chansons et prières: notre père

il y a quelques jours alors que j’étais bien malade, j’ai eu une idée farfelue (mais ne le sont-elles pas toutes?): regarder le « notre père » (LA prière chrétienne) par les yeux du tantra. pourquoi?

au tout début de ma découverte du bouddhisme, bien avant que je ne découvre l’existence du tantra, j’avais lu un conseil (du dalaï lama je crois) qui disait que le bouddhisme n’était pas incompatible avec une quelconque religion et qu’il encourageait tout au contraire les pratiquants à progresser dans leur religion en même temps que dans la méditation.

d’après lui tout travail spirituel était bon à prendre et il ne fallait surtout pas détruire pour reconstruire. au contraire, les deux édifices étaient censés grandir à la manière d’un bâtiment qu’on érige vers le ciel en s’aidant d’un échafaudage. l’un grandit uniquement si l’autre le suit. il partait du principe que dans les grands moments de stress, rien ne pouvait remplacer le réconfort d’une prière apprise pendant l’enfance.

j’avais trouvé le conseil fort juste déjà à l’époque. ce jour là donc, j’étais mal en point et très énervée à cause de mes soucis de santé (j’ai une digestion aléatoire qui s’additionne en ce moment avec des problèmes d’anémie – à mon avis, ma conscience est encore en train de s’accommoder de notre monde tel qu’il est: alors que chaque jour ma conscience grandit, chaque jour elle réalise à quel point le monde peut être horrible… il est beau aussi, mais vraiment quand il est moche, il est moche! et je pense que cette réalité est parfois très difficile à digérer pour moi).

donc en ce moment ma forme est cyclique, j’ai des jours avec et des jours sans, et être dépendante de cela pour tous mes projets est parfois très fatiguant. j’avais envie de faire tant de choses et je n’ai pas PU sortir de la maison, toute la journée je n’ai pas pu faire autre chose que m’allonger ou m’asseoir. la nuit venue tout d’un coup il m’a semblé difficile de regarder plus loin que ce mur que la maladie érigeait devant moi. je me suis sentie très déprimée. vraiment. je me suis sentie en difficulté.

j’ai réfléchi à ce que je pouvais faire pour m’aider à tenir le coup jusqu’au lendemain matin, car je savais que je serais d’humeur plus stable au grand jour. ceci est nouveau, j’ai mis des années à apprendre à me soigner le corps et l’âme dès que quelque chose ne va pas. pendant longtemps je serrais les fesses et j’attendais que ça passe. maintenant j’ai appris à ME gérer. je m’auto-congratule aussi, c’est un apprentissage important car il participe à garder envers soi-même un regard compatissant et bienveillant. donc, dans cette obscurité, je me suis demandé ce qui pourrait bien m’apporter de la lumière.

mon impulsion première a été de réciter le notre père. je l’ai fait, quatre ou cinq fois, avant d’arrêter car certains mots piquaient ma conscience en permanence. c’est bien la preuve que je n’avais pas prié depuis longtemps! connaissez-vous le notre père? pour ceux qui ne l’ont jamais lu ou appris, le voici:

« Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien ; pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ; ne nous soumet pas à la tentation, mais délivre-nous du mal. Amen. »

il y a-t-il quelque chose qui vous pique les yeux ou la conscience? si oui, ça serait intéressant que vous le notiez avant de continuer et que vous me le partagiez en commentaire car vraiment parfois quand je lis ou vois certaines choses, je me demande si je suis bien issue de « nous » (notre société, notre culture, notre mode de vie, nos conceptions de la vie et des choses, etc.) quoi qu’il en soit,

voici ce qui a piqué ma conscience:

Notre Père qui es aux cieux !
le dieu auquel je crois est partout, alors pourquoi celui-ci serait seulement aux cieux?
le dieu auquel je crois n’a pas de sexe, pourquoi celui-ci serait un père? pourquoi je ne prierais pas notre mère?

Que ton nom soit sanctifié; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
ce qui me dérange sans piquer vraiment, ce sont ces deux mots « terre » et « ciel ». sachant qu’il existe au moins 9 niveaux de conscience, j’ai trouvé ça tout d’un coup un peu fort de résumer cela à « terre » et « ciel ».

Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien ;
vous avez pu constater à quel point le pranisme m’avait travaillée. pour moi, ce pain qu’on demande à dieu ne peut pas être un pain matériel. c’est un pain spirituel, c’est du prana. car dieu peut nous envoyer du prana partout et en toutes circonstances! la prière me semble prendre un tout autre sens si je pense que le pain c’est du prana.

Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ;
là, j’ai connecté avec la méthode opono pono. c’est tellement plus parlant si on connecte cette idée avec la méthode opono pono! en vouloir aux autres c’est s’en vouloir à soi-même et s’en vouloir à soi-même c’est briser son élan spirituel. c’est tellement plus clair si on le comprend comme ça!

Ne nous soumet pas à la tentation, mais délivre-nous du mal.
là, ça pique la conscience. vraiment!

pourquoi je refuserais d’être tentée? être tentée c’est éprouver ses convictions dans sa vie pratique. essayer, se tromper, aller à l’encontre des traditions et des usages, des dogmes, pour trouver ce qu’il y a de mieux pour soi. la tentation c’est cette voix qui te dit « fais-le » alors que tout te dit que ce sera une bêtise.

toutes les impulsions ne sont-elles pas ainsi? la moitié du temps quand après une très brève réflexion on s’autorise à écouter cette voix et à agir comme elle nous le dit, on n’agit pas mal, on se montre spontané(e). or la spontanéité est une notion primordiale dans le tantra. s’écouter, agir en conformité avec sa pensée, sa conscience…

je suis sûre que mon interprétation de cette phrase doit être mauvaise, car si la tentation est telle que je vous la décris, je ne comprends pas pourquoi elle est dénigrée. car dénigrer cela ne peut pas avoir de bonnes conséquences.

ensuite on en arrive au mal. le tantra est non-dual. il n’y a ni bien, ni mal. de plus, quand on vit une expérience même très négative, le tantra enseigne comment devenir résilient(e): utiliser les épreuves pour progresser et grandir. souvent, les pires épreuves vous apporteront les meilleures leçons de votre vie! alors comment peut-on classer une chose dans ‘le mal’?

pour >la suite< je vous dirai comment j’ai décidé de prier finalement.
en attendant, posez-vous de graves questions vous aussi et prenez soin de vous!

 

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4 réflexions sur “chansons et prières: notre père

  1. L’arbre de la tentation n’était-il pas l’arbre de la connaissance? La tentation serait alors le désir de la connaissance.
    Mais le terme connaître a egalement le sens biblique de commettre l’acte sexuel.
    Compliqué …

    • ah c’est intéressant… d’un point de vue général.
      du point de vue du tantra, ni la connaissance ni le sexe ne sont des dangers. donc on revient au point de départ…
      merci de ton commentaire. /\

  2. Je découvre ton blog. Intéressant article qui me parle. (j’enseigne le yoga, je pratique quelques prières chrétiennes).

    « Notre Père qui es aux cieux ! »
    Les cieux évoquent le haut, quand on pratique prière ou méditation il est fort avisé de s’orienter vers la haut, faire monter nos énergies pour que leurs vibrations se joignent à celle divines, beaucoup de techniques de yoga servent à cela (les bandhas par exemple). Ca ne veut pas dire que dieu n’est pas partout.

    Pour la religion chrétienne dieu est un principe masculin (conscience). Les prières vont vers lui.
    Dans la religion indienne par exemple, dieu est aussi généralement un principe masculin (soi, purusha, shiva, etc) mais il y a aussi les déesses qui elles représentent la manifestation (tout ce qui existe, ça n’est pas dieu, dieu est le voyant, celui qui regarde ce qui existe).

    Ne nous soumet pas à la tentation, mais délivre-nous du mal.
    Il faut voir le mal comme quelque-chose qui empêche d’atteindre la lumière de dieu.
    Pour atteindre dieu il faut beaucoup d’énergie et que nos énergies soient équilibrés. Si on laisse la nature nous commander au grès de nos pulsions et bien on a très peu d’énergie. (si je mange trop je suis apathique, si je baise trop je suis apathique, si mes pensées sont agitées je suis agité). Pour monter il faut calme et puissance.

    En espérant que mon commentaire était intéressant et compréhensible.

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