éjaculation précoce, or not?

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je vous peins le décor: après de longs chats où je l’avais averti qu’en général mes amants jouissaient TRES vite lors de notre première rencontre, mon nouvel amant lors de cette rencontre jouit en 5 min. il me fait tout un cinéma (ah oui, là, j’appelle ça du cinéma, quand on se tient la tête en râlant, qu’on marmonne pendant dix minutes en se traitant de tous les noms, ça va bien deux minutes…)

question aux hommes : non mais vous avez conscience, ou pas, que le temps de jouissance programmé par les gènes chez l’homme est de 5 min? j’ai l’impression que vous n’en avez pas conscience vu que je dois vous faire la leçon A CHAQUE FOIS!

récapitulons:

(http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89jaculation_pr%C3%A9coce

[l’éjaculation précoce] … a été définie en 2008 par la Société Internationale de Médecine Sexuelle par l’association de trois critères :

  • Délai entre l’intromission du pénis et l’éjaculation inférieure à une minute ;
  • Impossibilité de retarder l’éjaculation ;
  • Sentiment d’insatisfaction ou de frustration de l’un des deux partenaires,

[s’agissant de l’ensemble de la population] 75 % des hommes interrogés par le rapport Kinsey (1948) disent éjaculer en moins de deux minutes après la pénétration.

  • )

j’ajouterai à ceci que même si je ne considère pas qu’un tel fonctionnement soit souhaitable, il est évident qu’il est normal, surtout lorsque l’homme est inexpérimenté, ou quand il rencontre une nouvelle partenaire. bien sûr ce n’est pas automatique, mais bon, 75% ce n’est pas négligeable non plus.

ayant fait un nombre assez conséquent de rencontres, je confirme, à la hausse même, ce constat: d’après moi 90% des hommes jouissent en moins de deux minutes quand ils rencontrent une nouvelle partenaire.

ce qui me fait penser que je devrais rendre obligatoire dans mon questionnaire de rencontre cette question :  cher ami, quand tu jouis, remets-tu le couvert ensuite?

parce que ça ne me gêne pas que l’homme jouisse avant moi, mais ça me gêne beaucoup qu’il me laisse ensuite en plan.

n’en restons pas là, parce que j’entends grincer vos dents, chers amis les hommes!

si le programme génétique prévoit une jouissance rapide, il est tout à fait possible de s’EDUQUER! on APPREND à jouir moins vite, on se contrôle. la méthode d’apprentissage consiste en gros à se masturber en s’interdisant de jouir pendant un temps déterminé (par exemple 30 minutes) et en apprenant à reconnaître dans son corps les SIGNES avant-coureurs de l’éjaculation, pour s’arrêter à temps, contrôler sa jouissance.

on apprend à prendre du plaisir dans la masturbation, et non plus UNIQUEMENT dans l’éjaculation. parce qu’il y a bien plus de plaisir dans la masturbation que dans l’éjaculation seule!

  • Éviter de contracter la musculature pelvienne et les adducteurs des cuisses, car cela précipite l’éjaculation. Il faut au contraire se relâcher comme lors de lamiction, et apprendre progressivement à anticiper le réflexe éjaculatoire.
  • Effectuer quotidiennement des séries de musculation de la zone du périnée permettent progressivement de prendre conscience de l’existence de ces muscles et de découvrir des façons de les utiliser, en particulier les effets sur l’excitation des contractions ou des décontractions.
  • Apprendre à repérer les sensations qui annoncent l’imminence de l’éjaculation afin de ne plus se laisser surprendre par son éjaculation.
  • Aborder des techniques de relaxation, comme la sophrologie, ont ici tout leur intérêt et peuvent permettre à l’homme de mieux habiter son corps et d’accroître sa capacité de repérer le seuil éjaculatoire.
  • Effectuer des séances de masturbation pendant lesquelles les individus s’astreignent à ne pas éjaculer avant un certain temps. Cela permet d’apprendre à séparer excitation et éjaculation.
  • Aborder la masturbation autrement : d’ordinaire, l’homme cherche dans la masturbation le soulagement par l’éjaculation, d’une certaine tension sexuelle. Malheureusement, il acquiert ainsi un automatisme d’excitation rapide qui l’amène vers une éjaculation plus rapide. Pour contrer cela, il faut apprendre à savourer toute la masturbation, à prendre plaisir à une érection et à une excitation qui durent, à mieux repérer ses niveaux d’excitation sexuelle.

