il était une fois… une histoire triste…

depositphotos_12250518-Gray-striped-kitten-with-a-sad-grimace

il était 10h du matin ce vendredi là quand enfin une personne s’intéressa à ses cris répétés. c’était une joggeuse dérangée dans son activité sportive matinale par les pleurs d’un bébé chat. cette fois, cette personne ne se contenta pas de chercher l’origine des cris des yeux. elle s’approcha, gravit la pente à 50, peut-être 60° du talus, et fini par croiser son regard. les yeux de la sportive matinale s’illuminèrent et effrayé de tant d’intérêt à son endroit, le chaton se cacha dans les fourrés. la femme n’abandonna pas la partie pour autant. elle s’assit au milieu du chemin, entre les cailloux et les racines qui affleuraient, mis à nus par le ruissellement de l’eau de pluie et les passages répétés des promeneurs les plus courageux. elle s’assit et ne bougea plus. quand il miaulait, elle miaulait. d’abord intéressé par cette nouvelle compagnie, le chaton finit par penser qu’elle n’allait lui être d’aucune aide. il se mit à réclamer à nouveau la présence rassurante de sa mère. sans doute alertée par le désespoir qui transparaissait dans sa voix, elle dit quelque chose qui le rassura, même s’il ne comprit pas ce que ça voulait dire:

« tu n’es pas seul mon chaton, tu sais? tu n’es pas seul. on est ensemble. je suis désolée de ce qui est arrivé à ta maman. je comprends à quel point tu dois souffrir… »

comme il miaulait toujours, la femme se mit alors à chanter.

« c’est un petit chat, tout bleu, un petit chaton,
si je l’emmène à la maison, ce petit chaton,
je lui ferai des bisous, puis des câlins,
et enfin tout ira bien! »

il ne comprenait pas les paroles mais ces sons étaient si agréables que pour la première fois depuis qu’il avait atterri là, il s’assit également et laissa ses paupières se fermer quelques instants. c’était beau, rassurant… près d’elle il n’avait plus aussi peur des hommes qui passaient sans arrêt en bas de la pente, à trois mètres de là, des voitures qui vrombissaient sur le pont qui le surplombait, à quatre mètres de là, et des chiens que les promeneurs ne tenaient pas toujours en laisse et qui avaient manqué de le croquer à tant de reprises! il se reposait enfin. le voyant rassuré, la jeune femme arrêta de chanter et tenta de l’approcher. mais il prit peur et s’enfuit plus bas, dans les ronces qui jalonnaient le talus soutenant le pont. la femme se rassit et chanta à nouveau. rassuré il se rapprocha encore, mais pris bien garde à rester hors de portée de ses mains. il se tenait juste à un peu plus d’un mètre d’elle. au bout d’une demie-heure, fatiguée, elle se leva. elle lui dit:

« si tu ne veux pas venir ça ne sert à rien que je reste là… mais je reviendrai. »

il ne comprit pas ce qu’elle avait dit, mais il comprit qu’elle partait. même s’il avait peur de l’approcher, il fut triste, car sa présence le rassurait, avec elle au moins il n’était plus seul au monde, désemparé. mais il n’avait pas le pouvoir de la retenir, alors il la regarda s’éloigner, descendant péniblement la pente, avec angoisse. après quelques pas, il la vit entamer son jogging et disparaître au tournant de la promenade bitumée qui naissait à deux mètres de la pente. sans elle il se senti deux fois plus angoissé qu’avant et il se remit à miauler de toutes ses forces.

il s’était passé une éternité avant qu’il ne l’entende l’appeler à nouveau. il se tut. elle miaulait pour l’inciter à lui indiquer où il se trouvait. et finalement il lui répondit. il s’était déplacé, et elle le suivait dans sa nouvelle cachette. il était à mi-pente cette fois, non pas près de la structure du pont, mais face au parc abrité par le talus. ici, c’est à peine si on entendait les voitures qui vrombissaient à cinq mètres de là. elle se mit à gravir la pente ce qui l’effraya et le poussa à se cacher dans les buissons un peu plus haut. elle sentait la sueur, elle l’effrayait. elle s’assit dans les feuilles mortes, l’humus et les cailloux, salissant son pantalon. puis elle resta là, et chanta:

« c’est mon petit chat tout bleu, mon petit chaton,
si tu viens à la maison, mon petit chaton,
je te ferai des bisous, et des câlins,
tu verras tout ira bien! »

rassuré par ce son, il s’approcha et s’assit à un mètre juste derrière elle. quand elle se retournait, il s’enfuyait encore. alors elle ne bougea plus et chanta. ils restèrent ainsi de longues minutes avant que la jeune femme ne se lève à nouveau. il compris qu’elle partait, et son cœur se brisa un peu. il était si bien près d’elle, il aurait aimé qu’elle reste mais il comprenait qu’elle était un peu déçue qu’il ne se laisse pas approcher. il aurait aimé lui faire plaisir mais il avait trop peur. et si elle ne revenait plus? comment allait-il s’en sortir tout seul?

