« je t’aime donc je te trompe »

triohhf

c’est le titre d’un article que j’ai lu sur le net la semaine passée. je ne vous en donnerai pas les références parce que je l’ai trouvé d’une platitude et d’une inutilité navrantes. le but de l’article était d’expliquer que lorsqu’on trompe son partenaire, ce n’est pas automatiquement parce qu’on ne l’aime plus, comme c’est dit, revendiqué partout, y compris par les psy. sauf que l’article n’arrive pas à expliquer le pourquoi. l’auteur en est à des ANNÉES de recherche, des années, et elle n’a encore rien compris, et elle se sent tout de même le droit d’écrire sur ce sujet son DEUXIÈME livre… 2 livres pour ne rien dire?!!! bref, cherchez l’article tout seul si vous êtes tout de même intéressés.

la semaine passée j’ai rencontré également un de mes contacts facebook avec qui nous avons déjeuné dans un resto que je voulais découvrir près des halles, et cela a été l’occasion d’un petit bavardage entre amoureux du sexe et des rencontres extra-conjugales.

je suis libertine, il correspond plutôt à la définition du coquin (je rencontre d’autres personnes pour satisfaire mes envies de sexe en dehors du couple sans informer mon partenaire).

notre discussion a en grande partie été occupée par ce sujet. à la question « pourquoi mentir? pourquoi ne pas simplement ouvrir le couple? » il me répond: je suis très heureux comme ça, je ne veux pas perdre ma famille.

je n’ai pas insisté, mais… ne suis-je pas l’exemple flagrant qu’on peut ne pas mentir et conserver sa famille? mieux encore qu’avant, d’ailleurs.

il m’a raconté l’histoire d’une de ses amies qui a décidé d’ouvrir son couple au milieu de sa trentaine, après avoir fait des enfants. et quelques mois plus tard, son mari la quittait pour une rencontre libertine. de là à sauter à la conclusion que si elle n’avait pas « commencé », elle serait sans doute toujours en couple avec lui… il n’y a qu’un pas qu’il se dépêchait de franchir.

et moi je me dépêche de franchir le pas qui consiste à dire que les couples exclusifs sont des couples de lâches et d’hypocrites. on est exclusif (ou on fait semblant de l’être) parce qu’on a peur. on a peur de la vie, on a peur d’être comparé à d’autres. on n’est courageux que dans une prison de serrures et de barreaux. on est sans doute à l’abri dans une cage… mais on est dans une cage.

quand vous allez dans un zoo et que vous voyez certaines bêtes totalement innofensives mais tout de même enfermées, vous ne vous demandez pas pourquoi? qui protège-t-on? elles ou le visiteur? quand vous regardez le comportement des hommes envers les animaux, surtout les bêtes innofensives, quelle est votre réponse?

les couples exclusifs sont ainsi. ce sont des bêtes innofensives qu’il faut protéger de la rudesse de la vie, pauvres petites choses… alors on achète des serrures, des barreaux, on se croit à l’abri, alors que 50% des habitants des cages sortent en douce la nuit pour aller fricoter dans la savane, se donner des frissons d’aventures, rentrer avant le petit jour, avant le réveil des autres habitants de la cage, et faire semblant d’être resté toute la nuit, d’être d’accord pour vivre en cage. pendant ce temps là, les autres 50% de la cage pensent qu’ils sacrifient leur liberté pour une belle et bonne raison.

l’immense majortié de mes amants sont des maris infidèles. ne me jetez pas la pierre, les femmes mariées sont tout aussi infidèles que les hommes. mes amis libertins en témoignent. beaucoup trompent leurs partenaires en couples illégitimes mariés chacun de leur côté. la faute n’en revient pas aux amant(e)s, ni aux infidèles d’ailleurs. la faute revient à l’hypocrisie générale qui veut qu’un couple sain est un couple exclusif.

et la grande GRANDE faute revient à ceux qui ont compris qu’ils ne seront jamais exclusifs, qui n’essaient même plus, mais qui entretiennent cette illusion chez leur partenaire: l’illusion que l’exclusivité a une valeur, que le couple sain est un couple exclusif, et que si on aime on ne trompe pas.

l’exclusivité n’est pas une chose naturelle qui vient toute seule à l’homme ou à la femme. elle est culturellement imposée afin d’entretenir l’illusion de la pérénité et de la stabilité dans un couple. je parle bien d’illusion.

la durée de vie moyenne d’un couple est de deux ans. 2 ans!!! je suis en couple depuis bien plus longtemps que ça. si on parle de la période après l’ouverture de mon couple; je suis libertine, et en couple, depuis bien plus longtemps que ça. alors ils sont où, vos calculs, vos rapports de cause à effet? je suis libertine, en couple libre, et pis que tout, je suis libre-amoureuse (je tombe amoureuse tout le temps). d’où cela vient-il que je suis toujours mariée au même homme? alors que pendant ce temps là, des millions de milliards de couples exclusifs se sont séparés dans le monde? comment c’est possible?