(wiki)

en s’entraînant seul, on apprend à se contrôler à deux, à s’arrêter à temps. inutile de faire signe à sa partenaire, il est tout à fait possible de se contrôler seul (il est vrai que l’article de wiki concerne des éjaculateurs précoces, donc des hommes qui ont vraiment du mal, et qui ont sans doute besoin d’être plus cadrés).

bon, continuons sur la piste du « j’enfonce les portes ouvertes », car comme me l’a si souvent répété un homme bien sage, cela va sans dire, mais ça va toujours beaucoup mieux en le disant:

http://sante.planet.fr/pratiques-sexuelles-sexualite-etes-vous-normal-e.1482.80.html

Côté femmes : la durée de l’acte n’est pas limitée. Elles peuvent parvenir à l’orgasme de très nombreuses fois d’affilée.

Côté hommes : la longueur du rapport est soumise à la survenue de l’éjaculation. Mais bonne nouvelle : elle est plus longue à venir dès la cinquantaine !

super… ça c’est encourageant… soyez patientes mesdames, si vous n’êtes pas mortes avant, vous prendrez votre pied à 50 piges!

Côté femmes : la fréquence des rapports sexuels se situe en moyenne entre 7,3 et 8,7 par mois. A noter : depuis le début des années 70, elle est en constante augmentation dès l’approche la cinquantaine.

Côté hommes : les chiffres sont sensiblement les mêmes que chez leurs compagnes puisqu’ils ont en moyenne entre 7,2 et 8,7 rapports par mois (en fonction de leur âge). Seule différence : leurs moyennes sont stables depuis des décennies !

Côté femmes : la gent féminine peut avoir des orgasmes à répétition: Elle peut jouir… quatre fois en moyenne, et beaucoup plus selon la qualité du plaisir.

Côté hommes : la gent masculine remet le couvert en moyenne… zéro fois ! Seul l’homme très jeune (20 ans) peut réitérer l’acte à condition d’être très stimulé, une fois, voire deux fois dans des conditions exceptionnelles… Mais cette fougue ne dure pas.

ça aussi c’est rassurant…

Côté femmes : 28 % des 18-24 ans et 25 à 27 % des 40-59 ans considèrent qu’on peut avoir des rapports sexuels avec quelqu’un sans l’aimer. Et parmi les plus jeunes, seules 20 % ont leur premier rapport sexuel avec celui qui deviendra leur conjoint…

Côté hommes : près de 60 % des 18-24 ans estiment qu’on peut avoir des relations physiques sans amour, et 46 à 49 % des 40-59 ans. Seulement 6 % des plus jeunes ont vécu en couple avec leur première partenaire…

Côté hommes comme côté femmes : l’Inserm comptabilise 12 rapports par mois quand la rencontre date de moins de six mois… Leur nombre chute à 8 par mois lorsqu’on se connaît depuis plus de cinq ans…

ok, alors moi avec mes 12 rapports par week-end à l’époque où je ne pouvais voir mon mari que le week-end je les pulvérise vos stats, là… et pour les 8 par mois, franchement, je vais faire gaffe… je vais compter pendant les deux mois qui viennent, parce que je me demande, du coup…

Côté femme : 60 % déclarent s’adonner à l’onanisme. Surprise : les plus jeunes, bien que mieux informées, sont aussi les moins concernées. Seule une femme sur deux entre 18 et 24 ans déclare s’être déjà masturbée. Cette tendance s’inverse avec l’âge. Deux tiers des 25-49 ans s’y adonnent régulièrement. En bref : une femme sur cinq dit avoir pratiqué fréquemment l’onanisme au cours des 12 derniers mois.

franchement mesdames, après ça faut pas s’étonner que la machine soit rouillée et que vous deveniez une peine à jouir…

Côté hommes : pas de scoop ! Plus de 90 % d’entre eux disent l’avoir déjà pratiquée. Elle est expérimentée tôt par la gent masculine, de manière à peu près universelle et récurrente, toutes générations confondues.

