de comprendre en deux temps trois mouvements si oui ou non mon interlocuteur me prend pour une conne ». je suis devenue très forte à ce petit jeu, et très rapide (ouf! enfin!) à bloquer les indésirables. et du coup, quand je navigue sur d’autres sites libertins, plus « classiques », je repère également ceux des malotrus qui viennent là pour « pécho de la pute gratuite ». j’ai aussi l’immense plaisir de me rendre compte qu’on me prend pour une truffe plus rapidement lors de mes stages et ateliers de tantra (autre lieu où les malotrus viennent pour « pécho de la pute gratuite »).

ainsi, ce qui a démarré comme une expérience douloureuse à laquelle j’avais envie de mettre fin, se termine comme une de mes meilleures leçons de vie! je suis tellement reconnaissante à la vie de m’avoir guidée vers ce site! j’aurais aimé avoir expérimenté cela beaucoup plus tôt! j’aurais gagné tellement de temps et évité certaines regrettables rencontres!

donc pour planter le décor, je suis chez moi (imaginez aussi que vous êtes) en train de chatter sur un site de rencontre libertin, et là, le mec me sort un truc qui me hérisse le poil… je ne vous parle pas des évidences (du genre « c’est combien? », là, on a compris de suite de quoi il s’agit), mais parmi toutes les choses discutables qui peuvent être dites, voici celles qui me conduisent à bloquer un interlocuteur immédiatement:

  • dispo ce soir?

pour celles qui naviguent sur des sites libertins, c’est une question récurrente sur laquelle je n’avais jamais tilté jusqu’à présent. je peux comprendre qu’on ait envie de baiser, là, maintenant, tout de suite. mais je ne m’étais jamais projetée dans la peau d’une personne qui veut baiser ce soir tout de suite. naviguer sur ce site m’a donné l’occasion de m’y exercer.

j’ai réalisé que même si un tchat peut déraper et donner envie de rencontrer son vis-à-vis tout de suite (ça m’est arrivé déjà), c’est loin d’être une généralité. ça arrive une ou deux fois l’an, et encore à condition de pratiquer des tchat et cam chaudes très régulièrement! cette question n’a donc aucune raison d’être à froid. aucune. une personne qui vous demande dès le premier message d’être dispo tout de suite est seulement une personne qui cherche une pute.

croyez-moi, tant qu’on navigue en eaux troubles (site libertin) on doute. mais quand on est sur un site qui affiche des profils de pute pratiquement en devanture, ça vous frappe comme seule l’évidence peut vous matraquer la figure! du coup, maintenant, quand une personne me demande si je suis dispo tout de suite, ou si je serai dispo la semaine 32 car il sera en déplacement en région parisienne, je bloque.

les hommes ont le droit d’être en chien (les femmes aussi d’ailleurs), mais ça ne veut pas dire que je suis obligée d’essuyer leurs plâtres. le libertinage ce n’est pas de la prostitution. le sexe peut arriver de façon fortuite et occasionnelle, mais ce n’est pas ce que recherchent les libertins. on cherche des rencontres. discuter avec une personne, passer un moment agréable en échangeant avec quelqu’un qui a l’esprit ouvert.

donc non, je ne suis jamais dispo ce soir, ou la semaine 32 quand truc nuche sera enfin en RP, ou désireuse de rejoindre bidule à son hôtel, le soir, quand il aura fini son colloque ou que sais-je. s’ils ont besoin d’une pute pour oublier le temps qui passe, qu’ils se payent donc une pute. au moins y’aura une fille qui a besoin de thunes qui travaillera ce soir là, car ce n’est la place ni d’une libertine, ni d’une tantrika.

  • quelles sont tes conditions?

en d’autres termes, c’est le moment où la pute vous dit « j’embrasse pas ». ne souriez pas, la version sur site libertin existe, et elle se traduit par « quels sont tes tabous?« . regardez-moi dans les yeux et dites-moi que cette question ne vous a jamais mise mal à l’aise, mesdames?!

voilà mon propos; si vraiment tu aimes le cul et si vraiment tu es libertin, tu prendras plaisir, je dis bien plaisir, à découvrir mes tabous au pied du mur, dans le feu de l’action. mais si ton but est de fourrer de la chatte sans te préoccuper du plaisir de ta partenaire, alors là oui, tu as besoin de savoir quelles limites tu ne peux pas dépasser parce que tu craindras que la pute ne te plante là, au milieu de l’action, et que ton plan baise de la nuit se termine en queue de poisson.

