livre-v, e-book: Matthieu et Paul – partie IV

– Et un jour, quand tu as parlé de ton mari, j’ai compris ce qui m’arrivait.

Comme il se taisait, je lui ai soufflé :

– Je m’en suis aperçue…

– De quoi ? A-t-il demandé.

– Que tu étais mal à l’aise quand je parlais de Paul.

Nous avons gardé le silence un moment. Même dans cette simple phrase, la mention de Paul l’avait blessé, je le voyais bien.

– Mais ça ne m’explique pas pourquoi tu fais tout ça, ai-je dit pour détourner son attention de ma maladresse.

Il a soupiré :

– Si, mais tu n’écoutes pas, ou tu refuses d’entendre… j’ai l’impression de t’avoir aimée avant même de te rencontrer. C’est juste… évident. Je sais ce que tu veux dire. Tu es mariée. Bien sûr, la société juge et rejette les amours infidèles, ou les amours légères. Nous sommes censés aimer pour l’éternité, on se rencontre, on s’aime, et on passe tout de suite à la phase « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Sauf que dans la vraie vie, ça ne se passe pas comme ça.

« Je n’ai jamais été heureux en couple. Ça me semblait normal et évident d’avoir une copine, mais je n’ai jamais été satisfait de mes anciens couples. Seulement je ne le savais pas, voilà tout. J’avais… j’ai autour de moi des exemples nombreux de ces couples de raison. Nous vivons dans une société qui vante à tort une certaine liberté dans le choix de son partenaire de vie, mais cette liberté est fausse. J’ai subi la pression de mes parents, de mes collègues, de mon frère, de mes amis… J’ai toujours choisi mes partenaires en fonction de ce que mes proches pourraient penser d’elles. Au fond, mon avis, mon propre avis n’a jamais compté. Mes amours étaient ce que j’avais trouvé de mieux pour les satisfaire eux, à l’exclusion de moi. Je n’étais pas amoureux, alors ce n’était pas important. De plus, je trouvais normal de juste faire ce que la société attend de moi : travailler, me marier pour la vie, et avoir des enfants. Je ne pense pas m’être jamais demandé ce que je pense de tout ça, moi, au fond. Est-ce que j’aime travailler, est-ce que l’idée de me marier pour la vie me convient, et ai-je vraiment envie d’avoir des enfants ?

« Bien sûr… Moi aussi j’ai été élevé dans ces croyances d’amours éternelles. Mais quand je t’ai rencontrée, pour la première fois j’ai eu envie d’être en couple. Et le fait que tu sois déjà mariée m’a fait douter de tout. C’était tellement injuste… ! Mais finalement, si on décide de regarder la vérité en face, les choses sont très simples : J’ai juste rencontré mes ex en premier. Je t’ai juste rencontrée en second. Ce n’est pas parce qu’une histoire d’amour dure depuis plus longtemps qu’elle a plus d’importance. Le temps n’a rien à voir là-dedans, je t’ai aimée tout de suite, et bien plus profondément que je n’ai jamais aimé jusqu’à présent même en cinq ans de relation. Le plus important c’est le moment présent. Et là, maintenant, aujourd’hui, c’est avec toi et avec personne d’autre que je veux être. C’était pendant mes rendez-vous avec toi que j’étais heureux.