Côté femmes : selon l’Inserm, 28,9 % des femmes déclarent avoir des difficultés à atteindre l’orgasme, quel que soit leur âge – soit plus d’une sur quatre !

et voilà, qu’est-ce que je disais?

Côté hommes : toujours d’après l’Inserm, 2,5 % d’entre eux déclarent avoir fréquemment des difficultés d’érection, et 14,3 % avouent y être confrontés parfois – cette situation augmentant fortement après 50 ans. A noter : dans la grande majorité des cas, ces difficultés ne semblent pas vécues comme une gêne dans la sexualité.

ben non ça ne les gêne pas… c’est elle que ça gêne!

Côté femmes : il y a 15 ans, seules 24 % d’entre elles disaient avoir tenté la pénétration anale contre… 37 % en 2006 ! Plus de 80 % d’entre elles déclarent aussi avoir testé la sexualité orale.

Côté hommes : ils étaient 30 % au début des années 90 à avoir essayé la sodomie. En 2006, ils sont 45 %. Ils sont aussi 85 % à pratiquer la sexualité orale – régulièrement.
A noter : la sodomie reste une pratique occasionnelle, ce n’est pas une composante ordinaire de la sexualité des Français. Entre 25 et 49 ans, les femmes sont 12 % à dire la pratiquer souvent ou parfois, et seuls 15 à 18 % des hommes la pratiquent régulièrement.

Côté femmes : seulement 2,8 % ont déclaré à l’Inserm avoir eu au moins un partenaire sexuel autre que leur conjoint.

Côté hommes : ils ne sont que 5,3 % à ne pas pouvoir tenir leur langue ! A noter : ils sont également 4,5 % entre 25 et 49 ans (contre 2,5 % de leurs compagnes) à déclarer avoir fréquenté des lieux échangistes au moins une fois.

Gérard Leleu, sexologue, est plus explicite : « D’après mon expérience, l’infidélité touche facilement 60 % des couples au moins une fois dans leur vie ! ».

Côté femmes : pas de prostitution consommée.

Côté hommes, donc : après 50 ans, plus d’un homme sur quatre a payé au moins un rapport sexuel dans sa vie. Selon l’enquête Inserm 1992, 3,3 % des hommes avaient eu un rapport sexuel avec une prostituée au cours des cinq dernières années. C’est encore le cas de 3,1 % d’entre eux en 2006. Les hommes entre 20 et 34 ans représentent toujours la plus forte clientèle. A noter : on constate d’importantes variations géographiques. Seuls 4 % d’hommes demeurant dans des communes de moins de 5 000 habitants ont eu recours à ces pratiques, contre 11,6 % dans l’agglomération.

Côté femmes : si la baisse de désir peut se faire sentir très vite, la libido peut aussi remonter en flèche dès la cinquantaine. Avec le bouleversement hormonal et l’augmentation de la testostérone, elles ont souvent plus envie ! « J’ai des patientes de 80 ans qui ont des orgasmes et qui en redemandent ! », explique Gérard Leleu, sexologue.

Côté hommes : très jeunes, ils sont plus ardents, mais leur vigueur se calme avec les années. « Dès la cinquantaine, ils sont souvent plus paresseux que leurs compagnes, moins créatifs… », conclue notre médecin.