il la regarda disparaître derrière le pont et se remit à miauler désespérément. quand un promeneur approchait, il se cachait. quand un chien apparaissait, il se taisait. il se sentait seul, et surtout il avait faim. il commençait à avoir très faim. hier encore il tétait plus de dix fois par jour. il n’avait plus tété depuis de longues heures maintenant et son estomac ne le laissait plus l’oublier. le soleil était haut dans le ciel, il faisait chaud et il commençait à avoir soif. il fut surpris d’entendre sa voix encore une fois. elle était remontée dans le sentier près du pont et il se précipita pour la rejoindre. mais quand il arriva elle était déjà partie. il sentait déjà le vague à l’âme le saisir quand il entendit sa voix du côté du parc. il se précipita et arriva à point nommé pour la voir escalader la pente. il eut envie de se précipiter vers elle et se refréna en se rappelant qu’il la connaissait à peine. quand elle le vit, elle poussa une exclamation de joie, puis lui dit des mots qu’il ne comprit pas:

« que tu es beau mon chaton! avec tes yeux tous bleus! comment on a pu jeter un chaton aussi joli! »

il resta à l’abri, caché sous les buissons jusqu’à ce qu’elle s’assoie à nouveau. mais cette fois elle déposait des choses qui sentaient si bon sous les buissons! son estomac se tordait d’impatience tant ça sentait bon! il miaulait, tenaillé par l’envie d’approcher et la peur d’être agressé. mais elle reculait à présent. elle lui montrait le sol, à l’endroit où elle avait déposé un petit  bol de lait et une soucoupe pleine de croquettes. puis elle a reculé tout à fait, laissant entre lui et elle à peine moins que ce petit mètre dans lequel il se sentait en sécurité. dès que la voie fut libre il se précipita vers la source de cette délicieuse odeur. du lait!!! il but longuement! il avait tellement soif! puis quand la coupe fut vide, il s’approcha des croquettes. elles étaient trop grosses, mais c’était délicieux. il s’appliqua à les casser avec ses dents trop petites avant de les mâcher. quand il eut l’estomac assez plein, la peur revint et il se cacha. elle était trop près de lui. elle ramassa tout ce qu’elle avait apporté et remit le tout dans un grand sac. elle s’assit et attendit un peu, en chantant. il se posta derrière elle, assez loin cependant, appréciant de digérer cette copieuse nourriture en sécurité. les hommes s’arrêtaient pour regarder cette drôle d’humaine qui grimpait dans les buissons… à chaque fois qu’il prenait peur, elle lui parlait pour le rassurer. finalement elle se leva à nouveau, et il eut mal au cœur de la voir s’éloigner. plus elle revenait le voir et plus la solitude lui faisait mal. il la regarda s’éloigner avec une boule dans la gorge. quand elle disparut il se remit à miauler.

le soleil avait commencé à être bas dans le ciel quand il l’entendit encore. il se précipita à sa rencontre, s’arrêtant à peine à une distance sécuritaire. elle avait changé de vêtements, elle sentait différemment, mais c’était bien sa voix, et cette chanson qu’elle lui chantait tout le temps. il avait du mal à rester hors de portée, mais il ne se sentait pas encore rassuré. il chercha dans les feuilles si elle avait déposé quelques croquettes, du lait, encore, comme tout à l’heure, mais rien, il n’y avait rien. et son estomac de chaton recommençait à le tirailler. à cet âge il était censé manger toutes les deux heures. elle s’assit au même endroit que tout à l’heure, chanta, et parfois se tu. elle était juste là, avec lui. il lui en était reconnaissant. il resta près d’elle, si près que si elle l’avait voulu, elle l’aurait touché. il s’arrangeait quand même pour rester derrière elle, dans un angle où elle avait du mal à le voir. loin de ses yeux perçants il était un peu rassuré. il avait du mal à savoir si elle lui voulait du bien ou si ce regard intense était celui du prédateur. et quand elle tendait la main vers lui, il avait vraiment trop peur que ce soit la dernière proposition qui se vérifie. elle resta là quelques minutes, pas aussi longtemps que tout à l’heure. mais était-ce vrai? le temps passé près d’elle lui semblait trop court à chaque fois. quoi qu’il en soit elle se levait encore. sur la promenade il y avait de moins en moins d’hommes. de moins en moins de chiens. le jour faiblissait, et il sentait qu’il allait passer la nuit seul. il aimait la nuit, elle était plus calme, ses yeux de chat n’étaient pas effrayés de l’obscurité. mais il ne voulait pas être seul. et sa compagne d’aventure se levait et le quittait déjà. il s’est caché dans les fourrés, le coeur gros et le ventre vide.

