livre-v, e-book: Matthieu et Paul – partie II

J’ai fermé les yeux et j’ai soupiré. J’avais beau le vouloir, je n’arrivais pas à lui résister. Et après ce plongeon au cœur de ma tentation, si je disais non, j’allais passer une semaine aussi horrible que la précédente, et cette fois je me sentais moins de courage pour affronter le manque de lui. J’ai soufflé :

– Je ne sais pas…

Il m’a regardée une minute, puis comme s’il se rendait compte de mon désarroi, il m’a serrée contre lui.

– Appelle-moi quand je te manquerai, a-t-il murmuré contre mon oreille.

Puis, il m’a embrassé les cheveux, m’a relâchée et il est parti.

Sans m’embrasser.

CHAPITRE II

Là où commence l’infidélité

Il était parti sans m’embrasser. Sans m’embrasser ! J’en avais déjà le cœur serré. J’ai évidemment commencé par essayer de l’oublier à nouveau. Mais au bout de quatre jours je n’en pouvais plus : Je pensais à lui tout le temps. Je me levais le matin avec la pensée qu’il existait, qu’il était là, disponible et si près, et qu’il m’aimait. Et je me tendais vers lui à travers l’espace.

Puis je me rabrouais. Je n’avais plus le droit de penser à lui. Plus le droit ! Mais mon cœur devait être sourd : Il restait dilaté. Peu à peu, l’exaltation devenait brûlure, ma poitrine de papier et un horrible lutin m’incendiait le coeur avec la flamme d’une allumette. La douleur passée je devenais mélancolique, presque dépressive.

Le cinquième jour j’ai eu tout le mal du monde à cacher cette dépression à mon mari. J’ai sagement attendu qu’il aille au travail, et j’ai passé la journée à pleurer, la main sur le téléphone, tellement tentée d’entendre la seule voix qui pouvait m’apaiser.

Pas une fois, pas une seconde, pas un instant je n’ai pensé quitter Paul. Pendant ces jours si longs, si intenses, si douloureux, le sentiment que m’inspirait Matthieu ne m’a apparu que comme une perturbation du cours normal de ma vie. Et je me suis battue pour que ma rivière ne coule que dans son lit. Le lit de Paul.

Le sixième jour j’ai cédé. Mes sentiments ne faiblissaient pas, et je ne supportais plus de m’infliger une telle douleur, alors que Matthieu était consentant et n’attendait que mon accord. J’ai appelé, en fin de matinée, et je suis tombée sur sa secrétaire. J’ai laissé le numéro de mon portable, et j’ai attendu. Le téléphone n’a sonné qu’une heure plus tard :

– Salut, a-t-il soufflé en réponse à mon « allô ».

Mon cœur frappait si fort contre mes côtes que j’avais du mal à respirer. Il a demandé :

– Que puis-je pour toi ?

Sa voix était neutre, presque froide. Je me suis dit qu’il n’était peut-être pas seul.

– Je voudrais te voir, ai-je murmuré.

– Tu es chez toi ? A-t-il demandé.

– Oui.

– Je sors déjeuner à l’instant. On se retrouve au restaurant en face du cabinet ?

– Oui, ai-je dit en hochant la tête même s’il ne me voyait pas. A tout de suite !

Je me suis précipitée vers mon manteau, et j’ai dévalé les escaliers. J’ai marché aussi vite que j’ai pu, et en arrivant près du restaurant, je l’ai vu, sur le trottoir, les mains dans les poches de son manteau.

Il a levé la tête, m’a aperçue, et a fait un drôle de sourire, qui n’exprimait pas de joie. Je ne m’attendais pas à autre chose. D’ailleurs, je n’avais pas le cœur à rire non plus.

– Salut, lui ai-je dit en m’arrêtant devant lui.

– Salut… Comment tu vas? A-t-il demandé sur un ton inhabituel.

Ce n’était pas une civilité. Et je ne savais que trop bien ce qu’il voulait savoir.

– Pas très bien à vrai dire, ai-je avoué, jouant la carte de la franchise en serrant mon manteau autour de moi.

– Parfait, a-t-il répliqué d’un air cynique, comme ça on est deux.

Ca m’a déstabilisée. Je n’ai pas réussi à savoir s’il cherchait à être tout à fait méchant. Il a fermé les yeux en poussant un soupir. Puis il m’a observée à nouveau mais la rancœur semblait lavée de son regard :

– Viens, allons avaler quelque chose, je n’ai qu’une heure devant moi.

Nous ne nous étions pas touchés. Et c’est toujours à un mètre l’un de l’autre que nous sommes entrés dans le restaurant. Il a demandé un coin calme, et le serveur nous a relégués au fond de la salle, près des cuisines. Une fois assis, nous avons retenu le garçon, et il ne nous a fallu qu’une minute pour commander. D’après sa commande, il n’avait pas plus d’appétit que moi.

