premières amours: moments privilégiés en sauna libertin

premières amours: moments privilégiés en sauna libertin

chers amis, ce n’est pas que je ne vous aime pas, c’est qu’en ce moment j’apprends tant de choses, et tant de choses se bousculent dans ma tête, que c’est dur de venir vous faire un compte rendu détaillé de mon état d’esprit au quotidien. je mûris, et cette maturité est déconcertante, parfois douloureuse. passons! voici une expérience que je peux partager avec vous dès ce soir sans trop de mal:

avec un ami facebook nous décidons de passer quelques moments au mooncity. pour lui c’est la première fois, et il m’a choisie comme marraine. nous voici donc sur place, nus sous nos paréos, à tester le jacuzzi, puis le sauna, puis le hammam.

tout de suite dans le jacuzzi nous remarquons qu‘aucun couple présent cet après-midi n’est à 100% dans ce qu’il fait. je vous explique, X et moi sommes tous les deux tantrikas. X et moi savons pertinemment qu’à défaut d’être à 300% dans ce qu’on fait, une relation sexuelle se conclue par une perte d’énergie à tous les niveaux. X et moi avons donc aussitôt été choqués par ce que nous avons vu:

trois couples nous entourent, auxquels il faut ajouter deux hommes seuls et une femme seule (fort sympathique d’ailleurs). nous discutons, et pendant ce temps là, deux des couples se bouffent la figure (à ce niveau là, ce ne sont plus des baisers, c’est du cannibalisme). le dernier couple, le plus éloigné, discute aussi, mais semble lui aussi plus intéressé par ce qui se passe devant nous que par leur propre conversation. donc nous discutons, et à chaque fois que je lève la tête, regarde autour de moi, c’est pour voir la représentation du « théatre des parfaits libertins » que nous offrent les trois couples.

un des hommes seuls s’approche de nous, je comprends ensuite qu’il est intéressé par les deux couples qui semblent consommer avec beaucoup de passion leur chair réciproque. il tend une main, caresse une épaule, puis une autre. les deux couples se rapprochent, voilà à présent quatre personnes qui s’entre-caressent, s’embrassent toujours sans échanger leurs partenaires, mais se caressent mutuellement. l’homme seul laisse ses mains se perdre deci delà… pendant 10 bonnes minutes aucun des couples ne va le repousser, ni lui faire comprendre qu’il est importun. pourtant 10 minutes plus tard, on le repousse. il quitte le jacuzzi.

honnêtement je suis choquée. quand un homme ne me plait pas, généralement je le lui dis de suite. sinon j’avertis que l’échange sera une conversation platonique. à lui de gérer, ou pas. je ne vois pas l’intérêt de laisser une personne espérer pendant 10 minutes pour la repousser ensuite. m’enfin je dis ça, je dis rien…

le dernier couple isolé s’intéresse toujours à notre quatuor sur fond de conversation simulée. X et moi sortons du jacuzzi quand il me fait remarquer que le quatuor s’est disloqué. finalement les deux hommes ne s’occupent que de l’une des femmes, l’autre s’est éloignée et regarde le trio. accord commun ou a-t-elle été évincée? nous ne nous attarderons pas sur ce mystère.

nous jouissons du salon, de notre boisson, on retourne au sauna, puis au hammam où nous faisons connaissance avec la femme seule du jacuzzi. très timide, sympathique, nous discutons un moment. je fais des allées et venues au sauna, seule, car les deux autres préfèrent le hammam.

au sauna, je m’allonge nue sur mon paréo. un homme seul entre, je dis bonjour comme à tout le monde. il répond, commence à me sortir des banalités (« il fait chaud ici »… « on est dans un sauna », que je réponds). et après 3 ou 4 banalités du genre, il pose sa main sur mon sein. voilà. ça c’est fait.

non mais sérieux les mecs… sérieux… c’est ça votre façon d’approcher une femme? et vous vous étonnez de vous faire ratonner? bonjour, comment ça va? fait chaud aujourd’hui, et paf, la main au panier? je le repousse et lui fais « non, je suis pas là pour ça, merci ». vous le croyez ou pas, il fait « ok, désolé », et IL SORT.

donc en fait, le mec, tout ce qu’il veut c’est BAISER. avec qui? comment? pourquoi? pas intéressé!