il s’était installé pour la nuit quand il l’entendit encore. il se montra, répondant à ses appels, heureux et impatient d’avoir de la compagnie. elle était venue avec une énorme boite qui la faisait peiner à s’engager dans la pente du talus. il se cacha sous les branches basses d’un petit sapin pour la regarder faire. puis il sentit l’odeur, la délicieuse odeur des croquettes! son estomac s’impatienta. elle posa la boite sur le sol à presque un mètre de lui. puis montra quelque chose dans les feuilles, devant la grosse boite avant de s’éloigner de quelques centimètres. rassuré par le barrage de la boite il s’approcha, sentit de toutes ses narines! il y avait des croquettes là, quelque part. il se mit à fouiller, en trouva une juste devant la boite. puis plus rien, et pourtant l’odeur était là. il leva la tête, fouilla plus loin. elles étaient là, dans la boite. il hésita à entrer, puis la faim fut la plus forte. il poussa un grognement de contentement en mangeant les premières croquettes, puis avança pour en trouver d’autres. il y eut un claquement et malgré sa rapidité il réalisa qu’il était enfermé. elle lui parla doucement, tendrement:

« ne t’inquiète pas, tout va bien. je t’emmène à la maison! »

il ne comprit pas ce qu’elle disait, mais il comprit qu’elle essayait de le rassurer. il avait peur, mais il avait faim aussi. il se mit à manger le reste des croquettes en surveillant ce qu’il pouvait au travers du tissus dont elle avait recouvert la boite. le chemin sembla si long, et tellement dangereux! ils longeaient des routes, il y avait des voitures, des hommes qui passaient trop près. il se mit à miauler, et elle chanta pour le rassurer.

« c’est mon petit chat tout bleu, mon petit chaton,
je t’emmène à la maison, mon petit chaton,
je te ferai des bisous, et des câlins,
tu verras tout ira bien! »

il ne comprenait pas ce qu’elle disait mais il aimait sa chanson. et sa voix était apaisante. ils entrèrent dans une maison, fraîche et silencieuse, puis un jardin, puis une maison encore. une salle, une seconde salle, une troisième salle enfin, petite, fermée. et la cage s’ouvrit. la jeune femme restait là et lui resta dans la cage, effrayé à l’idée de l’affronter sur son territoire. elle resta là longtemps, puis comprenant qu’il ne sortirait pas, elle s’en alla. il sorti alors pour découvrir son lieu de captivité: il y avait de l’eau, du lait, des croquettes, puis une litière propre et fraîche. il mangea, but, se vida aussi de son stress avec l’urine et les selles. il se sentit bien mieux et se réinstalla dans la cage. elle avait laissé sur cette cage un tissus qui sentait comme elle, mais qui le maintenait dans une semi-obscurité rassurante. il y était bien.

il se passa deux jours pendant lesquels il fit connaissance avec elle, avec son mari, il senti l’odeur de ses autres chats sous la porte. il se laissa caresser, puis prendre dans les bras. il buvait et mangeait à volonté, et elle rafraîchissait sa litière tous les jours. il commençait à s’habituer à ce confort quand il montra les premiers signes de maladie. d’abord il perdit l’appétit, puis le lendemain il eut des nausées et des selles molles. elle l’emmena chez le vétérinaire et ils parlèrent longtemps, beaucoup. il ne comprenait pas ce qu’ils disaient.

– ah, oui, c’est une petite femelle… elle a ses canines, hum… je dirais qu’elle a entre cinq et six semaines.
– elle n’est pas sevrée, n’est-ce pas?
– non, elle est trop jeune. elle mange des croquettes?
– oui, sans problème. je n’ai pas pensé, j’aurais dû lui proposer du lait maternisé?
– oh si elle mange dur alors elle est prête à manger dur. mais mouillez-les avec du lait, ça sera plus confortable pour elle.

plusieurs palabres et trois piqûres plus loin, ils rentrèrent enfin dans ce qu’elle appelait « la maison ». elle se sentait plutôt mieux qu’avant d’aller chez le vétérinaire, mais ce n’était pas encore ça quand même. elle s’est couchée dans le fond de la cage, ne sortant que pour tenir compagnie à la jeune femme quand elle venait se doucher, ou pisser. elle sortait alors de la cage en miaulant doucement, et la jeune femme la caressait avec des mots doux.