Une fois seuls, nos regards se sont évités en silence quelques secondes, puis je lui ai souri. J’étais contente de le voir enfin ! J’ai fermé les yeux pour apprécier cet instant où enfin tout mon ventre ne se crispait pas autour d’une obsession : Etre près de lui. Quand je les ai rouverts, il ne souriait pas, il avait même une expression très dure.

– Ne me refais jamais ça, a-t-il dit calmement.

J’ai reçu ces mots comme un couteau en plein cœur. Pendant un moment, mon esprit s’est figé sous la douleur. Ensuite, plus les secondes de silence passaient, et plus il se débattait : je n’arrivais pas relier ces mots avec l’homme qui les avait prononcés et les sentiments douloureux et intenses qui m’habitaient. C’était trop. J’ai senti que la grande faille de douleur qui m’habitait depuis quelques jours allait se rouvrir. J’ai agrippé mon manteau au hasard et j’ai jailli hors du restaurant.

Il a attrapé mon bras à quelques mètres de mon immeuble. Les yeux brouillés de larmes je me suis arrachée de sa poigne sans ménagement. Je respirais bruyamment, et il était blanc d’un mélange de rage et d’angoisse.

J’ai essuyé furieusement mes joues et nous nous sommes regardés en silence en reprenant notre souffle. Puis, je me suis dirigée lentement vers l’escalier qui menait à la cour de mon immeuble, et je me suis assise au soleil, sur les premières marches. Il m’a rejointe avec hésitation, s’est assis et s’est plié en deux en soupirant. Il était toujours affreusement pâle, et serrait ses poings au milieu de ses bras croisés. Il ne me quittait pas des yeux, mais je persistais à lui offrir mon profil d’ivoire, si tant est qu’on puisse en offrir un zébré de larmes. Je les essuyais du revers de la main, sans rien lui dire. Au bout de quelques secondes, il s’est incliné vers moi :

– Comprend-moi, a-t-il commencé dans un murmure…

– Je sais ce que tu veux dire, ai-je coupé tout bas, sans le regarder. Mais toi aussi, comprend-moi.

Il a gardé le silence une minute en fixant le vide devant lui, puis il m’a scrutée en disant :

– Excuse-moi. Six jours sans nouvelles… je n’en pouvais plus ! Je t’en voulais tellement ! Je suis passé par tous les sentiments qu’on puisse imaginer ! Aujourd’hui, je te détestais cordialement. Et voilà que tu appelles, et tout ce que tu me dis, c’est « je veux te voir » ! Je ne sais pas si j’avais plus envie de t’étrangler ou de t’embrasser…

Je savais ce qu’il voulait dire. Je l’avais ressentie aussi, cette frustration de l’autre qui au lieu de vous donner envie de le fêter, vous incite à l’étriper. Mes larmes s’étaient enfin taries. Il me regardait toujours, et il avait l’air de s’en vouloir. Je me suis enfin tournée vers lui. Nous avons partagé un moment de silence douloureux, puis pour lui signifier ma solidarité j’ai posé ma tête sur son épaule, et il m’a serrée contre lui.

– Tu m’as fait peur, a-t-il murmuré dans un soupir, le nez dans mes cheveux.

Puis, après un petit moment :

– Je crois que ce n’est pas trop la peine de retourner au restaurant, a-t-il remarqué.

– Zut ! Ai-je dit en me redressant, échappant à son étreinte. Ton déjeuner ! Si, allons-y !

Il m’a regardée d’un air sceptique, mais s’est tout de même levé. La commande venait juste d’être annulée, mais le serveur a pu rattraper notre bévue et nous avons été servis aussitôt.

Nous avons commencé à manger du bout des doigts. Il me fallait parler sérieusement à Matthieu de la conclusion de mes réflexions. Si je le quittais sans avoir réglé ce problème je me préparais encore des nuits blanches. Je n’avais pas le temps de prendre des pincettes.

– Je voudrais que nous nous voyions deux fois par semaine à peu près, lui ai-je dit de but en blanc.

Il a levé un sourcil en me regardant derrière sa fourchette, surpris par le côté abrupt de mon introduction. Un éclair de soulagement ému est passé dans son regard, il a semblé comprendre le principe et, a joué le jeu, impassible :

– Moi je préfèrerais tous les jours de la semaine.

– Ce n’est pas possible, ai-je dit calmement.

Il a soupiré, et demandé en posant sa fourchette une seconde :

– Quand n’est-ce pas possible exactement ?