donc le mec veut savoir si la pute accepte de sucer sans capote (sur site libertin on vous dira plutôt « j’aime la fellation naturelle », en quoi avec capote ça n’est plus naturel, je vous le demande, ou plutôt non, je ne vous le demande pas), si elle accepte la sodomie (car il est sur youporn tous les soirs et il a une liste longue comme le bras de fantasmes glauques à réaliser), si elle accepte levrette claquée et tirage de cheveux, éjac faciale, douche dorée et j’en passe des meilleures.

donc à la base, tu es là, sur un site libertin à discuter tranquillement avec plein d’autres libertins de choses et d’autres sympathiques ou non, tu en choisis un qui te semble attirant, excitant, et l’instant suivant, tu te retrouves à lister toutes les choses pornographiques que tu n’as jamais eu envie de faire… avec la sensation d’être en train de lui gâcher son plaisir!

combien de fois j’ai mis fin à ces discussions en expliquant à mon vis-à-vis que finalement je ne pensais pas qu’on était faits pour s’entendre, sans arriver à identifier la raison de ce sentiment qui me donnait envie de me recroqueviller à l’intérieur de moi! comment peut-on être détendue et sûre d’avoir du plaisir, quand le mec qu’on est sur le point de rencontrer, dans le fond, ce qu’il veut c’est vous sodomiser en levrette avec vos cheveux dans une main et en vous claquant les fesses de l’autre?

comment une discussion entre deux amoureux du sexe peut en arriver là? comment c’est possible si aucun des deux n’a l’intention d’utiliser le corps de l’autre comme on utilise un sextoy? une personne qui a envie de vous faire plaisir vous demandera ce qui vous fait plaisir. elle ne demandera jamais vos limites. elle sait qu’elle n’ira jamais jusqu’à vos limites. moi je sais que je ne cherche jamais les limites de mes partenaires. est-ce que ça fait de moi quelqu’un d’anormal?

  • il y a des hôtels sympas à côté du bar que tu as choisi pour notre rencontre?

donc, récapitulons: le mec il ne m’a jamais vue, et il sait d’avance qu’il aura besoin d’un hôtel? (on sait bien que les photos et les cams ça ne compte pas, en vrai si le mec pue de la gueule on l’enverra se faire pas foutre aussi bien que s’il avait la tête de mickey rourke – et je ne parle pas de celle des années 80). on peut deviner d’ici qu’il est attiré par ma grande intelligence! ou mes yeux de biche, le soin que j’apporte à ma personne, la santé qui ressort de mon mode de vie! il n’est pas du tout seulement préoccupé de se vider les testicules dans n’importe quoi, du moment que ce soit chaud et humide…

quand je dis ça, on me répond souvent « oui mais dans le feu de l’action, si vous vous plaisez, pourquoi refuser d’aller à l’hôtel? ». ce à quoi je n’ai rien à dire. sauf que si on prévoit d’aller à l’hôtel, excusez-moi mais on ne parle plus de feu de l’action. c’est calculé. froidement. et froidement, là, non, j’ai pas envie d’aller à l’hôtel avec un mec que je n’ai jamais rencontré. non. et j’ai encore moins envie d’aller à l’hôtel avec un mec qui calcule froidement d’aller à l’hôtel avec des inconnues… merci le nid à microbes! c’est l’attitude d’un mec à putes, un mec qui baise VRAIMENT avec n’importe qui. pour peu qu’il me fasse comprendre qu’il aime la fellation et la pénétration « naturelles » et je suis sûre d’écoper d’un herpès dans l’année qui vient…

c’est exactement la même chose que ceux qui vont dans les clubs libertins avec l’intention de baiser. peu importe qui, si l’occasion se présente, je baise! en quoi c’est digne d’une attitude libertine? je veux dire, si personne ne me plaît? si l’envie n’y est pas? et non, on ne va pas dans un club libertin pour baiser. on y va pour côtoyer pendant quelques heures des gens qui envisagent la sexualité autrement que le bourgeois de base qui pousse des hauts cris dès que n’importe quel biscuit est trempé en dehors des liens du mariage! on ne baisera pas forcément – sauf si on est pris par un élan sexuel individuel ou collectif – mais on discutera, boira, mangera en compagnie de personnes qui pensent aussi qu’on devrait tous être libre de baiser comme on en a envie. la liberté des uns ne pouvant pas empiéter sur celle des autres!

