êtes-vous une nymphomane, ou un satyre?

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l’obsession sexuelle ou l’hypersexualité ou encore la sexualité compulsive est un comportement sexuel humain de recherche perpétuelle du plaisir. la question qui nous occupe est: quelle est la différence entre une personne qui a de gros besoins sexuels, une grosse libido, tout en ayant une sexualité saine et une personne hypersexuelle, ou nymphomane (femmes), ou satyre (homme)?

un comportement psychologique anormal (hors de la norme) ne devient un trouble psychologique que lorsque ce comportement empêche celui qui en est victime de mener une vie sociale acceptable. que ce soit lui ou les autres qui tirent la sonnette d’alarme ne change rien au problème: à partir du moment où la réaction des autres devient un sujet de crainte (emprisonnement pour outrage à la pudeur, ou en hôpital psychiatrique pour attentat à la pudeur, nous serons d’accord pour dire que ni la société ni celui qui en est victime ne peuvent se considérer comme satisfaits du déroulement des événements).

comment faire la différence puisque comme pour pas mal de choses touchant à la psychologie, aucune frontière nette n’est tracée? devez-vous vous inquiéter de voir le sexe prendre tant d’importance dans votre vie?

d’abord déculpabilisons: l’homme est un animal, et quand on observe les animaux – juste pour avoir un point de comparaison – on se rend rapidement compte qu’on est loin d’être les pires. dans certaines espèces la lutte pour la reproduction occupe quasiment toute l’existence de l’individu, et tout ce qu’il entreprend ne tourne qu’autour de l’acte sexuel, il y sacrifiera tout, y compris sa vie ou celle de ses congénères. alors relativisons. notre société a décidé quelque part lors de la prise de pouvoir des religions de faire du sexe un tabou. il n’empêche que le corps étant ce qu’il est, nos besoins sexuels sont normaux et commandés par notre nature animale. qu’on parvienne à la museler ou pas ne change rien à la normalité du fait.

quand faut-il s’inquiéter? il faut commencer à se poser des questions quand vous n’arrivez plus à vivre à votre convenance. quand la recherche de partenaires sexuels occupe tout votre temps libre alors que vous aimeriez vous focaliser sur d’autres loisirs, quand votre vie sexuelle devient dangereuse pour votre santé (prise de risques soit avec votre sécurité – vous rencontrez dans des lieux glauques et dangereux, ou vous pratiquez du BDSM hard potentiellement dangereux pour votre vie – soit avec votre santé – pas de préservatifs, partenaires à risques, pratiques risquées).

pour mieux comprendre on va faire simple et comparer avec une chose non concernée par un tabou social : la nourriture.
à partir de quel moment avons-nous des comportements alimentaires déviants? ce n’est pas quand nous mangeons beaucoup car nombre de gens ont des besoins alimentaires hors norme (hyperthyroïdie, métabolisme rapide, activité sportive intensive, sous-alimentation précédente peuvent expliquer qu’une personne mange énormément plus que la normale sans qu’on puisse considérer qu’elle est dans l’abus). inversement, ce n’est pas quand une personne mange peu (hypothyroïdie, métabolisme lent, sédentarité, facilité d’accès à une nourriture très riche peuvent expliquer qu’une personne mange peu sans mettre en danger sa santé).
par contre, se faire vomir pour pouvoir remanger, manger sans s’arrêter alors qu’on est plein comme un oeuf, se priver de nourriture au point que le corps n’arrive même plus à digérer le peu qu’on lui donne, tout cela est anormal. et tout cela est transposable au sexe.

on peut être gourmand de sexe comme on peut avoir un métabolisme rapide qui a besoin de plus d’énergie pour fonctionner normalement. on peut être peu gourmand de sexe comme on peut avoir un métabolisme lent qui a besoin de peu d’énergie pour fonctionner normalement.

certains événements peuvent expliquer un rythme sexuel plus soutenu, comme le printemps qui fait bourgeonner pas seulement les arbres et ne titille pas que les autres animaux. la fréquentation d’autres personnes très portées sur le sexe, le fait d’avoir manqué de sexe pendant une longue période, la pratique d’activités physiques intenses, la prise de certains médicaments, de certaines drogues, l’exposition à des stimuli (rencontre de personnes attractives, fréquentation de lieux portés sur le sexe, etc.) augmentent la libido. tout ceci peut se comparer à une personne qui a un métabolisme normal, mais qui pratique une activité physique si intense que cela décuple ses besoins alimentaires. on reste cependant dans la norme.

