un dessert pour deux

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c’est arrivé lors de ma première vraie relation d’amant. ok, ça a duré quoi… un mois, même pas, mais nous étions clairement en relation d. et moi. d’ailleurs c’est pour cela qu’il m’avait quittée, angoissé à l’idée de se sentir engagé par deux fois. ayant déjà vécu une relation d’amants compliquée, d. avait eu peur de remettre le couvert.

mais ce n’est pas le propos. lors de notre première sortie (nous nous étions vus plusieurs fois avant, mais pas en public), nous allons au cinéma, et comme j’ai une petite faim en sortant, il m’offre un dessert dans un resto proche du ciné. enfin, c’est ce que je croyais, car monsieur demande 2 cuillères. je suis étonnée et je le lui dis. il me répond alors comme si c’était l’évidence, que tout RV amoureux au resto se termine par un dessert pour deux.

je n’avais jamais vécu ça avant lui. jamais refait depuis. pourtant ça date!
je penche aujourd’hui pour une habitude personnelle de d. car je ne pense pas que ça soit si fréquent de partager le dessert surtout quand on est gourmand. mais je peux comprendre l’idée. il est vrai qu’on ne partage pas son dessert avec n’importe qui. réfléchissez, sérieusement, partager son café gourmand? sa banana split? faut vraiment avoir envie de l’idée du partage pour sacrifier ainsi la moitié de son plaisir.

je repense à ça aujourd’hui parce que je me dis qu’au final, la qualité d’une relation tient à des détails comme celui là. j’ai rencontré beaucoup d’hommes, surtout si je compte ceux avec lesquels je me suis contentée de prendre un verre. je ne me souviens pas de tous, mais je me souviens toujours de ceux qui m’ont montré de l’enthousiasme, même quand nous ne sommes pas allés plus loin.

et avec le recul je me dis que cette relation là était le genre de relations que j’ai toujours cherché, désiré, entretenu. je n’ai connu que trois amants de cette sorte, et j’ai adoré ces trois hommes. simplement parce que le sexe perd toute saveur quand on le résume à sa plus simple expression. tout comme le même plat aura exactement le même goût si on le mange directement dans la boite du supermarché, ou dans son sachet, et si on le met dans une assiette, sur une belle table, accompagné d’une entrée et d’un dessert, et surtout d’un bon vin. le goût du plat est le même. on est bien d’accord. mais le plaisir n’aura pas la même dimension.

il est vrai également que ce jeu ne peut être joué que par une personne qui s’assume, qui n’a pas peur. si vous avez peur de tomber amoureux, vous n’avancerez pas. vous aurez peur de l’amour, qu’il vienne de votre coeur ou de celui de votre partenaire, vous aurez peur de ses conséquences. c’est ce qui est arrivé avec d. il a vu que je l’aimais beaucoup, et il a eu peur que je le harcèle. moi. le harceler. il est venu me dire ça courageusement, les yeux dans les yeux. je le respecte pour ça. mais inversement, accuser l’autre de sa propre peur, j’ai trouvé ça vraiment petit.

et du coup même si je m’étais déjà attachée à lui, même si en temps normal j’aurais essayé de l’en dissuader, j’aurais argumenté au moins, quand j’ai compris qu’il était sérieux avec son excuse bidon à deux balles (c’est pas ma faute, c’est pas encore ta faute non plus, mais ça le sera), je n’ai plus voulu qu’une chose: qu’il parte très vite, et très loin de moi.

recentrons-nous:

un dessert pour deux. un détail, en somme. mais la vie est faite de détails, et comme dit le proverbe chinois, la bonheur vient de l’attention aux petites choses, et le malheur de l’inattention aux petites choses. alors quand vous avez un rancard, soignez les détails. je ne parle pas du parfum, de vos fringues, de la rolex, et de flamber avec votre bagnole. soignez les bons détails.

ce n’est pas parce que vous ne reverrez probablement jamais votre partenaire de tango qu’il ne faut pas lui tenir la porte, l’aider à mettre sa veste, et pratiquer la douce langue (l’art du compliment). ce n’est pas parce que vous ne collectionnez que les coups d’un soir qu’il faut « économiser sur le resto » (ou n’importe quoi d’autre). vous économisez sur le resto signifie que vous économisez sur le plaisir de votre partenaire, donc vous économisez au final sur le votre. car je n’ai jamais entendu un homme dire qu’il était heureux au lit avec une femme qui fait la planche. sauf peut-être les nécrophiles ou les abasiophiles. vous économisez sur le resto, la conversation, les attentions, vous économisez sur votre vie.