on en revient encore à ça: vous avez le droit d’être en chien, mais ne vous sentez pas autorisé pour autant à entraîner les autres dans vos plans cul. vous n’avez pas à prévoir l’hôtel, les capotes ou dieu sait quoi, simplement parce que vous avez les patates si enflées qu’elles vous pompent le sang qui devrait arriver au cerveau. vous avez le droit d’avoir envie, le droit de le dire, le droit de proposer votre corps pour le plaisir d’une autre personne, mais avant de commencer à tirer… des plans sur les comètes, attendez que votre partenaire vous donne son feu vert!

ah oui, je ne vous ferai pas un laïus sur ce qu’il faut penser du mec qui, finalement, après discussion, vous propose de vous retrouver directement à l’hôtel. je crois que dans ce cas précis, vous devriez vraiment réfléchir à vos tarifs… sincèrement et sans mauvais jugement, réfléchissez à vos tarifs. parce qu’en acceptant une telle proposition vous acceptez exactement les mêmes risques (viol, agression, viol en réunion) qu’une prostituée, le fric en moins.

  • je suis sympathique, gentil, respectueux et beau gosse.

ah oui? qui a dit ça?
prenons les choses à l’envers: je suis objectivement quelqu’un de gentil. peut-être pas de façon naturelle, mais certainement de façon cultivée, recherchée, répétée. je veux être ainsi. est-ce que j’y arrive? je n’en sais rien, je fais juste de mon mieux. j’essaie d’être serviable, compréhensive, empathique. je le paye souvent et parfois gravement.

pourtant, il ne me viendrait JAMAIS à l’idée de me présenter comme quelqu’un de gentil, respectueux, généreux et sympathique. dire que je suis belle également à une personne que je n’ai jamais rencontré… wow! y’en a qui ne doutent de rien! alors on pourrait me dire « mais c’est une façon de parler, puis le mec ne va quand même pas se présenter en disant qu’il est moche! ». je vous dirais, moi, que c’est surtout symptomatique d’une personne qui passe la vie à se regarder le nombril. « je suis, je suis, je suis, moi, moi, moi et ce que tu en penses toi (et les autres), au fond, je m’en cogne. »

transposez ça au lit et vous aurez la description de 90% des hommes: j’ai une grosse bite, elle est grande comme ça, grosse comme ci, je suis performant, je connais toutes les techniques et même le cuni biscotte, et je jouis trop bien! est-ce que ma partenaire a du plaisir? je n’en sais rien, je m’en cogne! ou pire, si elle n’en a pas, je ne comprends pas pourquoi. mince, après tous les efforts que je fais!!!

le sexe et l’amour (le sentiment) ont ceci de commun qu’ils nécessitent d’accepter sa vulnérabilité. c’est le seul moyen de comprendre et d’accueillir la vulnérabilité de son partenaire. cette compréhension et cet accueil réciproques de la vulnérabilité de l’autre sont indispensables à une bonne entente et une bonne alchimie au lit comme dans la vie. une personne qui se regarde le nombril toute la journée ne sera jamais dans l’instant présent, ne sera jamais présente, accessible, touchable. pour vous l’illustrer de façon caricaturale, c’est typiquement le mec qui se prendra en photo pendant qu’il vous embrasse ou pendant qu’il vous fait l’amour (je vous jure que ça arrive). et dans la génération I-phone, cette catégorie de personne devient la norme… c’est vous dire l’horreur de l’état des lieux actuel.

un homme qui ne sait pas faire preuve d’humilité, d’honnêteté, d’empathie, n’a rien à faire dans mon lit. en cadeau, je vous partage mon expérience à ce propos: un homme qui dit qu’il est respectueux ne l’est jamais. quelqu’un qui dit « tu peux me faire confiance » n’est pas digne de confiance. ces choses là ne se demandent pas, elles ne se déclarent pas, elles se font. et une personne qui n’a pas compris ça est une personne qui n’a pas compris la signification de ces choses.