– oh ma petite Cendre! que tu es jolie! avec tes rayures grises et blanches… c’est curieux que tu aies perdu tes yeux bleus en un jour! tout est gris chez toi maintenant. sauf tes pattes blanches!

elle n’avait plus chanté depuis cette longue journée sur le talus. et pourtant ce jour là, elle chanta à nouveau quand Cendre eut du mal à sortir de la cage pour la rejoindre. la jeune femme la prit dans ses bras avec des larmes dans les yeux et chanta à nouveau:

« tu es mon petit chat, tout bleu, mon petit chaton,
on restera à la maison, mon petit chaton,
je te ferai des bisous, et des câlins,
tu verras tout ira bien! »

elle sentait que sa nouvelle maîtresse était triste mais elle ne comprenait pas bien pourquoi. peu à peu il lui devint difficile de marcher, elle se mit à ramper. puis il devint difficile de respirer. la jeune femme sortit pendant de longues minutes, ne revenant pas même quand elle appelait. elle faisait des choses bruyantes dehors. elle pleurait aussi. finalement elle revint. elle lui parla, et même si elle ne comprit pas tout, elle se sentit bien d’entendre ces mots :

« tu n’es pas seule Cendre. on est ensemble, jusqu’au bout. je suis là, je ne bouge pas. ne t’inquiète pas, tout ira bien… »

il y eut une sonnerie, et elle la prit dans ses bras enroulée dans un plaid. elle l’emmena dans une autre pièce et une autre vétérinaire les rejoignit. il y eu quelques palabres. Cendre ne pouvait plus bouger. elle tressautait de temps en temps en se plaignant de la douleur. elle était triste et un peu paniquée, car elle comprenait que c’était son état qui faisait pleurer sa maîtresse. elle pleurait sans s’arrêter maintenant. la vétérinaire l’examina, et même si elle ne comprit pas tout, elle dit:

– vu la vitesse de dégradation de son état, c’est certainement un typhus. vous avez d’autres chats?
– oui, trois autres.
– vous devez tout désinfecter dans la maison, tout ce qui a été en contact avec elle.
– je sais.
– même en l’hospitalisant, il y a peu de chances de la sauver.
– je ne veux pas l’hospitaliser dans cet état. je ne vais pas abandonner mon chat aux mains d’inconnus alors qu’il est si mal en point et qu’il a besoin de moi. surtout si vous ne pensez pas le sauver.
– je dirais dix ou quinze pour cent de chances…

après quelques secondes de silence, sa maîtresse dit:

« non, je ne peux pas la laisser mourir seule dans une clinique. ça ne faisait pas partie du contrat que nous avons passées toutes les deux. il faut l’euthanasier, je ne veux plus qu’elle souffre. »

elle n’a pas tout compris, sauf que sa maîtresse était plus triste encore, et ça lui a fait mal au cœur. et là, brusquement, elle a cessé de pleurer, elle lui a parlé doucement, comme si tout allait bien. et elle s’est sentie mieux, même si elle n’a pas tout compris:

« tu es une si belle chatte! j’ai toujours rêvé d’avoir un chat aussi joli que toi! je n’arrive pas à comprendre comment on a pu t’abandonner. je suis tellement désolée de tout ce qui t’es arrivé! je t’aime très fort, mon chaton. je suis avec toi, jusqu’au bout. tout ira bien, tu verras. essaie de revenir. tu es si jeune, tu n’as eu le temps de rien faire, de rien voir. essaie de revenir et de profiter un peu du monde. »

il y eu encore quelques palabres, deux piqûres, puis plus rien…

tous les ans des millions de chatons sont abandonnés, laissés à mourir dans les endroits les plus sordides qui soient. vous n’avez pas idée du mal que ça me fait. car l’histoire est vraie. elle vient juste de m’arriver… pardon, je voulais dire qu’elle vient juste d’arriver à ma petite Cendre, mon petit chat tout bleu… si vous vous demandez le rapport entre l’abandon et la mort de ce chaton, songez que le typhus est certes une maladie très dangereuse, mais toutes les maladies deviennent dangereuses quand le malade est soumis à un stress très important. si Cendre avait attrapé le typhus ne serait-ce qu’une semaine plus tard, son corps aurait répondu très différemment. en quatre jours elle avait à peine eu le temps d’instaurer un climat de confiance entre nous, c’était trop tôt pour une maladie… maladie qu’elle a sans doute attrapée pendant qu’elle grelottait de froid seule sous un pont, alors qu’elle aurait dû se trouver pendue aux mamelles de sa mère… je ne l’ai eue que pendant 4 jours, je n’ai même pas eu le temps de prendre de belles photos d’elle. l’éclairage de la salle de bain était insuffisant et je ne voulais pas la stresser, la sortir juste pour ça.
spéciale dédicace à tous ceux qui ont déjà abandonné un animal, quel qu’il soit…

IMG_20160820_092907

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s