je sens que je vais m’amuser à 80 ans, moi…

bref, concluons,

que ceux qui m’ont jeté la pierre quand j’ai annoncé ma rencontre avec un homme de 18 ans la ramassent et se tapent la tête dessus! allez! on s’active! quand on a lu ça, on comprend que c’est pas la peine de couper le cheveu en quatre: si on aime le sexe, on ne PEUT PAS se lancer dans l’aventure avec un homme de plus de 50 ans, ça ne sert à rien. je ne dis pas qu’il n’y a pas d’exception, mais je préfère ne pas compter sur la chance. je SAIS qu’un homme jeune peut me donner ce dont j’ai besoin. je SAIS qu’un homme vieux aura du mal. je ne cherche pas à reformer un autre couple, donc les autres choses qui pourraient contre-balancer mon jugement n’ont rien à faire ici. je n’exclue pas la possibilité de tomber amoureuse d’un homme plus âgé que moi, mais je vous avoue que ceux avec lesquels j’ai discuté jusque là sont TRÈS loin d’emporter la palme de la bonne compagnie. et comme en plus j’ai tendance à ne pas excuser la stupidité quand elle vient d’un plus vieux que moi… chers amis de plus de 50 ans, je suis navrée hein, je viens de vous charger la charrette quelque chose de grave… mais bon, il en faut pour tous les goûts!

quoi qu’il en soit, si vous avez une rencontre qui se profile à l’horizon, en plus de l’entraînement que j’ai donné en début d’article, deux solutions s’offrent à vous:

  1. vous ne sortez pas avec la carabine chargée (ceux qui ont vu « mary à tout prix » m’ont comprise); au petit matin de votre rendez-vous, ou quelques heures avant, vous allez vous masturber afin d’arriver les valises légères, et prêt à un effort de longue haleine!
  2. vous ne faites rien, parce que vous savez que vous vous « rechargez » rapidement.

(* les amants, film de L Malle)

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5 réflexions sur “éjaculation précoce, or not?

  1.  » je vous avoue que ceux avec lesquels j’ai discuté jusque là sont TRÈS loin d’emporter la palme de la bonne compagnie. »
    Ah quelle déception, elle m’a déjà oublié 🙂

     » j’ai tendance à ne pas excuser la stupidité quand elle vient d’un plus vieux que moi  »
    Bon la je peux pas dire grand chose, moi même avec les plus jeunes j’ai déjà vachement de mal…

    « si on aime le sexe, on ne PEUT PAS se lancer dans l’aventure avec un homme de plus de 50 ans, ça ne sert à rien »
    pfuitt, même pas mal !
    et d’abord il s’en fout l’homme de 50 ans et na !

    • lol… tu as bien raison.
      depuis le début de ma quête (mon dieu, je ne savais même pas que je me lançais dans une quête à l’époque!) j’ai changé un nombre incalculable de fois d’optique, de « proie », d’attentes, d’envies.
      pour de la sexualité pure, je confirme, je persiste et signe: un homme de 18 à 30 ans maxi donnera la meilleure prestation pour une femme gourmande.
      s’il faut ajouter une dimension tantrique, c’est différent. simplement parce qu’un homme jeune manque souvent de maîtrise, et que le tantra exploite toute la colonne de chakras, pas seulement les deux premiers.

      je me suis rendue compte de ça assez récemment, en fait. que pour le tantra l’âge (sous-entendu la capacité à fournir une prestation sexuelle pure et dure, pénétration, copulation, jouissance) a moins d’importance pour moi, et le ressenti, l’échange, beaucoup plus.

      les idées sont là jetées avec un peu de grossièreté. je n’y ai pas encore pensé calmement moi-même, mes expériences sont assez récentes. quand ça sera calmé, que les choses auront décanté, j’en parlerai plus en détails.

  2. Marrant, j’ai laissé ça surtout comme une joke (et parce que j’ai passé les 50 ans il y a quelques mois 🙂 ) et je ne pensais pas que tu répondrais au delà d’un smiley 🙂
    En fait, de mon expérience et de ma réflexion, je pense qu’il y a beaucoup de vrai dans ce que tu dis même si c’est un peu caricatural.
    mais sur : « pour de la sexualité pure, je confirme, je persiste et signe: un homme de 18 à 30 ans maxi donnera la meilleure prestation pour une femme gourmande. » je suis parfaitement d’accord, c’est au moins le cas le plus fréquent même si il doit y avoir des exceptions.