  • j’aime (ou je recherche) une libertine, une femme raffinée aimant la lingerie et les talons hauts. je souhaite qu’elle partage mes sorties en club libertin ou en soirées privées.

l’autre version c’est la déclaration péremptoire du genre « tu es hédoniste, alors tu comprends ce que je veux dire… »
ça, c’est de la manipulation crasse. en gros, le mec vous dépeint le cadre que vous ne devez pas dépasser si vous voulez le rencontrer. en gros il vous impose ses propres définitions.

dans l’exemple 1, une libertine est forcément une femme raffinée qui aime la lingerie et les talons hauts, et surtout, qui fréquente les lieux libertins. définition sortie tout droit du cerveau d’un demeuré, mais c’est pas grave. si vous vous dites libertine, alors vous devez coller au tableau.

dans l’exemple 2, si je me sens (ou je me sais) hédoniste, alors je dois être d’accord avec son point de vue, et si je ne le suis pas alors je ne suis pas hédoniste. ou mieux encore, je n’ai jamais envisagé la possibilité d’être hédoniste, mais il a déjà décidé ça pour moi: tu es hédoniste (n’est-ce pas?) et alors tu ne peux qu’être d’accord avec moi. ce n’est que son avis mais il ne vous présentera jamais la chose comme si vous aviez le choix.

ce que j’aime répondre à ces hommes étroits d’esprit (car c’en est), c’est que je ne suis pas ce qu’ils disent. je ne suis pas libertine. je ne suis pas hédoniste. ensuite, je les regarde se dépatouiller avec leurs limitations intellectuelles.

  • bonjour (ou salut, bonsoir et autres variantes), tu vas bien? je suis machine, 33 ans, …

à ce stade je vais faire un tour sur le profil du monsieur: s’il a renseigné à peu près les mêmes choses que moi, j’accepte cette entrée en matière un peu… vide. dans le cas contraire, ça a l’air idiot, mais ça ne passe plus. aujourd’hui je le vis un peu comme la technique débile du mec qui vous demande l’heure dans la rue et qui enquille direct sur un « t’as un 06? ». en d’autres termes, si tu veux quelque chose, dis-le de suite. commence pas à essayer de m’embrouiller avec des excuses à la noix. on est sur un site de rencontre sexuelles, tu sais pourquoi je suis là, je sais pourquoi tu es là, alors accouche!

ces entrées en matière qui s’étirent inutilement en longueur sont généralement le jeu d’hommes qui ont des défauts cachés ou des demandes « particulières ». le but est de vous amadouer, vous faire pitié au besoin (si si, je ne compte plus le nombre d’hommes handicapés de la vie qui n’hésitent pas à toucher la corde sensible pour que vous fermiez les yeux sur leurs inaptitudes et acceptez de coucher avec eux. le regard de labrador perdu est une technique de manipulation très efficace sur certaines femmes). et ça m’agace.

je mets cartes sur table donc je veux que mon partenaire fasse de même. il me dit d’abord qui il est et ce qu’il me propose. s’il a besoin de faire connaissance d’abord sur chat, il le dit, et si je suis intéressée par son profil (qui il est et ce qu’il propose), j’accéderai à sa demande. s’il ne fait pas tout cela, alors il n’est pas fait pour moi. point barre et au suivant.

je vous raconte tout ça, peut-être croyez-vous que je suis juste critique envers les autres…? en fait, cette expérience a fondamentalement changé ma façon de naviguer sur les sites de rencontres. aujourd’hui quand je prends contact avec un homme qui me conviendrait j’applique tout ça. je dis qui je suis, je dis qu’il m’intéresse, je dis ce que je lui propose, et je finis en lui suggérant de consulter mon profil pour plus d’informations. il n’a plus qu’à dire oui ou non pour prendre un verre ensemble.

  • je suis français, ou européen, ou africain, ou n’importe quelle origine ou nationalité, ou encore la variante encore plus perverse: tu es originaire d’où?

déjà ça veut dire que cet homme considère que son origine ethnique a une importance dans l’attirance que j’aurai (ou pas) pour lui. ensuite il considère que mon origine ethnique a une importance dans l’attirance qu’il éprouvera (ou pas) pour moi. l’un et l’autre sont rédhibitoires. ils sont symptomatiques d’une grosse limitation de l’esprit.

pour comprendre le chauvin il faut comprendre l’envie de se dissocier des autres. d’être perçu(e) comme fondamentalement différent de l’autre. c’est le début de toutes les dérives! je peux exploiter la vie et le corps des autres si je me dissocie de l’autre. je ne pourrais pas le faire si je ne me dissociais pas, j’aurais trop peur que d’autres aient aussi l’envie d’exploiter ma vie et mon corps. c’est de cette manière qu’on ouvre des expositions de noirs où on expose des humains vivants et nus… c’est comme ça que débute l’esclavage, l’esclave étant souvent d’une autre origine ethnique que soi.