« J’ai réalisé que je m’étais trompé, que je m’étais laissé dicter ma conduite par des gens qui au final ne peuvent pas vivre ma vie à ma place. J’ai voulu au moins m’interroger avec sincérité sur ce que je ressens pour toi. Je pensais être fait pour me marier et avoir des enfants, parce qu’on me l’a présenté comme la seule option possible. Mais c’est faux. Je ne veux rien de tout ça si je ne peux pas les obtenir de toi. Si être avec toi ça signifie que je dois renoncer à mes anciens projets, je l’accepte. Parce que concrétiser la moitié de mes anciens projets ne m’a jamais rendu ne serait-ce qu’un dixième aussi heureux que lorsque je passais une heure avec toi. Je n’éprouve ni honte ni scrupule pour mes convictions anciennes parce que j’ai péché par ignorance : Je ne savais pas que tu existais. Je ne savais même pas qu’il était possible que je ressente autant d’amour pour une personne. Je jugeais par rapport à la société, ce qu’elle trouve normal qu’on exige d’un partenaire, et que je trouvais normal d’exiger de mes ex., et je ne pouvais pas savoir que je n’étais pas réellement amoureux d’elles. Je pensais les aimer, et je les aimais réellement aussi fort que je pensais pouvoir aimer, mais je me suis trompé sur moi. Alors, bien sûr, je ne pouvais pas prendre de décision éclairée. Je ne veux pas me marier, ni avoir des enfants. Je ne veux rien, je n’exige rien… Tout ce que je veux, c’est toi.

« Une fois que tout ça a été clair dans ma tête, j’ai compris que je devais agir, et entrer en relation avec toi. Je sais que toi aussi tu as été élevée dans ce monde où les amours infidèles et légères sont mal jugées. Je crois que c’est pour ça que tu me résistes. Ce n’est pas facile pour toi non plus de respecter tes obligations de femme mariée et de rester ouverte à ce qui se passe entre nous. Je comprends tes réticences, et je me dis que parfois tu dois te sentir découragée, ou avoir peur d’avancer. Je sais que tu aimes ton mari, que tu l’aimes sincèrement et profondément. Mais je ne veux pas renoncer simplement parce qu’il est entré dans ta vie le premier. Je ne veux pas renoncer simplement parce que votre histoire d’amour dure depuis des années. Je ne veux pas renoncer simplement parce que tu sembles l’aimer profondément.

« Rien ne me prouve que tu n’es pas en train de faire la même erreur que moi. Il est toujours possible que finalement tu m’aimes plus que tu ne l’aimes. Je ne veux rien forcer, et je veux bien renoncer à toi, mais à condition d’être sûr que ton choix est éclairé, que c’est réellement de moi que tu ne veux pas. Je ne veux pas me dire que tu m’as repoussé uniquement par peur des convenances, peur de ce qu’on penserait ou qu’on dirait de toi, peur de te tromper, peur de renoncer à tes choix passés, à ton mari, un homme que tu as choisi, une vie que tu as construite, parce que tu refuses de perdre l’énergie que tu as investi dans cette histoire.

« Parce que, ma chérie, je ne pense pas que ces années soient perdues. Cette énergie investie, cette vie construite ne peuvent pas être perdues. Toutes ces expériences ont fait de nous deux êtres qui, à un moment donné, à un endroit donné, ont pu se reconnaître, et se plaire. Je suis celui que je suis grâce à mes ex, et à mon histoire qui m’a permis de comprendre tout ce dont je te parle aujourd’hui. Et je suis conscient que tu es celle que tu es grâce à ton histoire et pour beaucoup, grâce à ton mari. Les choses devaient arriver comme elles sont arrivées, et dans l’ordre où elles sont arrivées.

« J’ai tout pesé, et voilà la conclusion à laquelle je suis arrivée. Ça fait des mois que je rêve de ce que je vis avec toi. Voilà le pourquoi. Tu en vaux la peine… nous en valons la peine ! Je ne veux pas te brusquer, ou te forcer. Je veux te montrer que mon sentiment est réel, que toi et moi c’est juste simplement évident. Je veux juste que tu saches à quoi ça ressemble d’être en relation avec moi. Tout ceci est simplement évident. Quand tu t’en seras aperçue aussi, tu sauras choisir l’homme avec lequel tu veux vivre, et moi je saurai que c’est bien moi que tu veux, et si tu ne me veux pas, je saurai que j’aurai vraiment tout tenté, et je n’aurai pas de regret. Voilà tout.

Matthieu parlait peu en temps normal, et ça ne rendait ce long, très long discours que plus important. Son explication m’a fait peur. Ce choix qu’il m’annonçait, ce choix que visiblement il attendait de moi, je me sentais totalement incapable de le faire. Et même si visiblement il était prêt à me donner du temps, j’avais l’intuition que ce choix me serait éternellement inconcevable.

