comment surmonter un deuil?

une pensée qui m’a traversée lors de mes dernières balades méditatives:
quand on est bloquée dans le passé, en réalité on permet à une facette de nous-même de prendre le contrôle. cette facette de nous c’est celle que nous nous sommes fabriquée pendant la période où nous bloquons. c’est comme un arbre qui chaque année se fait une nouvelle écorce.

tous les étés les érables changent d’écorce. vous ne le voyez peut-être pas, mais c’est en train d’arriver, là, en ce moment. ils perdent l’écorce d’il y a 2 ans, plus épaisse et plus foncée, ils gardent celle de l’an passé, un peu moins foncée et plus fine, et ils fabriquent l’écorce de cette année, verte ou jaune, au pire brun très clair, si fine que le tronc à l’air à vif. l’arbre a une apparence un peu tavelée. des « écailles » jonchent le sol à leur pied. regardez le sol en marchant et si vous passez près d’un érable, vous verrez de quoi je parle. levez les yeux et observez l’arbre, vous ferez les mêmes constatations.

l’âme humaine est identique. chaque nouvelle expérience nous fabrique un nouveau manteau sous lequel nous grandissons. notre tronc grossit, nous avons donc besoin de plus de place sous notre écorce. l’écorce s’écaille et tombe, certains morceaux restent, ils tomberont plus tard, d’autres non. quand on s’accroche à l’une de ces écailles, dans les faits on s’empêche de grandir. le tronc va continuer à grandir, mais il sera blessé là où l’écorce n’est pas tombée. ce sera une gêne permanente, raison pour laquelle ce n’est jamais bien agréable d’être bloquée dans le passé.

il y a deux choses qu’il faut bien comprendre ici: quand l’écorce est à sa place, que le temps pour lequel nous en avons besoin a été respecté, quand la taille du tronc et celle de l’écorce autour sont adaptés, nous sommes bien, nous vivons dans le moment présent, nous n’avons ni angoisse pour le futur ni regret pour le passé.

mais quand l’écorce reste plus longtemps que nécessaire ça veut dire que nous nous accrochons dans les faits à l’époque où cette écorce-là était à notre taille. c’est comme de vouloir à toutes forces rester dans ses chaussons de nouveau-né. nous aimions le sein de maman, n’avoir besoin de rien car tout était pris en charge, donc nous nous accrochons aux chaussons comme si tout venait de ces chaussons. même si les fils de laine nous emprisonnent les pieds, qu’ils empêchent la circulation de passer, que pour paraître normale nous mettons des chaussures par-dessus, nous nous forçons à garder ces chaussons nuit et jour.

ça ne peut pas être agréable, ni confortable. c’est irrationnel, idiot et vain. c’est pourtant ce que l’on fait quand on bloque sur un événement passé. nous permettons à une minuscule facette de nous-même (une écorce que nous avons portée pendant un temps très limité) de prendre le pas sur le reste de notre vie. nous lui permettons de vivre notre vie à sa manière, selon ses termes et ses conditions, sans se soucier de nous. en gros, on s’efface, on se meurt, pour laisser vivre une illusion. car le chausson n’est pas en vie.

appliquez cela à vos blocages, ça changera la vision que vous aviez de vous-même! votre histoire d’amour terminée trop tôt d’après vous et dont vous n’arrivez pas à faire le deuil? un être cher qui a disparu? votre ancien travail perdu? votre ancienne santé perdue? votre jeunesse? votre beauté? ces deuils qui ne passent pas?

ce sont des chaussons. ils étaient adaptés à vous, très agréables à porter à une époque où vous étiez autre. mais vous avez changé, vous avez grandi, votre tronc est devenu trop gros pour ce chausson-là. il y a déjà une écorce de prête pour vous, pour remplacer ce chausson. une écorce à votre taille, confortable et agréable. ce sont de nouvelles expériences, des aventures, des émotions, des rencontres, des possibles qui ne se feront que si vous acceptez enfin de laisser partir l’ancienne écorce. tant que vous ne le faites pas, vous ne vivez plus. vous êtes entre parenthèses. la vie se déroule sans vous, et le chausson pour lequel vous abandonnez tout ne la vivra pas non plus.

j’ai réalisé que parfois il faut s’adresser à cet ancien moi de cette manière: « tu as eu ton temps et ton heure, mais c’est fini maintenant. ce temps est passé, tu n’as rien à faire ici et maintenant. aujourd’hui c’est l’heure d’une nouvelle aventure, l’heure d’un autre moi, l’heure de découvrir de quoi d’autre je suis capable dans cette vie. »

ça ne veut pas dire que vous abandonnez cette facette de vous dans le passé. même si l’écorce tombe, son énergie vous accompagnera toute votre vie car c’est grâce à ces éclats d’écorces perdus que notre tronc s’est forgé et a grossi. alors on peut partir sans regret et sans peur de se trahir ou de trahir les rencontres de notre passé.

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