toutes des putes…! sauf ma mère.

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bizarre cette volonté affichée plus ou moins ouvertement par le sexe dit « fort » de briser la sororité entre femmes.
bien des concepts de société sont basés sur cette volonté.

  • le débat éculé de la séparation affirmée entre les putes et les saintes. comme si une femme ne pouvait pas être les deux et comme si les putes devaient se fâcher contre les saintes et inversement… genre quand t’es une fille « bien » ta mission c’est d’être méchante avec les filles « pas bien »? genre c’est logique… je veux dire le vrai test de la bonté du cœur est justement d’être capable d’amabilité envers tous et toutes. tu ne peux pas être une fille bien et être méchante. ou alors être une fille « bien » est très différent d’être une fille bien.
  • la chasse aux sorcières qui a eu lieu dans pratiquement tous les pays à culture patriarcale. tous les rassemblements de femmes sont perçus comme des menaces et forcément motivés par quelque chose de foncièrement mauvais: complots, démons et autres joyeusetés.
  • la joie qu’éprouvent les mâles moyen (très moyens) à regarder des femmes se battre entre elles: voir le succès des combats de boue. ne faites pas l’amalgame avec un combat quel qu’il soit, que ce soit de la boxe, du catch ou autre. ces combats ont des hommes pour public mais mettent en scène d’autres hommes et sont censés gratifier le plus fort. on admire celui qui gagne. dans un combat de boue ce sont toujours des hommes qui regardent se battre des femmes et le but n’est pas de gratifier la plus forte. le but est de simplement voir deux femmes se battre. on s’en fout de la gagnante, ces combats existent depuis toujours et je n’ai jamais entendu parler de la ceinture d’or de la gagnante. c’est bien la preuve que le plaisir vient uniquement d’avoir réussi à briser la sororité.
  • le mythe qui veut que deux personnes de sexe féminin ne peuvent pas être amies. cette amitié forte qui ne laisse rien s’interposer. non, ça, c’est un truc de mecs, les filles ne peuvent pas savoir ce que c’est.

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vous trouverez sûrement d’autres exemples si ça vous fait plaisir. le but de ma réflexion d’aujourd’hui n’est pas celui-là.
le truc c’est que la sororité entre femmes ne peut pas être brisée. ce que l’on fait à une femme quelque part dans le monde se répercute forcément sur toute sa famille. énergétiquement parlant cette douleur est partagée. l’impact se propage comme les ondes de la chute d’une pierre sur la surface d’un lac. il arrivera fatalement un moment où toutes les molécules d’eau du lac auront été déplacées par cet impact, aussi grand que soit ce lac, la vague touchera toutes ses rives.

et je ne pense pas que les hommes soient ignorants de ce fait. quand un homme se comporte mal avec une femme il n’hésite jamais à s’en vanter tel quel auprès d’autres hommes. mais s’il doit raconter la même histoire à une femme il cherchera toujours un moyen de faire porter le chapeau à sa victime: ok, je me suis mal conduis avec elle, mais (elle l’a bien cherché, elle m’a mal parlé, elle a forcément fait quelque chose qui a justifié que je me suis comporté comme un connard). en gros c’est de sa faute, c’est pas du tout parce que je suis un connard. et plus la femme à laquelle il parle est importante pour lui (sa mère, sa sœur, sa fille) plus il trouvera des excuses énormes pour justifier son comportement.

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c’est bien la preuve que dans l’inconscient masculin la sororité est une menace bien plus importante que les femmes n’en ont conscience.

gardez ça en mémoire et réfléchissez à cette phrase que tous les hommes ont prononcé au moins une fois dans leur vie:
« toutes des putes (salopes ou ce que vous voulez) sauf ma mère… »

prenez soin de vous!

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4 réflexions sur “toutes des putes…! sauf ma mère.

  1. Merci pour cet article si vrai… Je vais y ajouter ma pierre :

    Je remarque que les femmes sont divisées entre elles à la même mesure qu’elles sont divisées en elles-mêmes : on a créé dans leur psyché l’image de la femme vierge (pure), la putain (qui demande elle-même du plaisir), la mère, l’épouse (qui donne du plaisir)… Il nous a rarement été enseigné au cours des siècles qu’on pouvait simplement être UNE. Être une femme entière, dans toutes ses dimensions, et en jouir pleinement. Cette profonde division en nous nous fragilise terriblement, car par toutes ces petites fissures qu’on recolle tant bien que mal s’écoule continuellement notre énergie, notre plein pouvoir. Encore aujourd’hui on est en reconstruction. Il suffit d’ouvrir une page de site pornographique pour constater comme le mythe de la salope, de la trainée, de celle qui devrait avoir honte de son plaisir, fait encore l’apanage. C’est un reflet, un miroir de la psyché collective. Passons.

    Pour rajouter sur cette notion de perte de sororité dont souffrent les femmes… Il y a aussi il me semble, depuis la nuit des temps, depuis que l’homme est le dominant du foyer et de la société, ce problème qui s’est posé : une femme, si elle souhaitait une bonne situation, devait faire un bon mariage. En fait, toute sa vie, son destin en somme, reposait sur l’homme qu’elle marierait. De là est née cette méfiance entre femmes, cette compétition. C’est toujours à celle qui sera la plus séduisante, celle qui sera la plus belle, la plus remarquée, quitte à faire des coups bas aux autres, pour arriver à ses fins… C’est une véritable lutte pour la survie. D’où une première division des femmes.