puisqu’on vous dit que c’est impossible d’avoir une relation stable et durable dans un couple libre, on devrait pouvoir vous le prouver sans l’ombre d’un doute. sans la moindre exception. si on n’est pas capable de vous donner cette assurance, alors tout ce qu’on vous dit, c’est de la merde.

quand on regarde des statistiques, on se rend compte que les couples libres sont plus pérènes que les couples exclusifs. les psy vous diront que le couple libre est malsain, mais ils seront obligés d’admettre qu’il est plus durable. la question que je me pose est: pourquoi l’avis d’un psy que vous ne connaissez même pas 99% du temps est plus important pour vous que votre propre avis? pourquoi ne pas croire votre instinct, vos yeux et vos oreilles? j’ai toujours pris en exemple d’autres couples stables et surtout HEUREUX! jamais je n’irais demander un conseil de couple à un psy si je ne connais rien de sa vie privée, de son couple, et de son bonheur conjugal.

les couples se défont. c’est une réalité. mon couple n’est pas à l’abri de cette réalité, et le fait que j’accepte de courir dans la savane tout le jour et toute la nuit est une acceptation de ce fait basique: les couples se défont. la durée de vie moyenne d’un couple est de 2 ans.c’est une réalité. vous regardez les couples autour de vous, et vous pouvez parier que d’ici 2 ans ils seront séparés.

est-ce que le libertinage accentue le risque de quitter son partenaire pour un autre? je ne pense pas. parce que les gens se rencontrent partout et surtout au boulot (plus de 50% des couples modernes), au supermarché, chez le boulanger, au pressing, à la laverie… les gens se rencontrent partout. que vous soyez en couple libre ou pas, ça ne changera pas cette réalité. que vous viviez en cage ou pas, ça ne changera pas cette réalité. personne n’est à l’abri d’une rencontre. par contre, quand on a pris l’habitude de baiser sans faire de chichis, on se laisse plus difficilement émouvoir par une nouvelle rencontre. la tension sexuelle est évacuée tout de suite. or les rencontres s’approfondissent plus facilement quand cette tension reste. de mon point de vue, à nombre de rencontres équivalent, une personne libre s’engagera moins facilement dans une amourette qu’une personne exclusive… donc bizarrement, la cage dans laquelle on vous fait vivre accentue vos risques de dérapages incontrôlés…

de toute façon, la durée d’un couple n’est pas un gage du bonheur des partenaires. beaucoup restent ensemble pour la famille, le crédit, l’apparence. ils sont malheureux comme les pierres, mais ils font semblant. pourquoi? dieu seul le sait. à mes yeux la chose la plus importante de la vie est d’être heureux.

si je rencontre une personne qui me rend plus heureuse que mon mari, je vivrai avec cette personne. ça ne m’est jamais arrivé. mais je ne suis pas à l’abri (dieu merci d’ailleurs) de rencontrer une personne qui me comble mieux encore que celle avec qui je vis. mais ça ne serait pas un drame! bien au contraire! quelle chance, quelle bénédiction si une telle chose arrivait!!!

je suis d’avis – et je fais beaucoup d’efforts dans ce sens – que je suis la personne la plus capable de rendre mon mari heureux. et c’est pour ça qu’il reste à mes côtés. s’il rencontre quelqu’un qui le rend plus heureux que je ne le fais, je trouverais NORMAL qu’il me quitte pour vivre avec elle. j’ai besoin de savoir qu’il n’y a personne au monde auprès de qui il pourrait vivre plus heureux qu’ici, près de moi. et je suis prête à mettre cette conviction à l’épreuve. parce que je ne mens pas. je ne me mens pas. je ne lui mens pas. je fais ma part dans la stabilité de notre couple.

je n’ai pas peur de la comparaison, parce que je l’aime. quand on aime une personne, son bonheur passe avant le notre. si une femme est capable de me prouver qu’elle peut donner plus, et mieux, à mon mari que moi-même, je lui laisse la place avec plaisir. s’il est plus heureux ailleurs, alors je l’encourage à aller ailleurs.

et c’est réciproque. pas parce que je pense que mon mari ferait de même (faudrait lui demander). mais parce que je me fiche de ça. il fonctionne comme bon lui semble. mais moi, moi toute seule, je ne me laisserais pas mourir dans une relation de faux-semblants et d’hypocrisie, alors qu’un homme meilleur me tend les bras. à mon mari de faire un effort pour me rendre heureuse, ou alors, à lui d’accepter mon départ. chacun sa part dans la stabilité du couple.

peu de gens sont capables d’en arriver à ce raisonnement. les gens sont prêts à sacrifier leur bonheur pour un crédit, pour leur réputation auprès de cons qui ne seront jamais leurs amis, ou pour « le bonheur » de leurs enfants, en oubliant que rien ne rend un enfant plus malheureux que de sentir que ses parents sont malheureux. en oubliant qu’on enseigne à ses enfants, chaque jour, à chaque geste, chaque mot… et qu’ils leur enseignent le mensonge, l’hypocrisie, et l’acceptation de la souffrance.

