l’attachement dans le tantra

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tout le monde se souvient de la dernière discussion houleuse sur le groupe « tantra chemin de vie »? plein de bribes de cette conversation me sont restées et je me suis dit que ce n’était pas possible d’y répondre sur pièce (ne pas remettre d’huile sur le feu), et pas possible de ne pas répondre (ça colporte trop de fausses idées sur le tantra), donc me voici…

voici une liste des phrases qui m’ont choquée:
« vous avez peur de l’attachement »

on parle beaucoup d’attachement dans le bouddhisme et dans le tantra aussi donc. on présente souvent l’attachement comme une mauvaise chose. ce qui est une erreur en soi car souvenez-vous que le tantra n’est pas dual, il n’y a pas de bien et de mal. mais avant même d’en arriver là, il serait sage de se mettre d’accord sur ce qu’on entend par attachement (qui est donc déconseillé dans le bouddhisme mais pas dans le tantra): l’attachement c’est une limitation de votre personne. soit une limite qu’on vous a inculquée, soit une limite que vous vous êtes imposée, qui vous laisse imaginer que sans l’objet de votre attachement vous ne seriez plus vous-même. puisqu’on parle d’amour dans la conversation initiale, voici l’exemple type d’attachement déconseillé: « sans mon mari (ma femme) je ne suis plus rien. qu’est-ce que je vais devenir? »

la question n’est pas d’éviter l’attachement, ni dans le tantra, ni même dans le bouddhisme. la question est de transcender l’attachement, de faire de cet attachement = dépendance, un attachement = lien d’amour librement consenti. apprendre à aimer sans dépendre de l’autre et sans réduire l’autre en esclavage. l’aimer tel qu’il/elle est, librement. je ne parle pas de libertinage, je parle d’avoir assez d’amour et de force de caractère pour accepter qu’éventuellement l’autre ne vous aime pas en retour, ou pas comme vous le voudriez, qu’il/elle vous quitte pour d’autres horizons plus heureux sans que vous n’éprouviez l’envie de le séquestrer (physiquement bien sûr, mais plus souvent par le biais d’une manipulation mentale (pressions) ou sociale (on est mariés, donc tu restes avec moi pour la vie ou je te coupe de tes enfants et je te décris comme un(e) salaud (salope) indigne de confiance auprès de tes amis et ta famille)).

il est évident que dans la première situation on est centré(e) et bien dans ses bottes même si on n’a pas obtenu ce qu’on désirait, et dans la deuxième situation on est légèrement fêlé(e). or la société dans laquelle on vit encourage ce genre de folies. on nous apprend que c’est normal d’être jaloux (non, ça ne l’est pas), que c’est même un signe d’amour d’être possessif (non, ce n’est pas vrai). la vérité profonde et limpide est que tout ceci est juste douloureux. et ce n’est pas normal d’avoir mal quand on aime. on peut s’attacher à une personne dans le tantra, c’est même conseillé puisque la plupart des techniques d’ouverture des chakras et de circulation de l’énergie dans le corps s’appuient sur les sentiments positifs qu’on éprouve pour son partenaire. mais JAMAIS ces sentiments ne sont censés être douloureux. c’est cela qui est contraire au bouddhisme et au tantra.

un bouddhiste pourrait vous conseiller d’éviter l’attachement (c’est un très mauvais conseil ceci dit car ça revient à refuser de vivre une expérience dont vous avez peut-être besoin pour évoluer), ou vous dire que votre expérience d’attachement est une mauvaise chose (discours dual). mais un tantrika ne fera ni l’un, ni l’autre. pourquoi?
d’une part il est assez logique de penser que si vous vivez une expérience, non pas mauvaise mais douloureuse, d’attachement, c’est parce que vous en avez besoin. soit vous n’avez pas compris certaines choses, soit vous n’êtes pas prêt(e) à quitter le cadre de la normalité sociale, vous imitez les autres = c’est normal dans la famille on est tous très jaloux.
d’autre part, un tantrika est parfaitement conscient qu’il peut toujours sortir de très bonnes choses de cette douloureuse expérience (vous comprendrez enfin cette expérience, ou vous comprendrez enfin que votre spécificité personnelle n’a pas à s’effacer devant les normes sociales), et que même s’il n’en sort rien de bon à priori, elles seront toujours un pas de plus vers VOTRE évolution spirituelle. certaines personnes comprennent vite, mais d’autres ont besoin de répéter une expérience 10 fois, 20 fois, 50 fois peut-être avant de comprendre. de quel droit jugerions-nous cela?

tout ça pour dire que selon moi un tantrika ne devrait pas avoir peur de l’attachement, mal juger l’attachement ou éviter l’attachement. un tantrika ne pense rien de l’attachement. il/elle attendra d’être en situation pour vous dire s’il/elle aime ou déteste cela, il/elle jugera de son ressenti (je suis heureux, ou je souffre), et prendra la décision qui convient (je reste car c’est bon pour moi, ou je pars car ce n’est pas bon pour moi). il est même possible qu’il/elle accepte de revivre l’expérience plus tard en se basant sur l’idée qu’il/elle a évolué depuis la dernière fois et que peut-être cette fois-ci il/elle le vivra différemment.

éviter l’attachement n’a rien à voir avec le tantra.

(à suivre: les émotions négatives ne sont pas tantriques )

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2 réflexions sur “l’attachement dans le tantra

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