la femme et son gynéco: complexités relationnelles

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la mixité est-elle bonne dans tous les métiers?

il y a quelques semaines j’ai fait ma visite de contrôle annuelle chez un gynéco->. en ce moment je cherche un nouveau médecin parce que l’ancien ne me convenait pas. donc nouveau gynéco->, me voilà dans la pièce avec lui, il me laisse seule pour me déshabiller, revient, m’ausculte, me demande de dénuder mes seins pour le palpé en prévention du cancer du sein… j’étais en robe (j’aime bien ne pas avoir à me déshabiller/rhabiller avec des fringues compliquées, donc…) seul moyen de libérer les seins, l’enlever totalement… et là… le mec retient son souffle!

vous savez, ce « haaaa! » aspiré?

pour vous dresser le tableau, il a une cinquantaine d’années, des cheveux blancs, il est pas mal mais je le trouve d’une mollesse de caractère qui me coupe ne serait-ce que l’idée d’en faire autre chose qu’un soignant qui ne me touchera jamais que pour des raisons médicales.

sur l’instant je l’ai très mal vécu. ce mec est médecin, ce n’est pas la première fois (je l’espère pour lui) qu’il voit une femme nue, ce ne sera pas la dernière, il est gynéco de surcroît, il a à mes yeux un DEVOIR de distance envers ses patientes ! ça m’a fichue en rogne!

la visite se termine, et je rentre chez moi avec l’impression d’avoir servi de toboggan à une armée de limaces.

colère, frustration, sentiment d’impuissance, envie d’y retourner pour lui dire ma façon de penser, petite vengeance intérieure en me répétant en boucle dans ma tête « mon vieux ce que tu as vu, tu ne le toucheras jamais que dans tes rêves! », bref, des tas de choses me sont passées par la tête…

puis les choses se sont décantées d’un coup alors que je relisais une nouvelle que j’ai écrite il y a des années sur une histoire entre un médecin et une de ses patientes: le médecin tombe amoureux d’elle pendant qu’il l’ausculte, alors qu’elle est à moitié nue, allongée sur sa table de soin. tous les sentiments que j’avais ressentis, que je ressentais, étaient là, vécus par mon héroïne: choc quand elle comprend l’intérêt personnel du médecin, sentiment d’invasion de sa phère privée, viol psychologique, disons-le tout net. mais en plus, elle s’est sentie flattée,  et l’histoire se termine plutôt bien.

ça m’a calmée. d’accord dans les faits il ne me plait pas. mais les choses auraient pu être différentes, et la même situation aurait pu générer en moi moins de sentiments négatifs, du moins quelque chose de l’ordre de l’excusable à son bénéfice. quoi qu’il en soit, ce n’est qu’un homme, n’est-ce pas? et si je continue à bien suivre le déroulement de l’histoire, il semblerait que je suis une femme plutôt désirable. je ne vais pas m’en plaindre.

il est, d’après ce que j’en ai vu, le portrait même de ces mecs lâches qui font médecine et gynécologie pour voir impunément des femmes à poil et se rincer l’œil lors d’une visite pour elles obligatoire. il est le genre de médecins à cause desquels je pense que les mecs ne devraient pas faire gynéco. et j’ai découvert il y a peu que ce n’est pas QUE mon avis:

dans la société actuelle, on nous répète en boucle que tous les métiers sont accessibles à tout le monde. un homme peut être gynéco, et ils ne se gênent pas pour nous le rabâcher. mais si la cause machiste a repris à son compte les métiers traditionnellement féminins, elle s’est bien gardée de partager au profit des femmes les métiers traditionnellement masculins: les femmes sont toujours sous-payées, et exclues des métiers de direction, pendant que les hommes ne se gênent pas pour être sages-femmes (oui, il n’y a pas de masculin à ce nom de métier, et si vous pensez que ça ne veut pas dire qu’il est réservé aux femmes, vous vous mettez le doigt dans l’oeil), pour être gynécos, et venir vous dire à vous, femme, comment votre corps de femme devrait fonctionner.

on va faire court, et aller droit au but: votre corps de femme doit être au service de l’homme, lui faire des enfants, et lui donner du plaisir. c’est ainsi que mon gynéco précédent a insisté lourdement pour que je prenne la pilule, et que je fasse des enfants. genre c’est son rôle de choisir à ma place mon moyen de contraception, et c’est son rôle aussi de choisir à ma place si je dois avoir des enfants.

vous me prenez pour une folle? vous me pensez en pleine crise revencharde contre le machisme?
j’ai découvert il y a peu un article qui explique que mon sentiment est partagé, de façon ancienne et traditionnelle par beaucoup de sociétés sur des continents différents.
http://quinta-essentia.over-blog.org/article-pourquoi-des-stages-reserves-uniquement-aux-femmes-118024058.html

comme quoi je ne suis pas en crise. ce sont les machistes qui cherchent la merde… comme quoi je ne suis pas folle quand je dis que je n’aurai plus que des gynéco+ (des femmes).

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