alors que si chacun s’occupe de sa part, simplement, tout le monde peut vivre libre. sans hypocrisie, et sans contrainte.

tous les couples meurent un jour. c’est une réalité. au plus tard, au décès de l’un des partenaires, le couple mourra. les couples exclusifs meurent plus vite que les couples libres. ceux qui vous disent le contraire vous mentent. les couples exclusifs vivent énormément plus de mensonges, d’hypocrisie et de tromperies que les couples libres. ceux qui vous disent le contraire vous mentent. les couples exclusifs traversent AUTANT de risques de rencontres que les couples libres. ceux qui vous disent le contraire vous mentent. la seule différence entre un couple libre et un couple exclusif, c’est qu’il y en a un qui vit en cage, et pas l’autre.
à vous de voir si vous voulez sacrifier votre liberté à une illusion.

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4 réflexions sur “« je t’aime donc je te trompe »

  1. évidemment oui
    Dans un couple libre, l’attention à l’autre est une nécessité, le couple ne tient que sur l’amour véritable.
    Dans un couple exclusif les diverses contingences suffisent à maintenir le couple, et ce d’autant plus que notre culture et ce que nous renvoie tout notre environnement social nous dit que le couple le vrai c’est le couple exclusif et que pour beaucoup la principale motivation reste que l’image qu’il projette soit conforme à ce que le monde extérieur attends de voir. (on fait ce que les gens attendent de nous, c’est le « pour autrui » de Sartre au lieu du « pour soi » qui devrait être le préoccupation de chacun).
    Et de fait très vite aucun des deux partenaires ne prête plus d’attention à l’autre ni au couple, les habitudes se mettent en place, le sentiment (assez illusoire) de la sécurité apportée par le couple et la certitude absurde que le couple que l’on a construit ne peux pas s’effondrer suffisent à ce que le couple perdure sur le seul « intérêt commun » aussi mal construit voire aussi malsain qu’il soit…
    Dans un couple « libre », le fait d’être et de rester en couple est remis en cause chaque jour, c’est par nécessité un choix quotidien, chacun est obligé de savoir pourquoi il est la et de se demander si la situation lui convient toujours.
    Une de mes phrases préférées sur la question est « ce qui est difficile dans un couple ce n’est pas de partir mais bien de rester ». Mais pour comprendre ça il faut effectivement remettre en cause tout ce que l’on nous a appris sur le couple et sur l’amour, il faut apprendre à être autonome et à se confronter sereinement à l’inconnu qu’est et sera toujours le futur et à comprendre qu’un couple doit être tout autre chose qu’un cocon ou une béquille. Petite précision, ce couple « libre » n’est pas forcement un couple libertin, mais c’est pour le moins un couple réellement choisi.
    Bref, tu me connais, je pourrais en écrire des pages de la même veine…

    A propos de psy, son rôle principal (en tout cas c’est ce qu’on lui a enseigné) est de permettre aux patients de s’intégrer au mieux dans la société et pas du tout de leur enseigner des vérités ou de privilégier le développement de la personne. De fait ils défendrons le couple exclusif auprès de la plupart de leur patients même si leur point de vue personnel est différent. Quelques uns sortent de cette logique mais ils sont rares…
    Mais comme l’a dit je ne sais plus quel sage indien « Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade. »
    La définition des troubles psy, et de donc de la pratique psychiatrique, est essentiellement affaire de choix politiques ou sociaux. Il n’y a qu’à voir le traitement des schizophrènes qui selon les époques, les moyens disponibles et/ou les instances politiques seront soit des patients à soigner, soit des SDF incapables de réinsertion, soit des fauteurs de troubles qui doivent être traités comme des délinquants… A aucun moment la prise en charge de la personne et de son parcours n’existe… Belle victoire de la pensée structuraliste, je ne développe pas il faudrait des pages la encore mais quand on pensera processus et pas systématiquement structure on apprendra peut être à comprendre autrement les troubles psy au sens large…
    Notre mode de pensée occidental est un savant mélange de culpabilité judeo-chretienne (la culture de la faute et du jugement dernier), de cartésianisme outrancier (ce que je n’explique pas n’existe pas – et il suffit de tout découper en tranches fines et de l’analyser en labo pour tout savoir), d’idéalisme Kantien (il existe pour chaque chose un idéal et il faut tendre vers même si on ne l’attendra jamais) et de structuralisme (tout est structure, le contexte et/ou l’histoire ne porte aucun sens). Je crois que c’est pas avec ça qu’on passera le 21eme siècle 🙂
    Quid de l’humain, de l’identité, de la complexité, de la différence, de l’incertitude, de l’erreur ?

    Et dire que j’étais parti pour écrire trois lignes…

    Bises, ça faisait bien longtemps !

  2. Je t’aime donc je te trompe c’est exactement ça

    Si tu ments a ta femme ou a ton mari tu te ments a toi même et tu penses que ton couple va très bien
    C’est le premier d’une longue série de mensonges dans ta vie de couple

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