dans la même fournée on peut mettre les homophobes: le mec qui a du mal à retenir des exclamations de dégoût en parlant d’homosexualité, ou qui vous dit sans même cligner de l’oeil: « oui, mais toi tu es une femme, c’est différent » pour expliquer en quoi ça n’est pas dégoûtant que moi j’éprouve de l’attirance pour un homme (lui peut-être, d’ailleurs, en particulier) quand lui mourrait plutôt que de se laisser TOUCHER par un homme…

ce qui signifie qu’il se dissocie complètement de la part féminine de sa personnalité: s’il me pardonne aisément, en tant que femme, de faire des choses que lui ne ferait jamais au grand jamais, en tant qu’homme, ça veut dire qu’il n’envisage JAMAIS de se mettre à la place d’une femme. JAMAIS. ce qui est quand même le début de la misogynie…

on la prend à l’envers: je suis une femme pas bi, pourtant je comprends très bien quel plaisir un homme peut éprouver à tenir une femme dans ses bras. je suis capable d’accéder à mon masculin sacré intérieur pour comprendre la fascination qu’un homme peut éprouver devant un corps de femme.

je comprends aussi le plaisir pour une femme de tenir une autre femme dans ses bras. je comprends les seins, les fesses, la douceur de la peau, les parfums, les étoffes fines, les couleurs pastels, l’accès à un univers féminin autre que le sien, je comprends. j’ai pas envie, mais je comprends. je ne pousse pas des cris de dégoût quand une personne vient me dire, me supposer, me proposer un univers lesbien.

je ne suis pas d’accord pour la vivre dans mon corps, mais j’accueille la différence de l’autre. je respecte ses goûts, ses choix, ses expériences, son vécu, etc. ça s’appelle de l’ouverture d’esprit. je suis d’accord pour tester certaines choses, non pas par curiosité mais par sociabilité. dans les rencontres libertines ça arrive souvent de croiser des couples qui ne se séparent jamais. je ne sauterai pas au plafond si les mains féminines de la partenaire de mon amant s’attardent sur mon corps. si elle a envie de caresser mon corps, ça ne me choquera pas. mais ça ne m’excitera pas non plus. si je sens que que j’en ai assez, je repousserai ses mains et je lui dirai simplement que ça ne m’intéresse pas.

il n’y a aucune place pour la colère, le rejet et pis que tout, le dégoût. mince, être dégoûtée par un corps de femme ça signifie fatalement que le MIEN me dégoûte. or j’adore mon corps. il est magnifique.

donc si on revient à la proposition première, ça veut dire que l’homme homophobe est étroit d’esprit, misogyne, et chose qui a du mal à s’arranger avec le temps, qu’il ne s’aime pas lui-même. or une personne qui ne s’aime pas sera toujours incapable d’aimer qui que ce soit. donc tout ce que je vois là, ce sont des pertes de temps et d’énergie.

une personne prompte à se dissocier des autres par l’origine ethnique, l’origine sociale ou le genre n’a rien à faire dans mon lit.

  • il n’écoute rien de ce que j’écris si mes réponses ne lui conviennent pas (en gros c’est le mec à qui je dis ok pour la rencontre mais pas ce soir, et qui insiste lourdement ou continue d’envoyer des arguments pour le rencontrer ce soir, en version réelle c’est le mec qui m’interrompt en permanence quand je lui parle si bien que le dialogue finit par ressembler à un monologue…

alors, primo c’est une technique de vol d’énergie (que les vampires énergétiques affectionnent). secundo, comment envisager une relation dans ces conditions? dès le premier jour, cet homme vous dit qu’il ne vous écoutera jamais. tertio, ça veut aussi dire qu’il n’a aucun respect pour vous.

quand on respecte une personne, on l’écoute quand elle vous parle. si on considère qu’on sait mieux, que notre avis a plus de valeur et mérite mieux d’être discuté, alors on ne respecte pas l’autre. si c’est un homme, je soupçonne forcément de la misogynie, beaucoup d’hommes pratiquent au quotidien cet exercice misogyne primaire: c’est une femme, son avis ne compte pas, si ses idées sont bonnes je les prendrai à mon compte en niant le fait que c’est elle qui les a trouvées. je ne vais pas m’étendre là-dessus, tout ceci a été expérimenté et prouvé maintes fois dans les rencontres professionnelles en mixité.

si en prime il est plus jeune que moi, ça veut dire qu’il ne m’accorde même pas le respect du droit d’aînesse… et ça c’est une chose que je ne pardonne pas. étant moi-même très cultivée, il m’est devenu très difficile de trouver un sujet que je ne connaisse pas, auquel je ne me suis pas intéressée à un moment ou un autre dans ma vie. j’écoute pourtant toujours mes aînés, jusqu’à ce que je constate que je perds mon temps. j’accorde le droit d’aînesse. dans le doute, je l’accorde. 9 fois sur 10 à tort, mais je le fais quand même. au moins dans un premier temps et jusqu’à preuve de l’inutilité de la démarche.