    Comme elles ne tiennent pas les rennes de leurs vies, et qu’elles savent bien que toutes ne pourront pas tirer le bon numéro, elles deviennent toutes potentiellement des ennemies les unes pour les autres… Même quand elles ont marié le bon, qu’elles ont une bonne situation, elles sont encore dans la peur de le perdre, qu’il parte pour une plus jeune, et de perdre leur sécurité matérielle. Donc la méfiance envers les autre femmes perdure même après le mariage, surtout envers les plus jeunes… Alors que dans les sociétés anciennes où la femme était chamane – donc avait une place de pouvoir dans la société – les anciennes transmettaient leurs savoirs et leurs sagesses (concernant le féminin entre autre) aux plus jeunes ! Quel renversement de situation, quand une fois mariée après 3 enfants on voit les jeunes femmes comme des ennemies potentielles, que peut-on leur transmettre sur notre vécu de femmes ? Rien car on jalouse leur jeunesse, Le regard de l’homme. On a été construite pour ne vivre qu’à travers ce regard. Quelle malédiction que de ne plus se voir soi-même, se sentir soi-même, ressentir du plaisir pour soi-même… (On dit que sexuellement, les femmes tournent leur énergie vers la réalisation du plaisir de l’homme… (Il aime quand je fais ci ou ça, quand je gémis à tel moment, etc etc…) Elles travaillent, en somme, plutôt qu’elles ne s’abandonnent à leur propre plaisir. C’est pourquoi elles le trouvent moins facilement… Elles ne s’y consacrent pas ! Encore une fois elles ont été élevées pour servir au plaisir de l’autre, et pour se détourner de l’accès à leur propre plaisir.)

    Ce regard de l’homme dont semble dépendre la vie des femmes alimente aussi cette haine des femmes envers les femmes dites « de mauvaise vie » (elle va me détourner mon homme)… Cela est du principalement au fait que les hommes ont toujours eu toute liberté sexuelle d’aller voir ailleurs et celles qui doivent en souffrir en silence derrière, ce sont les femmes. La femme trompée et la société en général va en vouloir à la « trainée » qui a séduit l’homme. L’homme lui-même sera très peu mis en cause. C’est son élan naturel.

    Il est incroyable de constater comme les hommes ont su créer un monde à l’image de leurs avantages propres, de leurs plaisirs, de leur sécurité… Les choses changent, mais doucement encore.

    Femmes, retrouvons-nous, retrouvons notre sororité, intégrons des cercles de femmes, des tentes rouges, créons-les, retrouvons notre pouvoir, pour l’exercer non pas sur l’autre mais avec l’autre, et surtout, pour nous-même !

    Par le féminisme, la plupart des hommes semblent craindre que les femmes inversent la vapeur et leur impose leur pouvoir retrouvé… Ils ne réalisent pas que tout ce que fait le féminisme en ce moment, c’est guérir les femmes et leur rendre simplement leur corps, leur confiance et leur être, rien de plus… Les femmes manquent tant de confiance en elles… Et pourtant nous sommes des déesses, nous donnons la vie, notre corps, notre cycle, sont reliés à celui des astres, c’est pas pour rien que dans les temps anciens les chamanes étaient des femmes. Elles sont le lien entre la vie et la mort, entre le ciel et la terre, entre l’immatériel et la matière. Leur sagesse ancienne a besoin d’être retrouvée, revalorisée, réentendue. A commencer par le respect de leur cycle intérieur, qui a l’image des saisons, de la vie de la mort, est cyclique. On vit dans une société linéaire à l’image des hommes… Comment s’y intégrer si notre propre calendrier intérieur n’est pas pris en compte ? Travailler quand on perd du sang et que cela demande au contraire de se ressourcer ? Se ressourcer pour pouvoir donner encore et encore, la vie, de l’énergie, de l’amour ? Oui, on en a besoin… Il faut pas s’étonner qu’autant de femmes fasse des Babyblues, maman blues, etc etc… (les hormones ? mon cul ! ) Elles donnent tellement… Et lors de leurs règles elles doivent encore donner, alors que quelque-chose est en train de mourir en elles… A un moment-donné, il faut savoir dire STOP ! Et savoir qu’on y a droit !

    Les femmes sont à l’image de la Terre actuellement : elles ont besoin de souffler. D’être entendues, écoutées, respectées, caressées avec tendresse et reconnaissance pour tout ce qu’elles donnent ! Pour le lait avec lequel elles nourrissent les enfants de la société, pour leur chair qu’elles divisent pour donner la vie, pour leurs sexes qu’elles ont tant donné en amour aux hommes parfois jusqu’à s’en épuiser. La terre a été labourée, vidée de sa vie, de sa substance, par des monocultures, des élevages intensifs, trop de déséquilibres… Elle fatigue mais elle est forte, comme nous les femmes, nous avons une force en nous qui ne demande qu’à s’exprimer.

    Car quand une femme est forte pour elle-même, elle rayonne, et alors seulement elle peut donner, semer sa chaleur, son amour, sans s’épuiser elle-même !

    J’ai dévié du sujet mais je pense que c’est un tout. Homme ou femme, on est divisé quand on est pas bien, quand on se sent en perte de son propre pouvoir, quand on est divisé en soi-même, donc pour pouvoir se re-solidariser entre femmes il faut commencer par se retrouver et s’écouter soi-même, et retrouver la conscience qu’on en vaut la peine et qu’on y a droit ! On a le droit de s’écouter et de dire haut et fort ce dont on a besoin, ce qui est vrai pour nous, ce n’est que par là que les valeurs féminines trouveront une place à côté de celles des hommes sur lesquelles toute la société s’est construite, depuis le calendrier jusqu’au code du travail.

    Sur ce, bonne sororité à toutes. Et aimez-vous les unes les autres, à commencer par vous-même !

    Laurence

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