c’est comme garder un grand parfum dans un tiroir, une grande bouteille de cognac, un thé rare, un costume haute couture, des chaussures qui tuent, un bas de laine, etc. pour une grande occasion. et ne jamais les offrir ou les utiliser. considérer que rien jamais ne mérite cet usage. puis mourir en laissant sa vie derrière soi.

une grande occasion, c’est comme dire je t’aime: on ne sait jamais si on a eu raison de le faire, jusqu’à ce qu’on voie la réaction de l’autre. une grande occasion c’est quand votre enthousiasme rencontre celui de quelqu’un d’autre. vous ne savez pas, personne ne peut savoir si un rendez-vous tiendra ses promesses. mais aucun rendez-vous ne peut tenir aucune promesse si vous n’ouvrez pas les portes en premier. vous ne rencontrerez l’enthousiasme de personne si vous n’avez pas d’enthousiasme à offrir non plus.

un détail.

un dessert pour deux…

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2 réflexions sur “un dessert pour deux

  1. Merci pour cette idée de dessert à deux et des petites attentions. C’est vrai que l’intimité n’est pas toujours celle que l’on croit. Un mot échangé ou un instant dans l’ascenseur peut l’être bien plus qu’une relation sexuelle si elle ,n’est pas consciente.
    J’aime beaucoup cette phrase du bonheur et du malheur sur les petites intentions. Je ne connaissais pas.

    Concernant ta parenthèse sur le départ de d. , j’ai le sentiment que tu n’a pas vraiment accepté sa peur de te voir le harceler, ou accepté qu’il veuille partir, et que du coup il te parle de SA peur… Laisser entendre que c’est t’accuser, dans ce que tu pourrais faire dans le futur, n’est à mon sens qu’une interprétation. Je crois qu’il a le droit d’avoir peur… Et s’il n’est pas encore assez conscient pour être libéré du conditionnement et de l’égo, c’est son chemin. Alors si d’un coup l’attirance ou l’amour que tu avait pour lui se transforme en « vouloir qu’il parte très vite et loin de toi », je me demande si ce n’était pas plutôt un état amoureux plutôt que de l’amour qui laisse l’autre libre. Je ne te fais pas un procès bien-sur, je te fais juste part de mon ressentis. Je ressens aussi dans certains articles comme un certain ressentiment envers les hommes, peut-être je me trompe…

    Je t’encourage à continuer tes articles, j’aime les lires, j’aime aussi tes blagues de sexe sur Facebook ^^

    Bonne continuation.

    • hello aldjael,

      ta lecture est en partie vraie, mais il faut se rappeler que c’étaient les débuts de mes rencontres, mine de rien, ça fait presque 10 ans. je réagirais sans doute avec plus de recul aujourd’hui, mais je ne pardonnerais pas plus la faiblesse et l’inconscience de sa propre force. j’entends par là le fait de chercher une situation (fantasmer) et la fuir quand elle se présente (peur devant la vraie vie). c’est un travers que partagent bon nombre de nos semblables. je ne considère pas que c’est rendre service à l’autre (quel qu’il soit) que de le laisser agir ainsi sous prétexte de respecter sa liberté. ce n’est pas l’exercice d’une liberté mais une fuite. ma réaction clairement négative aura eu j’espère le don de le faire réfléchir.

      pour ce qui est de ma rancoeur envers les hommes, je dirais qu’elle te semblerait sans doute méritée si j’étais un homme également. ou si mes amants étaient des femmes.
      une traitrise, des manipulations, des mensonges n’en sont pas moins condamnables parce qu’ils interviennent dans une relation amoureuse c’est à dire entre un homme et une femme. si une femme m’avait fait le même coup (me draguer – je ne l’ai pas dit mais c’est d. qui avait lourdement, très lourdement insisté pour me rencontrer – puis me lâcher ensuite sans raison de son propre aveu), je lui en aurais voulu également. et tu ne me dirais pas que je suis en colère parce que j’en veux à la gent féminine…

      je sais, c’est pas évident de s’habituer au fait que je traite tout le monde de la même façon… 😉

      mais tu as raison, aujourd’hui je le prendrais avec plus de philosophie, et surtout, je considérerais comme une bénédiction que la personne me laisse volontairement la place pour de meilleures relations.

      merci pour ton message si gentil, p.

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