– Et toi ? A-t-il demandé me tirant de mes graves réflexions.

J’ai ouvert de grands yeux étonnés. Que voulait-il savoir ?

Il a souri :

– Oui, toi… Qu’est-ce qui t’a poussée à accepter mon rendez-vous, puisque tu es si visiblement amoureuse et désireuse de rester fidèle, qu’est-ce qui t’a poussée à transgresser tes propres interdits ?

J’ai rougi.

Le désir de dissimuler mes sentiments n’a duré qu’une seconde. Puis j’ai dit :

– L’envie de te revoir… J’ai tout le temps envie de te voir et d’être avec toi. Je n’ai rien analysé, je n’ai pas réfléchi, quand je ferme les yeux, tu me manques. Et je crois que depuis ces quelques jours avec moi, tu as dû te rendre compte que je n’aime pas me contraindre. Alors je n’ai pas voulu me contraindre à ne pas te voir, voilà tout.

Il a frémi contre moi. Son visage était toujours calme, limpide, mais je le sentais ému.

– Je ne sais pas comment tu fais, Matthieu, parce que moi, c’est à chaque fois que je réfléchis que tout ceci me dépasse et me fait peur. C’est à chaque fois que je réfléchis que j’ai envie de reculer. Comment tu arrives à faire comme si je n’étais pas mariée… ? Ai-je murmuré.

Il m’a souri, et m’a caressé la joue.

– Tant que je tenais compte de ton mari, tout me semblait insurmontable, a-t-il soufflé. Tout. Quand tu me souriais je n’osais pas venir vers toi à cause de ton mariage, et quand tu devenais distante, je me disais que c’était naturel, puisque tu étais mariée. Tes sourires étaient inatteignables, et tes instants de repli, la seule issue possible. Chaque fois qu’une chose n’allait pas, c’était toujours le fait que tu sois mariée, plus cette chose-là, qui n’allaient pas. Chaque grain de sable arrivait sur ma balance accompagnée de cette montagne. Mais envisager de ne plus te revoir me faisait encore plus mal. J’ai dû renoncer à t’oublier. J’ai bien essayé, mais je n’y arrive pas.

« Alors j’ai analysé les choses calmement, et j’ai compris que le seul problème, c’était ça. Ton mariage. Je respecte tout à fait tes engagements, et le mariage d’une façon générale. Mais je me suis dit que tu as pris cette décision il y a longtemps maintenant. Tu ne me connaissais pas. Comme je te l’ai dit, je refuse de penser que le premier arrivé doit être le premier et dernier servi, et que les premiers choix que la vie met sur notre route sont les seuls bons choix. Je me suis dit que si ce mariage te comblait, tu le défendrais, et que si ce n’était pas le cas tu avais le droit de changer d’avis.

« Or je me doute bien que tu ne vas pas renoncer à une relation stable et épanouissante sans avoir une très bonne raison. Et si je veux te donner une vraie motivation je dois accepter que tu me prennes « à l’essai ». Fais de même, accepte de me prendre à l’essai, prend-nous à l’essai. Cette relation que nous avons me permet de te prouver que tu seras heureuse avec moi. Moi je sais déjà que je serai très heureux avec toi…

« Bien sûr, je suis malheureux de te voir si peu, mais j’imagine que si tu avais un travail très prenant, comme les médecins, les pompiers, je te verrais encore moins souvent. Alors quand tu pars, toujours trop vite à mon goût, quand tu ne peux pas venir, quand je regrette que tu ne dormes pas près de moi, je me dis que tu es un médecin et que tu es de garde, et que je dois me faire une raison et profiter de toi quand tu es là, simplement. Depuis, mon seul problème, c’est nous…

Il m’a embrassée, puis il a roulé sur moi pour me surplomber. Je me suis sentie paniquer. Ca redevenait trop intime, et j’avais peur de perdre le contrôle des choses. Il m’a souri, comme s’il avait suivi mes pensées. Il a murmuré, sa bouche sur la mienne :