je rejoins X au hammam, nous prenons une douche bien froide pour calmer les effets de la chaleur (ça donne le tournis les salles chaudes comme ça), puis X me fait remarquer que la charmante inconnue du hammam a disparu. ils se proposaient de prendre leur douche ensemble, et j’ai dû l’effrayer, elle a dû croire que je venais « pisser sur mon territoire ». je la retrouve au sauna, lui demande si elle veut rejoindre X sous la douche, et elle me donne une réponse mitigée. X décide de ne pas l’attendre et nous descendons au jacuzzi une nouvelle fois.

et là, la « parade des libertins heureux » recommence. non mais c’est épuisant. rien qu’à les regarder, c’est épuisant! X et moi discutons, apprécions le moment présent, quand il me fait remarquer que le monsieur du couple juste à côté de lui ne regarde même pas sa compagne. il lui triture les seins, fait semblant de la caresser, mais en fait ses yeux sont fixés sur les autres couples.

ils ont une soixantaine d’années, et si la vieillesse ne va pas du tout à l’homme, je trouve sa femme fascinante. j’hésite, partage mon sentiment avec X, hésite encore, puis décide de me lancer. je l’aborde et lui demande si je peux la caresser. elle ne comprend pas tout à fait ce que je lui veux, mais accepte gentiment.

elle est fabuleuse. sa peau est douce, et je trouve que la vieillesse lui donne un charme fou. je lui dis que je la trouve belle, et elle rougit un peu. l’homme en profite pour me caresser, et je vais repousser ses mains plus de trois fois. en gros, monsieur pisse sur son territoire. si je veux toucher à SA compagne, je dois lui payer mon corps en tribu. quel libertin considère que la vie est un objet d’appropriation? quel libertin insiste alors qu’on ne cesse de le repousser? décidément, cet homme est un goujat!

je ferme les yeux pour mieux sentir l’énergie de cette personne que je trouve fabuleuse. je la masse, la caresse, et peu à peu je vois, je sens que mes mains lui font du bien. elle se détend, et finit par me dire que mes caresses sont plaisantes. je vais me concentrer sur elle pendant cinq bonnes minutes, avant de la remercier et de m’en aller. X et moi avions de toute façon décidé de partir. elle me sourit avec reconnaissance, et à la seconde où je la lâche, son homme lui saute dessus. je me suis dit « rien de tel que l’expérience du ‘je peux me taper qui je veux, moi’, pour qu’un homme réalise la valeur de sa femme… mais c’est malheureux de devoir en arriver là… dieu que c’est malheureux!

gros plan sur ce qui se passe dans ma tête:

je ne suis pas bi, pas lesbienne. ce n’est pas un blocage, juste j’adore la pénétration, la sensation d’un pénis en moi. et une femme, ça n’a pas de pénis. les plaisirs saphiques, merci mais non merci. j’entends bien que pour beaucoup de femmes le plaisir saphique est synonyme d’émancipation de la femme par rapport à l’homme, mais je vais être bêtement (au sens propre) basique: j’aime le sexe AUSSI, pour ne pas dire SURTOUT, en hommage à la reproduction. que le masculin soit un pouvoir dégueulasse et abusif au jour d’aujourd’hui, c’est une chose. est-ce pour cela que je dois lui refuser son droit et son utilité premiers? non. si je veux que les choses s’arrangent, je ne dois pas tirer sur un extrême au point d’en arriver à un autre extrême. il faut rester au milieu. je reste au milieu.

il y a quelques mois j’ai lu un livre d’osho où j’ai appris la leçon de la spontanéité. osho y disait que pour se sentir vivant et profiter à 300% de notre temps sur terre, il ne faut pas se brimer! vous avez envie de danser? dansez! vous voulez faire l’amour? faites l’amour! vous avez faim? mangez! vous avez une envie, à défaut de la réaliser, si ce n’est pas possible, au moins exprimez la! donc j’ai eu envie d’approcher cette femme, et je l’ai fait. en l’honneur d’osho. depuis ma lecture, je fais ça souvent. et vous savez quoi? osho a raison. je me sens mieux depuis que je m’astreins à m’écouter.

avec X nous parlions juste avant cette scène de stages de tantra, du travail personnel qu’on y fournit, et du fait qu’on ne peut RÉELLEMENT accepter sa nature (masculine ou féminine) que lorsqu’on accepte cette nature chez l’autre (pour lui, le jour où il a massé des hommes entièrement). moi j’ai toujours tenu les femmes à distance. toujours. j’ai songé à ce moment là que peut-être je fuyais quelque chose, ou que je passais à côté de moi-même.

