quand tu te divises…

moi: es-tu conscient des conséquences que cela implique dans une relation de préférer coucher avec une femme plus âgée?
lui: mais je ne vois pas cela dans une optique de couple.
moi: tu te divises, donc… rien de bon ne sort jamais d’une division. tout ceci ne me donne pas envie de te rencontrer.
lui: J’ai envie d’avoir des relations charnelles où je pourrais me lâcher totalement avec une femme et assouvir mes désirs inavoués. Et souvent les filles de mon âge sont un peu prudes à mes yeux. Je ne sais pas comment te l’expliquer autrement et je ne vois pas pourquoi cela te repousse.

comme rien ne vaut un bon exemple pour illustrer des propos, voici l’exemple d’un de mes amis, certes un peu caricatural, mais c’est nécessaire je pense pour bien comprendre de quoi il retourne:

mon ami, appelons-le roger, est bissexuel. tout au long de sa vie il s’est mis en couple aussi bien avec des femmes que des hommes. un jour il tombe amoureux d’un homme, appelons-le pascal, avec lequel il partage un stage professionnel. après une longue période de « je t’aime, moi non plus », finalement ils couchent ensemble.

roger a toujours été clair dans sa tête (ça vaut mieux quand on est bissexuel), mais ce n’était pas le cas de pascal. c’est pour cela qu’il avait mis longtemps à se laisser approcher, et à approcher roger. ce n’est que la perspective de la fin du stage qui avait emporté sa décision. roger le savait, il l’avait compris. mais il craquait tellement pour pascal qu’il s’est dit que la discussion pouvait attendre et qu’il finirait par le convaincre de la stupidité de son comportement.

c’est que la connerie du monsieur était profonde. il se rêvait hétérosexuel, marié à une femme et ayant plein d’enfants. mais il était homo. même pas bi, complètement homo. il n’avait jamais eu que des partenaires féminines auxquelles il avait – bien entendu – menti sur sa sexualité. mais sa rencontre avec roger avait bouleversé ses plans: il était tombé amoureux.

leur relation a duré 2 mois. intense, profonde, tendue. ils s’entendaient très bien et s’aimaient tous les deux avec la même intensité. mais pascal ne voulait pas renoncer à ses projets. il cachait l’existence de roger à tout le monde et cachait leur relation. un jour donc, ils ont eu la fameuse discussion que roger croyait pouvoir emporter sans difficulté: envisager un avenir ensemble, un avenir où aucun des deux partenaires ne pourrait donner d’enfant à l’autre. et ce jour là pascal a rompu.

ça a été un carnage. à l’intérieur. ça leur a brisé le cœur à tous les deux. pascal n’a jamais plus accepté de revoir roger et roger a mis des années à s’en remettre. des années… c’était son âme sœur, son partenaire de vie, et il était persuadé que plus jamais il n’aimerait comme ça à nouveau. même aujourd’hui quand le travail les amène à travailler au même endroit, pascal s’arrange pour ne pas croiser roger. ça fait plus de 20 ans aujourd’hui… c’est bien la preuve que pascal non plus n’a pas oublié roger.

vous croyez que cet exemple est atypique? non, il ne l’est pas. des gens aussi cons que pascal il y en a partout.

prenez les mecs qui aiment les femmes rondes, le principe est exactement le même: dans le fond ils ne peuvent réellement bander qu’avec une femme ronde dans leur lit, dans les faits ils baisent en privé avec des femmes rondes et sortent au grand jour avec des femmes minces. comme pascal. leur sexualité leur dicte une règle, mais ils se plient au regard des autres et choisissent une autre sexualité. ils se divisent.

quand cela arrive, la sexualité première devient blessante car on considérera que nous nous salissons et nous nous abaissons à chaque fois que nous sommes dans les bras de celui ou celle qui nous plaît réellement. nous nous servons de l’autre pour nous blesser nous-même en nous persuadant qu’il/elle ne mérite pas nos bras et que nous nous abaissons à coucher avec lui/elle. et peut-être que nous blessons aussi l’autre au passage! qui a envie de voir que son partenaire est dégoûté d’être avec lui/elle? et nous aurons honte de nous. nous aurons honte d’être pédé, honte d’aimer les grosses, et quand on déteste une partie de soi-même, on se divise.