– J’adorerais faire l’amour avec toi. Mais tu sais ce que j’adorerais plus encore ? C’est que tu en aies envie. Et je crois que tu en auras envie le jour où tu feras abstraction de ton mariage quand tu seras avec moi. Pour l’instant, il est en permanence entre nous. Tout ce que nous partageons, tu le vis avec culpabilité. J’espère qu’un jour tu auras le courage de t’affranchir de ta peur, du jugement des autres, pour nous regarder simplement tous les deux, sans ce filtre de culpabilité. Quand ça arrivera tu réaliseras comme moi que nous avons beaucoup de chance de nous être rencontrés.  Je sens que tu cherches une place pour moi dans ta vie. Je ne sais pas encore laquelle, sans doute que toi non plus tu ne sais pas encore laquelle. Mais tu peux prendre tout le temps que tu voudras pour trouver cette réponse. Moi je serai toujours là, je ne te lâcherai plus.

.

CHAPITRE IV

Concours de circonstances

Pendant un mois je me suis peu à peu installée chez Matthieu. Il vivait près de chez moi, je n’avais que cent mètres à parcourir pour changer de vie. Je le rejoignais dès mon réveil, si je me levais tard, ou dès le départ de Paul.

Je trouvais l’appartement vide, et je m’installais devant la télé, ou alors je travaillais à mes toiles et à mes pas de danse. Je n’avais pas beaucoup de contrats de danse, et la peinture ne marchait pas. Nous nous en sortions parce que Paul gagnait très bien sa vie. Je me demande parfois si tout cela serait arrivé si j’avais eu des obligations plus conventionnelles. Le fait de me lever tôt tous les jours m’aurait sans doute suffisamment lobotomisée pour me pousser à accepter de vivre avec un seul homme, et à faire le sacrifice de l’un de mes amours. Mais je ne travaillais pas comme tout le monde, et ma vie s’écoulait paisible et douce quand cet ouragan s’est déchaîné sur moi.

J’avais commencé à acheter une garde-robe de substitution : tout ce qui me plaisait en boutique je l’achetais en double et j’en laissais un exemplaire chez Matthieu. Ainsi si à cause de la peinture ou de la danse je devais me doucher ou me changer chez Matthieu, Paul ne pouvait pas être surpris par mes vêtements. J’étais locataire à part entière dans ce nouvel appartement. Les voisins commençaient à me reconnaître, et pour tout le monde j’étais la petite amie de Matthieu. J’avais apprivoisé ma paranoïa du début. Paul ne connaissait aucun de nos voisins, et aucun des voisins de Matthieu. Personne qui puisse lui dire qu’il se passait quelque chose d’anormal. Je savais par cœur ses heures de travail. Rien ne pouvait lui laisser penser que j’étais infidèle.

Matthieu m’avait laissé une des chambres pour mes toiles et mes exercices. Je crois que ça le rassurait de me savoir totalement installée dans au moins une des pièces de son appartement. Il arrivait quelques minutes après midi, nous déjeunions ensemble, et il repartait peu avant quatorze heures.

Il lui arrivait de ne pas me signaler sa présence pendant mes exercices de danse. Comme je mettais un casque sans fil sur mes oreilles, je ne l’entendais pas arriver, et il me regardait me démener dans tous les sens. Certaines figures étaient dangereuses, ce pourquoi Paul détestait assister à mes entraînements, surtout depuis l’accident qui m’avait amenée dans un cabinet de kinésithérapie. Mais pas Matthieu. Parfois, je me retournais, et il était là, souriant.

De temps en temps quand je n’avais pas été satisfaite de nos deux heures de tendresse, je l’attendais le soir. Sous le prétexte de faire du lèche-vitrine à l’autre bout de la ville, je pouvais revenir chez moi un peu après huit heures. Paul et moi avions une relation basée sur une certaine liberté. Il fallait voir le visage de Matthieu quand il me trouvait là à son retour !