    L’inverse est peut-être moins systématique, il y a je pense des natures (masculines) douces et qui sont spontanément portées à une approche plus spirituelle du rapport physique (je trouve que le terme de sexe est un peu restrictif dans ce cadre, au moins dans l’acceptation courante du sens de ce mot, ce n’est pas forcement le cas pour toi) et qui sont donc dans un rapport « tantrique » à la femme, au moins dans l’esprit si ce n’est dans la lettre. Mais c’est quelque chose qui nécessite du temps pour murir, c’est plutôt mon approche naturelle et je le vois comme ça aujourd’hui mais il a fallu du temps pour que ça se concrétise dans mes rapports physiques aux femmes. De l’age ou s’éveille les premiers désirs jusqu’à en gros une trentaine d’années j’ai eu extrêmement peu d’expériences sexuelles et toutes décevantes et j’étais totalement convaincu d’avoir un problème profond avec le sexe et que je n’y trouverais jamais l’épanouissement, ou même simplement le plaisir dont tout le monde parle…

    J’avais finalement fait mon deuil de cette question (et c’est peut être d’avoir laissé tomber la recherche d’une « normalité » sur le sujet qui m’a permis de trouver quelque chose de différent) jusqu’au moment ou j’ai eu la chance de rencontrer une partenaire capable d’une telle approche spontanée et nous avons vécu (contre toute attente) une entente exceptionnelle sur le plan physique (et 6 ans de vie commune). Je dis contre toute attente parce qu’il s’agissait d’une amie de déjà longue date et dont les gouts en matière d’homme sont on ne peut plus opposé à ce que je suis sur un plan physique en tout cas. Personne n’aurait à l’époque misé sur la possibilité d’une entente amoureuse entre nous, de fait à l’époque personne ne l’a fait 🙂
    Et je pense que ça a pu exister si immédiatement justement du fait qu’elle n’attendais pas « une prestation sexuelle pure et dure, pénétration, copulation, jouissance ». ça a été une découverte pour moi et j’ai naturellement pensé que le sexe dont tout le monde parlait c’était ça et que j’étais du coup rentré dans la normalité…

    Je me suis assez vite rendu compte par la suite que ce n’était pas vraiment le cas et je suis à nouveau rentré dans une longue période d’abstinence après une ou deux expériences on ne peut plus décevantes mais sans me poser plus de questions, et sans frustration au final, les plaisirs solitaires sont pour moi parfaitement adapté au « soulagement » de la tension sexuelle que je vie comme tout un chacun. Enfin sans frustration sexuelle en fait, c’est curieusement beaucoup plus une frustration d’ordre affectif, aujourd’hui tout particulièrement il est quasi impossible de faire connaissance avec quelqu’un du sexe opposé, de faire connaissance et d’entamer une potentielle relation un peu riche sans passer d’abord par la case plumard, et sérieusement ça me gonfle d’être obligé de coucher pour avoir le droit de connaitre un tant soit peu une femme (si si, c’est bien un homme qui dit ça…)

    Fort heureusement tu es suffisamment libertine pour qu’on ai échappé à ça 🙂 encore une fois totalement à l’encontre des idées reçues, mais c’est quand même un peu surréaliste (et c’est un constat terriblement triste en fait) quand on met ça en face des critères sociaux-culturels de référence en vigueur dans notre si belle civilisation occidentale…

    Pour reprendre mon fil précédent, c’est en fait quand tu as commencé à narrer tes expériences tantriques que j’ai compris que ce que j’appelais et concevais moi comme du sexe « à l’état naturel » était en fait une expérience pas si commune que ça, et que tu le découvres après un déjà long parcours d’expérience libertine m’a d’ailleurs assez sidéré je dois dire…