Je l’ai regardé, j’ai réfléchi, et j’ai dit pendant qu’il recommençait à manger d’un air détaché :

– Le soir je ne suis pas disponible, et la journée tu travailles, et parfois moi aussi je travaille. Le week-end je ne peux pas, sauf parfois le samedi après-midi.

– Ok, alors voyons-nous tous les jours à midi, et le samedi sauf quand tu ne pourras pas.

Il m’a regardée avec un soupçon de défi, la fourchette en suspend.

J’ai tenu à préciser :

– Certaines vacances je ne pourrai pas te voir.

Son visage s’est assombri, mais il a dit :

– Très bien, je ferai avec. Mais je refuse de rester six jours sans nouvelle. Je refuse même de rester une seule journée sans nouvelle. Si ça doit arriver, avertis-moi, et dis-moi combien de temps tu crois que ça va durer.

C’était raisonnable.

– Ça me va, ai-je acquiescé.

Il a immédiatement repoussé son assiette quasi pleine, et s’est un peu affaissé, comme s’il ne se détendait vraiment que maintenant. Il a pris ma main sur la table en hésitant un peu, et m’a fait un sourire timide.

– Je suis content que l’on ait réglé ça. J’avais peur du moment où je devrais encore te demander quand nous nous reverrions. Je me sens mieux maintenant que je sais… que je te vois demain…

J’ai eu un instant de panique, parce que je comprenais ce qui venait de se passer. J’étais officiellement une femme infidèle. Puis, une vague de certitude douce amère m’a submergée. Je ne pouvais pas faire autrement, je ne pouvais déjà plus me passer de lui, et c’était une chance qu’il ait accepté mes conditions. C’était une chance qu’il ait accepté de me revoir.

Je réalisais soudain à quel point dans mon malheur j’avais eu de la chance. Le sourire que je lui ai rendu était sincère et lumineux. Je l’acceptais. Je l’acceptais et je le voulais lui, avec toutes les difficultés que cela sous-entendait.

J’ai serré sa main dans la mienne. En réalisant que je venais de me donner le droit de prendre cette main à volonté, une vague d’émotions m’a submergée. Il m’a rejointe sur la banquette, et il m’a regardée, ému. Il ne s’est pas approché, malgré l’évidente attente que je lisais dans ses yeux. Il m’a laissée poser mes lèvres sur les siennes, les yeux clos, jouissant même de mon hésitation. Puis, il a refermé ses bras autour de moi et m’a rendu mon baiser. Puisque je l’avais accepté, le sentiment de contentement qui m’a envahie a été enivrant.

Cinq minutes plus tard, il regardait sa montre et constatait avec un sourire triste :

– Je suis déjà en retard…

Mon cœur s’est serré. Mais l’idée de le revoir le lendemain m’a réconfortée.

Nos assiettes presque pleines trônaient sur la table, et il m’a proposé de me laisser finir mon repas, mais je n’avais pas faim. Il s’est levé, m’a tenu mon manteau, puis il m’a laissée le précéder vers la porte.

Nous nous sommes quittés devant le restaurant. Dans notre logique clandestine, nous nous refusions les adieux devant son cabinet. Je suis rentrée chez moi le cœur battant, pendant qu’il traversait la rue.

Toute l’après-midi je me suis répété chaque seconde que j’étais folle. J’étais folle de faire ça ! Mais Matthieu me manquait tout le temps, et j’étais déjà obsédée par l’idée de le revoir le lendemain. Paul a dû sentir qu’il se passait quelque chose. Toute la soirée, il n’a eu de cesse d’exiger mon attention, de me solliciter. Je me suis couchée cette nuit là avec une délicieuse impatience logée au creux du ventre. Exactement comme à dix ans, la veille de Noël.

Je me suis réveillée bien avant Paul, et j’ai somnolé jusqu’à son départ. Je ne voulais pas mettre à l’épreuve mes talents de comédienne. Je lui mentais déjà bien assez. Et puis, je me sentais incapable de contrôler ma fébrilité. Il s’est enfin assis près de moi sur le lit, habillé et prêt à partir, et il m’a embrassée tendrement en me souhaitant une bonne journée.

Dès que la porte d’entrée s’est refermée sur lui, j’ai bondi hors du lit. Il ne m’a fallu qu’une demi-heure pour finir ma toilette, et dix minutes pour prendre le petit déjeuner. Trois heures et vingt-cinq minutes me séparaient encore de Matthieu. J’ai donc fait ce que je faisais toujours quand une trop forte émotion m’étreignait : J’ai pris mon MP3, casque sur les oreilles, et j’ai dansé.