autre élément, en ce moment je lis un livre sur la wicca (sorcellerie). j’ai fait ce lien avec le tantra il y a quelques semaines. j’ai réalisé que beaucoup de principes qui régissent le tantra régissent aussi les univers de sorcier. donc j’ai acheté quelques livres sur la sorcellerie, tout comme pendant les fêtes de fin d’année j’ai lu plusieurs livres sur le tantra. vous savez quoi? j’avais raison. sorcellerie et tantra procèdent des mêmes principes, des mêmes méthodes. hallucinant, non? le lien avec le shmilblick? ça vient!

les sorcières encensent la vieillesse. l’âge est honoré, et respecté. les trois âges de la femme (enfance, maturité, vieillesse) sont honorés. juste cet après-midi en allant au mooncity j’étais en train de lire un chapitre sur l’âge, et le respect qu’on lui doit dans la wicca. et j’ai toujours aimé les corps qui ont une histoire, et j’ai aussi dans ma famille ce principe du respect de l’âge. j’admire les vieilles femmes. j’ai connecté les deux idées: osho qui encourage à la spontanéité, la sorcellerie qui encense l’âge, l’acceptation de ma féminité au travers de la féminité de l’autre, et mon envie impulsive de toucher cette femme…

et c’était TRÈS agréable. j’ai beaucoup aimé. d’autant plus qu’à l’inverse des autres couples présents cet après-midi, je me suis donnée à 300%. j’ai fermé les yeux, senti sous mes doigts la peau de cette femme, j’ai bu ses émotions, son embarras, sa volupté, d’avoir su l’émouvoir alors qu’elle n’en était certainement pas à sa première fois. être vraie avec elle, et lui laisser de l’espace pour qu’elle puisse être vraie avec moi, elle aussi, et ce, malgré les interventions aussi maladroites que rustres de son compagnon.

pour conclure j’ai envie de dire… libertins? libertins de mes fesses!
par contre, X a passé un très bon moment. il semblait heureux de son expérience. et moi je suis contente parce que j’ai su lui montrer le vrai visage du libertinage, sans l’en dégoûter. petit exploît quand on y pense.

voilà, je vais replonger dans mes lectures, mes expérimentations, dans le silence donc, également. soyez patients, il pleuvra bien un texte un de ces jours! en attendant, prenez soin de vous!

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2 réflexions sur “premières amours: moments privilégiés en sauna libertin

  1. Bonjour,

    Je lis parfois vos textes en « sous-marin » et la plupart avec beaucoup de plaisir !
    Celui ci, même si son écriture est moins travaillée qu’à votre habitude, me touche particulièrement dans son appel à « vivre le moment présent »
    Pour lui faire écho, je vous livre l’extrait d’un message adressée à une amie il y a peu (elle me pardonnera ; elle pardonne beaucoup !)
    Merci à vous
    Je vous souhaite beaucoup de moments d’éternité.

    Un idiot_ordinaire

     » … et pour apporter un peu de légèreté et sans que cela soit déconnecté, je veux vous rapporter un peu de mon déjeuner de vendredi avec une amie que je remerciais à nouveau (je le lui avais déjà écrit) d’avoir accueilli « la caresse la plus lente de mon existence », récemment dans un hammam, au milieu d’un groupe de crocodiles d’hommes aux yeux mi-clos. Mes doigts sur sa hanche, en 20 mn, avaient caressé une surface de peau plus petite qu’une joue, avec une lenteur qui aurait été insupportable si nous n’avions pas été tous deux totalement présents à ce seul geste ; irradiant progressivement tout notre corps ; et ce moment a été plus sensuel encore que ceux qui ont suivi le départ du dernier homme et où nous nous sommes retrouvés seuls et libres de nos mouvements, (relativement, nous étions cette fois dans un hammam naturiste mais pas libertin).

    J’étais totalement dans ce geste, mon attention à la fois entière dans la pulpe de mes doigts et en même temps toute tournée vers la plus imperceptible réaction de plaisir de sa part, sans qu’une pensée ne m’égare ; et je sais (non pas intellectuellement mais parce que je l’ai goûté) qu’elle y était aussi, … et ses yeux embués et souriants me redisaient la même chose vendredi.

    Un petit moment d’éternité. »

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