    Et c’est marrant comme de mon coté il y a eu (et c’est encore en chemin) un parcours de compréhension quasiment « en sens inverse ». Ce que j’appelais « le sexe récréatif » et que toi tu nommes plus exactement « de la sexualité pure » a longtemps été pour moi quelque chose de totalement incompréhensible, non pas sur un plan moral (c’est une approche qui m’est étrangère) mais simplement parce que c’est un gout que je n’ai pas et je trouvais ça complètement bizarre… (incroyable le temps qu’il faut pour se rendre compte que notre propre manière de penser ou de faire et qui nous semble donc être une évidence n’est pas la forcement manière commune…)
    En fait quand j’ai découvert ton blog je ne comprenais absolument pas comment tu arrivais à associer ta manière de penser et de voir les choses que je comprends si bien avec cette approche de la sexualité qui m’est si étrangère, Alors qu’aujourd’hui maturité et réflexion aidant je comprends beaucoup mieux cette approche et si je ne vais pas dans le sens d’une pratique libertine c’est simplement parce qu’effectivement à mon age l’intérêt pour cette « manière » s’est émoussée, et que c’est quelque chose qui demande un temps et une disponibilité dont je ne dispose pas. Mais je crois que si j’avais eu à 20 ans (ou 30) cette conscience de ce que peut être une pratique saine de la « sexualité pure » j’aurais probablement eu un parcours libertin similaire au tien et probablement tout aussi riches de satisfactions et de déceptions mêlées (je parle de « pratique saine » au sens ou la réalité du monde libertin est visiblement assez éloignée de la conception que tu en as, qui pourtant me parait être bien plus normale que celle de la norme… j’imagine que tu avais compris)

    Il y a d’ailleurs très probablement un lien direct de tout ça avec nos réalités physiologiques, l’age de la capacité à procréer et l’énergie propre à la jeunesse nous pousse plutôt vers une exultation du corps et nous engage vers une sexualité pure (c’est aussi l’age de la danse et de la fête par exemple) , l’age de la maturité est l’age ou cette pression s’estompe et ou l’on se trouve souvent dans une « quête de soi » et favorise certainement l’arrivée d’une composante spirituelle plus grande dans nos vies et donc naturellement dans le rapport physique.
    Mais attention à ne pas caricaturer ma pensée, je suis totalement convaincu que ces 2 formes de rapports physiques ne s’excluent pas l’un l’autre et peuvent exister à tout age mais qu’il y a simplement des inclinations naturelles selon les ages (sans mais jeu de mot sur « inclination », dommage, ce serait drôle !!), par exemple je suis convaincu qu’une femme « gourmande » comme tu te décrit ne pourrait pas se satisfaire d’une sexualité exclusivement tantrique (et à priori un homme non plus d’ailleurs)

    Le temps me manque pour développer les liens avec ton dernier billet sur nos « croyances scientifiques » et/ou l’intérêt des questionnements philosophiques ou spirituels, l’absurdité de la scission corps/esprit, les différences naturelles entre hommes et femmes sur le plan de la sensibilité rapport au physique au sens large

    mais je suis très profondément persuadé que la conjonction de notre héritage judéo-chrétien et de notre cartésianisme scientifique est en totale opposition avec les réalités de la nature humaine et que la quasi totalité de nos repères socioculturels occidentaux ne font que contraindre les rapports interpersonnels (et plus généralement presque tous les aspects de notre société moderne) à prendre des formes aberrantes et perverses. ça m’évoque une (autre) citation si terriblement exacte sur laquelle je suis également tombé ces derniers jours et qui dit « Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade. » …
    La grande avance qu’ont les approches orientales sur les nôtres (mais je ne dis pas pour autant qu’ils ont toutes les réponses) c’est qu’ils savent se satisfaire d’une approche qui fonctionne sans se préoccuper un seul instant qu’elle soit ou pas un reflet exact d’une réalité sensément totalement connaissable et explicable par la preuve scientifique…
    J’ai longtemps été gêné par les aspects mystiques de ces approches, et encore plus par la religiosité quelle qu’elle soit qui environne habituellement la notion de spiritualité, mais je me suis débarrassé ces dernières années de ces réticences.
    Je suis par exemple parfaitement d’accord avec ton discours tantrique et le « modèle » des chakras parce que je trouve qu’il explique et exprime parfaitement bien la réalité de nos ressentis et de la réalité humaine, et que ça nous permet de parler du sujet sans avoir besoin d’une « description scientifique » de ce dont on parle.
    Pour autant je ne crois pas forcement que ce soit « la réalité telle qu’elle est » et d’une certaine façon je peux dire « je ne crois pas aux chakras » sans pour autant nier nos réalités spirituelles.
    Le fondement de l’absurdité de notre « doctrine scientifique » tient à ce « ce que je ne peux pas expliquer et démontrer scientifiquement n’existe pas »… Plus con j’ai pas encore trouvé…