J’avais une liberté de temps de 4 albums. Je me suis efforcée de ne pas y penser avant la fin de mon écoute. A la fin du quatrième album, il était onze heures trente-huit. J’étais en plein dans mon second souffle, en sueur. J’ai tout éteint, presque à contrecœur, et je suis retournée sous la douche.

Rhabillée et fraîche, j’ai pris mon portable à midi moins cinq. Il affichait « 5 appels en absence ». Matthieu. Mon estomac a fait l’aller-retour entre ma gorge et mon ventre. J’ai rappelé le numéro.

– Enfin ! Il était temps ! A-t-il fait en décrochant.

Sa voix était normale, il n’avait pas l’air de m’en vouloir, juste soulagé.

– Désolée, je…

Comment expliquer ça ?

– Je sortais te rejoindre à l’instant, ai-je fait finalement. Il y a un problème ?

Il y a eu un instant de silence, je l’avais pris à contre-pied. Je l’ai entendu soupirer. Puis il a dit :

– Non, je m’assurais seulement que nous nous voyions à midi. Mais apparemment, tu l’avais bien compris aussi. Nous n’avions pas dit d’heure.

J’ai souri en mettant mon oreillette avant de tendre la main vers mon sac à main et mon manteau. C’était vrai. J’avais supposé midi, puisque nous nous étions vus à midi la veille.

Je me suis glissée dehors comme un chat en lui disant :

– Je me suis basée sur ton heure de pause d’hier. Tu as fini, là ?

– Oui, attends une seconde…

Je me suis habillée en dévalant la poignée de marches, et j’ai déboulé dehors, des papillons dans le ventre. J’ai entendu des frottements, une lointaine conversation. Mes pas filaient vers l’objet de mes pensées.

– Allo ? A-t-il fait.

– Je suis là, ai-je répondu à quelques pas du cabinet.

– Définitivement, oui, j’ai fini. Je n’attends plus que toi.

– Je suis là, ai-je répété.

A nouveau un instant de silence.

– J’arrive, a-t-il fait enfin avant de raccrocher.

Je l’ai attendu au coin de la rue, hors de vue, à côté de la porte vitrée de l’immeuble. Il est sorti quelques secondes après, son visage était tendu, inquiet. Il s’est éclairé en me voyant et m’a sourit. Il est venu sur moi, sans le moindre détour, et m’a serrée contre lui, me soulevant de terre. Il m’a gardée ainsi pendant deux longues minutes. Ses lèvres se posaient doucement dans le creux de mon cou, et il a murmuré sans me lâcher :

– J’ai cru que ce moment n’arriverait jamais !

Je l’ai embrassé, et j’ai enfoui mon visage au creux de son cou, respirant sa peau à plein poumon. Elle fleurait bon un doux mélange talqué et épicé. Je n’ai pas décelé de déodorant, ni de parfum, à mon grand soulagement. Je me suis sentie très émue : Je venais de me rendre compte que j’aimais son odeur. Et moi aussi, j’avais cru mourir d’impatience !

Enfin, il m’a posée, desserrant un peu son étreinte, juste assez pour pouvoir me voir. Il m’a embrassée tendrement, en prenant son temps. Puis il m’a regardée en silence. Ses yeux aimants parcouraient mon visage. On aurait dit qu’il apprenait mes traits par cœur. Je me suis sentie rougir d’émotion.

– Alors, où va-t-on ? Ai-je murmuré enfin.

Il m’a relâchée tout à fait avant de répondre :

– Je n’en ai aucune idée. Tout ce que je voudrais, c’est un endroit calme où on pourra discuter.

Il faisait beau, alors j’ai souri :

– Un sandwich et au parc ? Ai-je proposé.

Il a souri aussi. Le souvenir de notre première nuit.

Nous nous sommes dirigés vers un bar à sandwich. Ensuite nous avons promené nos pas paresseux jusqu’à notre banc, plus facile d’accès quand les portes du parc étaient ouvertes. Notre repas était entrecoupé de baisers. Et nous venions de finir de manger quand il a dit en regardant sa montre :

– Tu me raccompagnes ?

J’ai regardé sa montre aussi, il était une heure moins cinq. Nous devions nous dépêcher s’il voulait être à l’heure au cabinet. Il a dû voir la tristesse dans mes yeux, parce qu’il m’a caressé la joue en murmurant :

– Une heure ce n’est pas assez…

Je me suis serrée contre lui, et je l’ai embrassé, avec passion, presque durement. Puis j’ai posé deux baisers tendres sur ses lèvres avant de me lever.

– Viens, où tu vas encore être en retard aujourd’hui, lui ai-je dit.

Nous nous sommes dépêchés, et je l’ai quitté avec un baiser faussement désinvolte sur les lèvres.

(à suivre…)

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