imaginons que nous nous masturbons quotidiennement devant un porno. notre sexualité nous dicte certaines pratiques, et dans les faits nous allons sortir avec une fille/un homme avec lesquels nous n’aurons jamais ces pratiques.
c’est encore plus pernicieux: le porno est un engrenage qui s’aggrave. plus nous regardons de porno, plus nous habituons notre sexualité à un niveau de violence et d’irrespect qui sera impossible à recréer en réel. plus nous nous éloignons de la possibilité d’une relation réelle. et pour nous plier aux exigences des partenaires possibles nous nous divisons…

c’est la même chose avec la masturbation simple. les sensations physiques de la masturbation ne sont pas du tout les mêmes que les sensations physiques d’une pénétration naturelle. la stimulation masturbatoire est souvent plus forte, dure, ciblée. c’est plus facile d’arriver à la jouissance car en prime on n’a pas à se préoccuper de ce que fait, pense, ressent un partenaire. le corps s’habitue à cette facilité, il demande généralement des caresses de plus en plus ciblées et fortes, des caresses faciles à reproduire avec une main ou un jouet sexuel. mais le jour où nous refaisons l’amour pour la première fois nous réalisons que nous ne sentons pas notre partenaire. nous voulons tous avoir une relation charnelle avec un partenaire de chair et de sang, mais dans la réalité nous finissons par échouer à nous éclater avec quiconque que seul(e) avec notre main. comme la société condamne la masturbation, nous avons honte de nous, nous nous divisons…

et c’est pareil avec les vieilles (allez, je vais dire cougar, puisque c’est le mot qui fait plaisir même si la réalité est que l’une est vieille et l’autre moins). ce jeune homme envisage la baise avec sérénité parce qu’il s’est divisé: la partie de lui qui a besoin de stabilité, d’une relation, d’être aimé, d’envisager l’avenir, cette partie là il n’autorisera jamais sa maîtresse à s’en approcher. par contre, sa sexualité, ses côtés sombres, tout ce qu’il va cacher à sa future femme, ok, il veut bien le partager.

voyons les choses du point de vue de la vieille (la cougar, je veux dire, en d’autres termes, moi):
qu’est-ce qui peut bien vous faire croire que je suis assez désespérée pour accepter ce que vous ne montreriez jamais à une de vos relation? tout le monde a des côtés sombres, c’est pas le problème. mais ceci est généralement contrebalancé avec les côtés positifs. c’est un équilibre. on accepte généralement le négatif d’une personne parce qu’on aime son positif. qu’est-ce qui vous fait croire qu’une cougar est une femme assez désespérée pour prendre vos poubelles sans compensation? au nom de quoi le ferais-je?

l’amour? non, c’est bien clair entre nous deux qu’il n’est pas question de relation entre nous.
le sexe? non plus. ce que vous voulez partager c’est justement cette partie de votre sexualité dont vous avez honte et que vous n’osez jamais partager avec vos partenaires « sérieux ». vous mettez le pire sur la table. se lâcher au lit, devenir bestial, qui vous dit que ça me plairait? qui vous dit que moi aussi je ne suis pas fan de sexualité sage et douce? en quoi l’âge à quelque chose à faire ici?

le sexe est un échange. chaque partenaire doit trouver ce qui lui convient dans la relation. vous voulez vous éclater au lit, il faut considérer que vous devez être capable de satisfaire votre partenaire également. comprenez aussi que si votre cahier des charges est long comme le bras, personne ne voudra conclure avec vous. coucher avec un mec en partageant uniquement le pire, à moins d’être maso, je vois pas l’intérêt.

donc, pour revenir à nos moutons:

quand je rencontre une personne je suis entière, je viens toute entière. avec mes bons et mes mauvais côtés. je ne mets pas de limite à ce qui peut arriver, je ne me divise pas. je ne viens pas « que pour le sexe ». si la personne me plaît et que j’ai envie de partager d’autres choses avec elle, on partagera ces autres choses. si elle me plaît moins mais que je me sens attirée, qu’une relation de sex-friend se met en place naturellement, ce sera très bien aussi.

mais je ne peux pas savoir à priori comment les choses se passeront. je ne peux pas forcer mon partenaire ou décider à l’avance de ce qui sera partagé ou pas avec telle ou telle personne. ce n’est plus du libertinage, c’est de l’abus. il m’est même arrivé de discuter après coup avec un mec qui ne m’avait pas plu au lit, pour découvrir que lui non plus n’avait pas aimé ce qu’il avait pourtant proposé, mais qu’il l’avait fait parce qu’il pensait que c’est comme ça qu’on baise dans le libertinage…!!!

arrêtez de vous diviser. arrêtez de vous faire des films! soyez autonome, grandissez, mûrissez! vous perdez tout le sel de la rencontre en l’enfermant sans raison dans une cage! je ne me divise pas. je reste spontanée, cohérente, je respecte ma propre personne, je suis à l’écoute de mes propres besoins, pas à pas, au fur et à mesure que se déroule la rencontre. et je me respecte aussi en ne permettant pas aux autres de se servir de moi pour nourrir leurs facettes sombres.

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Une réflexion sur “quand tu te divises…

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