    Et je me rends compte avec le temps et mes diverses lectures et/ou réflexions personnelles que différents « systèmes de pensée » ou de discours, dont beaucoup d’approches orientales différentes rendent compte de ça, entre autres le taoïsme, le bouddhisme zen japonais ou le shintoïsme de la même ile, ou le subtil mélange des deux si évident dans cette région du globe et si opaque vu de chez nous (une des clés est peut être d’ailleurs dans la non exclusion des anciens concepts par les nouveaux, la sagesse ancestrale qui ne disparait pas mais qui s’enrichit de l’apport continuel du présent, vivent les syncrétismes 🙂 ).
    Traditions orientales mais pas que, je suis « intuitivement » persuadé que bien des cultures africaines, sud-américaines ou océaniques que l’on méconnait, voire que l’on méprise du haut de notre supposée supériorité culturelle européenne ont su préserver la sagesse de leurs traditions animistes et gardent un rapport tant au spirituel qu’au naturel bien plus intelligent et respectueux que le notre… je passe sans faire de commentaires sur l’américanisme sans histoire et de fait sans autre tradition historique que l’individualisme armé d’un farwest devenu de pacotille…
    Pourtant on a su nous aussi dans le temps, du jardin d’Épicure au monisme spinoziste y’a quand même pas mal de trucs qui fonctionnent et qu’on aurait pu garder… et les seuls trucs qu’on a gardé c’est la haine du corps et la culpabilité de notre tradition judéo-chrétienne, qu’on a bien caché sous une solide couche de cartésianisme et de rationalisme réducteur, le tout finement saupoudré d’idéalisme kantien et de divagations freudiennes pour être bien sur de jamais retrouver notre route… Quand je pense que j’ai déjà parfois honte d’être un homme et qu’en plus je suis européen…
    Putain ça y est tu m’as énervé et à mon age c’est pas bon pour le cœur !!! Il est donc temps que j’arrête mes divagations 🙂

    A propos de « quête » je pense que chacun est dans la quête de soi d’un bout à l’autre de sa vie, c’est peut être même inhérent à la nature humaine et aux nécessités de la vie consciente et c’est d’une certaine façon le fondement de notre vie spirituelle, autant de choses que notre société moderne nous apprends consciencieusement à nier, je remet pas une couche.. 🙂

    Mais qu’est ce qu’il m’a donc pris un jour de m’inscrire sur un site de cul… si j’avais su

    • pour te répondre d’une façon générale, en fait, j’ai eu soit de la chance, soit du talent. je n’ai jamais été déçue dans mes rapports à long terme concernant le sexe. mes relations longues correspondent à ces « natures (masculines) douces (et) qui sont spontanément portées à une approche plus spirituelle du rapport physique ». et j’ai découvert le sexe tantrique tout à fait par hasard, dans les bras de mon mari, dès les premiers mois de notre relation. c’est d’ailleurs ainsi que j’ai compris que lui et moi nous étions faits pour fonctionner ensemble. seulement à l’époque je ne savais pas que c’était du tantra, et que nous le pratiquions régulièrement.

      j’avoue que même dans ma recherche de l’amant abonné au 5 à 7, je privilégie ces natures là.

      et mon drame personnel vient justement du fait que je ressemble à ce que je suis, une femme gourmande de sexe, et ce faisant, j’attire à moi majoritairement des hommes qui n’ont jamais réfléchi à leur sexualité, qui la pratiquent comme un exutoire, une issue pour fuir leur triste réalité. et ils qualifient cela à tort d’amour du sexe. je le qualifierais moi en dépendance. quand le sexe devient un moyen de fuir, ça devient aussi une dépendance à mes yeux.

      or je ne suis pas comme ça. on m’assimile à ça, parce que c’est la norme des gens qui pratiquent le sexe aussi souvent que moi, et dans des circonstances qui semblent analogues: la personne est en couple et baise dehors. quand je rectifie les choses, généralement on m’en veut, parce que je pointe ainsi du doigt le fait que je ne partagerai pas la culpabilité de mon amant. on m’a souvent larguée pour ça.