  • tu lui demandes une photo, il t’envoie une photo de son corps sans la tête, ou mieux de sa bite, ou de son oeil (sa bouche ou autre), ou de lui tout entier mais si petite que vous ne le reconnaîtriez pas même s’il se plantait devant vous en vous disant que c’est lui.

ça m’amusait beaucoup quand j’avais 30 ans et que c’étaient les débuts d’internet. ou je sais pas, peut-être que je suis blasée. mais bon, j’ai de sérieuses excuses: d’abord internet est beaucoup moins drôle que dans les premières années de la décennie 2000. ensuite j’ai grandi. mon dieu, j’ai tellement grandi! et pour finir, l’expérience m’a appris que l’homme moyen n’utilise l’humour que dans 2 situations: la première pour cacher ses défauts et ou ses complexes. la seconde pour mentir en détournant l’attention de son interlocuteur par une « blague ». et dans tous les cas, cet humour est déplorable. je veux qu’on se soit bien entendus sur ce point: ça veut dire que ce n’est pas drôle. je ne ris pas. et pis que tout, j’ai même plutôt envie de lui dévisser la tête pour m’avoir fait perdre mon temps!

sachant que pour moi une rencontre ne peut être réussie que si on est sincère et qu’on accepte de se montrer vulnérable devant son (futur) partenaire, il est facile de comprendre que ces extraordinaires et si irrésistibles blagues me laissent de glace. le salaire obtenu est un séjour d’une durée indéterminée dans la dimension de l’oubli.

  • tu lui demandes une photo et il te répond « quel genre? », un endroit où se rencontrer: « qu’est-ce que tu préfères, toi? », en gros, il s’en réfère à vous à chaque fois.

quand j’étais plus jeune je prenais ça pour de la galanterie si on veut bien utiliser ce gros mot d’aujourd’hui. je trouvais ça plutôt flatteur. aujourd’hui ça me saoule! je vois d’ici le tableau de notre avenir: je serai obligée de prendre toutes les décisions. mais attendez, ça pourrait être pire! car la catégorie au-dessus existe! c’est le même mec à un détail près: il n’aime rien de ce que vous proposez. mais il reste incapable de proposer quoi que ce soit lui-même.

donc dans le premier cas on se retrouve en relation avec soi-même (il n’y a pas d’altérité puisque le partenaire ne propose ou n’oppose jamais rien), et dans le second cas, on se retrouve en relation avec soi-même avec en plus (petit cadeau) un (gros) boulet au pied. sans compter que d’expérience, les indécis ne finalisent jamais rien. ces rencontres avortent toujours avant le rendez-vous à l’hôtel.

  • tu serais intéressée par une relation SM? ou DS? ou encore; je cherche quelqu’un pour baiser à la new-yorkaise (j’ai demandé, ça veut dire tout habillés), ou n’importe quel délire qui ne figure pas sur mon annonce.

bon, inutile de faire un dessin ici. je remplis un profil, j’écris une annonce (généralement précise et claire), ce n’est pas pour qu’on me propose autre chose. en gros ça serait comme un DRH qui irait dans les entreprises voisines pour débaucher des employés sans lien avec le profil du boulot. ça arrive dans la vie active également, et généralement c’est pour des boulots atroces. les mecs qui en arrivent là c’est parce que personne n’en veut. et si personne n’en veut, y’a une bonne raison.

dans la même veine mais de façon plus subtile, il y a le mec qui vient pour répondre à votre annonce, mais qui ne correspond pas au profil que vous recherchez. soit dans ses caractéristiques (trop vieux, trop jeune, habite trop loin, etc.) soit dans ses attentes (il recherche une relation SM ou DS, ou alors il est fétichiste des pieds, et j’en passe).

il faut avoir un peu de souplesse dans ses attentes, c’est vrai. mais ces informations là il ne faut pas les éluder non plus. à un moment où un autre elles finiront par peser dans la relation. si vous êtes certain(e) que cette relation ne durera pas plus que 2 ou 3 rendez-vous, sans trop de discussions au milieu, ce poids ne sera pas trop lourd. mais n’avez-vous pas peur de faire rire dieu?

 

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