la liberté et l’alcool

pour commencer mes excuses à ceux d’entre vous qui ont une dépendance à l’alcool. ce n’est peut-être pas un bon article à lire dans ce cas, mais vous êtes seul(e)s juges. donc:

mon meilleur ami a attiré mon attention sur une chose étrange la dernière fois que nous nous sommes vus: le rapport que les anglo-saxons ont avec l’alcool. que ce soit en angleterre ou aux états-unis, l’alcool a mauvaise presse. les lieux où on en vend ferment tôt, certaines périodes on ne peut pas en acheter, vous ne pouvez pas entrer dans le pays avec de l’alcool, c’est considéré comme une drogue forte, vous ne pouvez pas trouver n’importe quel alcool dans les commerces, etc.

mettons-nous bien d’accord: je ne bois pas, ou presque. le vin, le cidre, ou n’importe quel alcool en accompagnement du repas? c’est non. l’apéro? seulement le soir, et seulement si je suis au restaurant ou chez des amis. quand je reçois chez moi il m’arrive de ne pas boire. je ne pourrais pas l’expliquer… je me sens obligée de l’accepter quand je suis dehors, en fait. c’est un lien social, quelque chose qu’on est censé partager entre français. mon péché mignon? les champagnes de bonne qualité ou les vins moelleux. je peux boire ces alcools là par plaisir. j’ai des périodes avec et des périodes sans: les périodes avec c’est un verre par mois (oui, vous m’avez bien lue), et les périodes sans c’est rien du tout pendant… pour donner une idée, les 3 dernières années j’ai dû boire 3 ou 4 verres.

chez moi j’ai quelques bouteilles de vin et d’alcool fort. il y en a de toutes les qualités, très basses à haute. je n’ai rien de très haute qualité. entendons-nous bien: quand je dis très haute qualité ce sont les bouteilles que l’on ne trouve pas à carrefour. même parmi leurs plus chères. quand je dis haute qualité, ce sont les plus chère à carrefour (en fait, chez moi, il s’agit surtout d’alcools étrangers, genre saké ou mei kui lu). une bouteille d’alcool fort a une durée de vie de plusieurs année à la maison. je les sors quand j’ai du monde, sinon personne ne les boit.

tout ça pour dire qu’à priori je n’ai aucun problème avec l’alcool. je m’en fous en fait. les trucs d’usage que je fais sans y penser c’est parfumer la pâte à crêpe avec du rhum ou encore du rhum dans mes grogs en hiver quand je suis malade. l’alcool est utilitaire. il m’arrive aussi de me désinfecter les plaies et égratignures quand je n’arrive pas à mettre la main sur mon désinfectant de pharmacie. j’adore ma bouteille de rhum à 50°!

je n’aurais pas ce rapport avec l’alcool si je devais l’acheter comme une revue porno dans un emballage opaque, dans une boutique à part : les alcools sont vendus en dehors des étals des commerces, soit complètement à part, il faut sortir de la boutique et re-rentrer par une autre porte, soit dans la cave ou un endroit isolé de la boutique.

je n’aurais pas ce rapport avec l’alcool si aucun endroit n’était autorisé à en vendre après 22h. vous imaginez un peu? pour les tardifs comme moi qui aiment aller au resto à 22h? vous n’avez plus le choix, plus d’apéro, plus de saké avec les sushis, plus de vin à table, c’est fini!

je n’aurais pas ce rapport avec l’alcool si on m’avait interdit d’en boire jusqu’à mes 21ans… sérieusement?!!! j’ai bu de l’alcool très tôt, genre dans les 5 ans. mon père me laissait ses fonds de verre de bière (dieu j’adorais ça, moi qui ne peux plus voir la bière en peinture!). ma mère nous laissait tremper nos lèvres dans les verres d’apéro qu’elle se faisait le soir. par rapport à moi et à mon mari, mes parents buvaient plutôt beaucoup – de mon point de vue. il ne se passait pas une semaine sans qu’ils boivent de l’alcool, ce qui est impensable chez moi. et donc, j’ai bu quelques fois étant gamine, dont une fois une pleine gorgée qui m’a mise K.O. et au lit dans la foulée. personne ne m’a jamais présenté l’alcool comme une chose interdite.