      les hommes cherchent aussi une complice à leurs méfaits, et beaucoup jouent avec cette culpabilité. quand les psy disent que parfois les gens font en sorte d’être découverts, c’est tout à fait vrai. j’ai rencontré et connu deux hommes qui voulaient absolument baiser sous le nez de leur compagne. soit à des horaires où elle aurait pu rentrer, soit ‘dans la pièce à côté’. la provocation invite la culpabilité à une valse sur la musique du rapport de force dans le couple. c’est malsain au possible, et beaucoup plus courant qu’on ne le croit.

      quand j’ai débuté les rencontres, c’était une envie pressante à un moment précis de ma vie. je savais que je n’étais pas de nature exclusive, et je pensais seulement satisfaire cette facette de ma personnalité. aujourd’hui quand je regarde le chemin parcouru, je me rends compte que je me suis lancée dans une quête. c’est bien plus intéressant que de se dire le contraire, en fait… que le passé ne rime à rien et qu’on ne comprend pas pourquoi on en est là.

      rassure-toi, beaucoup de mes amis, mon mari aussi, m’ont dit un jour où l’autre si j’avais su ce qui allait se passer quand je t’ai rencontrée! sous entendu ‘c’est une douleur qui fait plaisir’, et ‘j’étais à 1000 lieues d’imaginer’…

      ça me fait plaisir d’avoir de tes nouvelles. bonne année 2014! je te garde les bisous de rigueur au chaud. viens vite à la capitale qu’on puisse prendre un verre ensemble!

  3. « j’attire à moi majoritairement des hommes qui n’ont jamais réfléchi à leur sexualité, qui la pratiquent comme un exutoire, une issue pour fuir leur triste réalité. et ils qualifient cela à tort d’amour du sexe. je le qualifierais moi en dépendance. quand le sexe devient un moyen de fuir, ça devient aussi une dépendance à mes yeux. »

    il y a un lien direct entre « ne pas avoir réfléchi à sa sexualité » et le fait que le sexe se réduise de fait à un exutoire nécessaire dans ce cas et disqualifie l’amour. La question est très exactement la même que celle de l’autonomie dont nous avons longuement discuté il y a pas mal de temps. L’appétit sexuel est inhérent à l’homme (aux mammifères) et ne peut se transformer en désir « humain » au sens le plus noble que si l’esprit intervient pour transformer cet instinct purement « animal » en « puissance d’être ». Le sexe en est un exemple frappant mais c’est vrai pour tous nos appétits.
    Si tu as déjà suivi cette piste de réflexion tu as reconnu Spinoza (« le désir est l’essence de l’homme »), sinon il y a la un excellent point de départ :
    http://www.philolog.fr/le-desir-comme-puissance-detre-spinoza/

    il y a aussi chez Spinoza une définition de ce qu’est la liberté comme « le propre de l’homme qui agit selon la nécessité de sa nature », « en mettant en œuvre la puissance de son esprit, l’homme peux substituer l’actif au passif » (2 extraits des commentaires sur cette même page). Le déterminisme Spinoziste n’est pas un fatalisme, le concept est à rapprocher du « deviens ce que tu es » de Nietzsche.
    Précision importante, je ne suis pas la dans les strates intellectuelles du débat d’idées mais bien dans une philosophie « pratique » et qui doit s’actualiser (se transforme en actes) dans notre quotidien le plus trivial. De même la connexion est directe avec nos échanges récents sur le tantra, l’esprit est le siège de la spiritualité.

    « la provocation invite la culpabilité à une valse sur la musique du rapport de force dans le couple. c’est malsain au possible, et beaucoup plus courant qu’on ne le croit. »
    Encore une fois oui, le cas général aujourd’hui est celui du rapport de force, encore une fois favorisé par notre société qui nous incite à faire preuve de « caractère » en tant qu’affirmation de soi, une monstrueuse façon de légitimer les comportements de « gros con » allant jusqu’à les encourager comme étant gratifiants…

    Très bonne année à toi aussi.
    Je garde moi aussi mes bisous au chaud face à la rigueur hivernale 🙂
    mais je te promet de vite venir pour ce verre !

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