inversement certains événements peuvent expliquer une chute de libido: maladie, deuil, stress, vieillesse, période d’activité sexuelle trop intense (trop plein), perte de confiance en soi ou en son partenaire, perte de confiance en l’avenir, etc. peuvent expliquer que notre libido se mette en berne. cela peut se comparer à une personne avec un métabolisme normal qui a une vie sédentaire, et donc des besoins alimentaires réduits.

ce qui n’est pas normal: faire l’amour au point de se faire mal (le pénis irrité, qui saigne, le clitoris et/ou le vagin irrités qui saignent) sans arriver à s’arrêter, sans se sentir contenté. sacrifier sa vie, sa famille, son travail pour rechercher des partenaires sexuels, ou consacrer son temps au sexe. être prêt à faire l’amour dans toutes les conditions (sans capote, dans des positions, circonstances, lieux, ou avec des partenaires qui nous déplaisent, mais qu’on accepte tout de même de peur de perdre une occasion de pratiquer le sexe). tout ça s’apparente à des pratiques de boulimie, et dans ce cas on peut parler d’hypersexualité, de nymphomanie, ou de satyrisme.

refuser de faire l’amour alors qu’on en a envie, besoin, parce qu’on a peur du sexe, de tomber amoureux – oui vous avez raison, l’attachement physique entraîne très souvent un attachement sentimental même chez les vieux libertins – d’attraper des maladies, de tomber enceinte, etc. tout cela s’apparente à des pratiques d’anorexie. (bien entendu dans ce monde de fou il n’y a aucun mot pour désigner ce fait… ah si, pour les femmes on dit qu’elle est frigide.)

en d’autres termes; ce n’est pas parce que vous faites l’amour 4 fois par jour régulièrement, que vous avez vos partenaires réguliers, votre carnet noir avec des centaines de numéros de téléphones d’anciens partenaires, vos techniques de conquête de nouveaux partenaires, votre garçonnière, votre portefeuille bourré de capotes, vos habitudes sexuelles (les lundi, mercredi et vendredi soirs c’est soirée en club libertin), et une libido en tungstène que ça veut dire que vous avez un problème. bien au contraire. tout ceci prouve que vous maîtrisez votre libido, que vous savez la contenter, et que vous savez exactement quoi faire et comment faire pour être bien.

vous avez un problème quand vous vous dites que vous n’avez pas besoin de sexe et que la seconde d’après on vous retrouve à quatre pattes dans un buisson en train de vous faire tringler par un(e) inconnu(e). ça c’est du dérapage. ça c’est problématique. ça c’est symptomatique d’un souci.

quelle est la différence? dites-vous. la différence est simple. dans un cas on a affaire à une personne lucide sur ses besoins, et capable de s’organiser en conséquence, dans l’autre on a affaire à une personne borderline. une image pour comprendre? imaginons que les deux candidats doivent traverser un désert. l’un dira: « je vais acheter un âne pour tirer la carriole d’eau (= la garçonnière), je vais acheter 5 fûts  (= le carnet noir), et un sachet de sel pour limiter mes pertes en eau (= les capotes), et je remplirai les fûts d’une eau riche en minéraux (= choix des partenaires) ». l’autre vous dira: « je n’ai pas besoin d’eau, je peux traverser le désert sans rien, même si je dois marcher pendant 10 jours ». et évidemment vous retrouverez le second à quatre pattes devant la première mare croupie qu’il trouvera, il la boira bien entendu, et cela le rendra malade (dans le meilleur des cas).

une personne saine organise sa vie en fonction de ses besoins, et maîtrise ses besoins (air, eau, nourriture, sécurité, sexe, vie sociale). une personne malsaine ne saura pas comment faire, et fera n’importe quoi. voilà la différence.

si même après la lecture de cet article vous avez des doutes, allez voir un psy. un professionnel saura vous renseigner, vous rassurer, et au besoin vous aider.
prenez soin de vous!

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2 réflexions sur “êtes-vous une nymphomane, ou un satyre?

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