C’est d’ailleurs un de ces soirs que ma relation avec lui est devenue plus profonde. Il est arrivé à sept heures vingt, et m’a regardée avec les yeux d’un enfant devant un sapin de Noël. Je me suis jetée dans ses bras en m’écriant « Coucou ! ».

Il n’a pas arrêté de m’embrasser plusieurs minutes durant. Et enfin il m’a demandé en me relâchant :

– Que me vaut ?

– Tu me manquais trop ! Oh, quand tu es parti ce midi je crois que tu as emmené par inadvertance un de mes poumons. Tu ne l’aurais pas vu ?

Il m’a caressé les cheveux en secouant la tête :

– Grande folle ! Je t’aime…

Mon cœur a raté un battement. La déclaration lui avait échappé. Son premier « je t’aime » depuis plus d’un mois !

– Je ne reste pas longtemps… Ai-je murmuré.

– Je sais, a-t-il soufflé, je sais…

Je savais qu’il le savait. Mais ça nous laissait presque une heure encore.

Je l’ai regardé dans les yeux, longtemps, et il se passait des tas de choses dans nos regards. De la tristesse, déjà, pour le moment où je partirai, de l’amour, de la joie d’être ensemble encore pour quelques instants volés. Et puis une envie animale d’être l’un à l’autre, avec tant d’urgence, et tant d’intensité.

Il a glissé sa main sur ma nuque, et m’a attirée contre lui, lentement. Nous nous sommes embrassés, et toute pudeur, toute retenue m’a abandonnée. Jusque là j’avais exprimé mon envie viscérale d’être à lui dans les bras de mon mari. Ma libido était montée en flèche si bien que Paul avait du mal à me satisfaire. Ce qui est normal, puisque seul Matthieu pouvait me donner ce que je voulais. Je l’ai dévoré, nos vêtements rejoignaient le sol un à un, sans même que je m’en préoccupe. J’en avais assez d’hésiter, de me retenir, je le voulais. Je le voulais maintenant !

Et soudain il a été nu, devant moi tout aussi dévêtue. Les sports de glisse qu’il affectionnait lui avaient sculpté un corps de coureur de fond, très sec. J’ai posé en tremblant ma main à plat au milieu de son torse dur. Puis, j’ai suivi avec émotion ce sillon duveteux, bouleversant, qui m’a menée jusqu’à son nombril. Il était légèrement mat, très brun, et sa peau était douce sur les flancs, sur l’aine aussi. J’ai promené doucement mes doigts inquisiteurs sur son sexe tendu, le faisant frémir. Sa nudité me bouleversait. Ses mains sur mes avant-bras, il ne bougeait pas, les yeux mi-clos, il m’observait, et frémissait au même rythme que ma caresse. Son émotion semblait presque douloureuse, et je ne sais pas s’il essayait de me guider ou de me repousser. J’ai posé doucement mon autre main sur sa poitrine, je me suis rapprochée et j’ai appuyé ma tête contre son cœur palpitant. J’ai fermé les yeux. Sa peau était chaude, et son odeur épicée, enivrante. Il m’a enlacée, plaquant son corps brûlant contre mon épiderme frissonnant, en murmurant « mon amour ».

Je me suis collée à lui. J’ai embrassé son torse, gênée par ses poils, j’ai frotté mon nez sur sa peau, ma joue. J’ai enlacé son cou. J’oubliais toute réserve, j’étais avide de lui. Il tremblait contre moi, et je vibrais aussi, de plaisir, d’excitation contenue avec peine. Comme il ne semblait pas vouloir diriger nos ébats, j’ai recommencé à l’embrasser. Je sentais son sexe contre moi, contre mon ventre, et son souffle qui se faisait de plus en plus court sur mon visage. Son excitation, son désir me rendaient folle. Je l’ai pris d’assaut, je l’ai escaladé comme un cocotier, et j’ai enroulé mes jambes autour de sa taille. Il m’a laissée faire en me souriant tendrement. Puis, ses bras solidement attachés autour de moi, je l’ai senti se raidir, paralysé par les possibilités d’intimité qui s’ouvraient à nous.

(à suivre…)

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