j’ai ce souvenir particulier avec mon père: une aprem chaude comme on n’en vit qu’en afrique je me suis servi un verre d’eau d’une bouteille prise au frigo. après une lampée – recrachée de suite – j’ai réalisé que c’était du gin. on recyclait les bouteilles l’alcool pour rafraîchir l’eau potable au frigo, donc je m’étais servie sans penser à mal. un verre plein. un verre de limonade, les hauts verres très allongés. un quart de la bouteille y était passée! et j’avais trempé mes lèvres dedans!
j’ai jeté le reste à l’évier et remis la bouteille au frigo. en fin d’après-midi mon père s’inquiète en voyant le niveau dans la bouteille. il me demande comme aux autres membres de la famille si c’est moi qui ai bu le gin. je me suis sentie mal, je lui ai expliqué. il a poussé un soupir de soulagement et il a dit « c’est bon, c’est rien, c’est fini. t’as bien fait. » j’ai compris qu’il n’en avait rien à foutre du gin. il avait eu peur pour moi.

après coup je me dis, si c’était difficile de se procurer de l’alcool, aurait-il réagi de façon aussi coulante…?

maintenant comprenez bien ceci: en angleterre et aux états-unis c’est difficile de se procurer de l’alcool.

en sachant tout cela, je comprends l’épidémie d’alcoolémie. en diabolisant une chose, on la rend attractive. je comprends pourquoi les gens deviennent fous avec l’alcool. je comprends pourquoi ils en font tout un plat si tu aimes l’alcool. c’est juste de la folie de tellement sur-contrôler les gens qu’on ne les laisse pas faire les choix de leur vie. je ne suis pas alcoolique, je ne bois pas, et pourtant j’ai été au contact de l’alcool depuis toujours. j’ai compris très tôt que je n’aimais pas cela. bien avant la fac! je n’ai jamais bu au point de me torcher la gueule. jamais. c’est pas mon truc. je vis entourée de bouteilles de toutes sortes que je n’ouvre jamais. j’ai vécu libre, au contact de l’alcool, depuis toute petite, et je me suis fait MON IDÉE sur la question. mon idée, pas celle de l’état, de la sécurité sociale, de la société. et mon idée c’est que l’alcool, c’est pas bon.

le lien avec tout ce charabia? c’est la liberté. tout le monde vous dira que la liberté n’a rien de bon, qu’à trop permettre, on gâte ses enfants. c’est faux. il y a une différence entre permettre et ne pas cadrer. on peut tout permettre, tant que les enfants ont un cadre sûr sur lequel se reposer. que la sécurité et le transfert du savoir sont assurés. on m’a expliqué, mais on m’a permis de boire sans excès (tremper les lèvres) chaque fois que j’en avais envie. et je ne suis pas gâtée. nos sociétés nous enlèvent toutes nos libertés sous prétexte de nous garder en santé ou en sécurité. et nous n’avons jamais été aussi malades et aussi peu en sécurité.

maintenant imaginez-vous que ces pays anglo-saxons qui se disent à la pointe de la liberté des peuples sont les endroits dans le monde où il est aussi compliqué de se procurer de l’alcool qu’en territoire musulman (je le sais, c’était pareil au maroc). et ils se disent les fers de lance de la liberté dans le monde. je ne pourrais jamais vivre dans un de ces pays. jamais. j’ai besoin d’alcool. même si c’est pour le garder sans le boire dans un placard. j’ai besoin de ma liberté de boire, et de ne pas boire, à chaque instant.

je n’aurais jamais cru qu’on pouvait juger un peuple par son rapport à l’alcool…

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