Juste après la signature de la déclaration d’union libre…

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(Just after the signature of the statement of free love : in english at the end)

***

(extrait du journal intime)

je n’avais plus été rêveuse ainsi depuis des années. je ne veux pas dire que je ne suis pas « tombée amoureuse » ainsi depuis longtemps. je suis tombée amoureuse des tas de fois. vraiment souvent. jusque là je n’étais pas libre de faire ce que je voulais. je vivais mes sentiments dans la douleur du refus. et la seule raison qui fait que je suis toujours mariée, c’est la conviction que j’ai que D est l’homme de qu’il me faut dans la vie. lui et personne d’autre.

depuis qu’il m’a donné le droit d’aimer ailleurs, autant que je le désire, j’ai commencé par me sentir… surexcitée. l’affolement de la liberté retrouvée. sans sentiment aucun jusque là. et avec lui, avec julien, enfin, je vis ce que j’ai l’habitude de vivre: le coeur qui se dilate, la chaleur qui envahit ma poitrine, la brûlure du manque, l’envie de ses bras, de ses lèvres… et la douceur de cette certitude:

si je suis attachée, lui aussi l’est. s’il est attaché je ne suis pas forcée de dire non. je suis comblée de plusieurs plaisirs à la fois. je peux dire oui à un homme que je peux aimer, sans blesser mon mari ni risquer de le perdre.

je peux aimer julien. je suis en train d’en tomber amoureuse, je le sens bien. il y a des tas de choses chez lui qui me plaisent, il y a des tas de choses aussi qui ne me plaisent pas. ce que j’aime, là maintenant, c’est que parfois mon esprit entre en ébullition. c’est léger et ça me tourne la tête.

je deviens rêveuse et je pense à lui, à ses mots, à sa délicatesse, sa franchise. mon coeur bat plus fort, ma poitrine se réchauffe, et avant d’avoir pensé « ouf » mon être entier prend les dimensions de l’univers.

j’aime. et j’aime aimer.

***

les réflexions que je me fais en relisant ce texte totalement oublié, que j’avais écris sur un bout de papier plié et glissé dans mon journal, c’est que:

1 – je ne sais plus qui est julien. vraiment…! aucune idée! ce mec qui me tournait totalement la tête, là, six ans plus tard, je ne sais plus du tout qui c’était. comme quoi, si votre partenaire perd la tête pour un(e) inconnu, ne paniquez pas tout de suite! voyez…!

2 – il y a bien un avant le libertinage et un après le libertinage. toute ma vie d’avant me semble comme un brouillon de ma vie présente. pourtant la vie de couple en tant que libertine n’est pas simple, et parfois mon chéri souffre AUSSI de cette liberté réciproque que nous nous sommes donnée. mais je ne peux plus, je ne pourrais plus entrer dans mes anciennes chaussures. mes pieds ont grandi!

3 – tout est bien là, preuve s’il en est que même six années derrière j’étais parfaitement consciente de ce que je recherchais dans le libertinage, et que je recherche toujours d’ailleurs: le plaisir d’aimer. ce moment où mon coeur prend les dimensions de l’univers, où je me sens omnipotente, omnisciente. c’est grisant! qui j’aime? est-ce que ça va durer? j’en ai rien à foutre! c’est d’ailleurs pour cela que je souffre si peu de mes ruptures. le plaisir je ne le prends pas dans la relation, mais dans la façon dont mon esprit vit l’état amoureux. je me fous bien de ce qui (homme, femme ou objet) provoque l’état amoureux.

4 – j’aime mon mari. il ne provoque pas d’état amoureux mais un confort psychologique doux, tendre, et stable. je l’aime, et cet amour n’a rien à voir avec l’état amoureux. une personne qu’on aime est irremplaçable, quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise. l’amour peut AUSSI parfois chevaucher l’état amoureux, mais soyons honnête, ça ne dure jamais. et la maturité relationnelle vient justement de l’acceptation de cette perte, de l’acceptation qu’une relation mature et profonde se détache de l’euphorie que provoque l’état amoureux. une amourette devient un amour profond quand la personne qui nous inspire ce sentiment nous semble toujours indispensable alors qu’on ne ressent plus d’euphorie à son contact. on n’est plus sous l’effet des hormones, on est sous l’effet d’un sentiment constant, plus réel et plus concret que la douche d’hormones de l’état amoureux.

5 – si les gens se marient et divorcent n’importe comment, et avec n’importe qui, c’est précisément parce que 99% de la population est convaincue que l’amour C’EST l’état amoureux. si tout le monde était capable de réfléchir posément aux avantages et inconvénients d’une relation amoureuse, même soumis à la douche d’hormones, alors tout le monde serait capable de se marier bien à propos. si tout le monde était capable de séparer l’amour de l’état amoureux, tout le monde serait capable de divorcer bien à propos.

6 – toutes les relations sont difficiles. toutes. les relations libres aussi. décider de se donner plus de liberté ne simplifie pas tout, et refuser de le faire ne simplifie pas tout non plus. tout est question d’équilibre, et de personnalité.

(Just after the signature of the statement of free love

( Extracted from the personal diary)

I had not been any more so dreamy for years. I do not mean that I  » did not fall in love  » for a long time. I fell in love with heaps of times really often. Untill now I was not free to make what I wanted. I lived my feelings in the pain of the refusal. And the only reason which makes that I am always married, it is the conviction which I have that D is necessary to me in life. he and nobody else.

Since he gave the right to me to love anybody else, as much as I wish, my first feeling was… overstrain. The desperation of the found freedom, without feeling none to there. And with him, with Julien, finally, I live what I am used to living: The heart which dilates, the heat which invades my breast, the burn of the lack, the urge for his arms, for his lips and the sweetness of this certainty:

If I am attached, he is too. If he is attached I am not forced to say no. I am swamped with several pleasures at the same time. I can say yes to a man who I can love, without hurting my husband nor risking to lose him.

I can love Julien. I am falling in love with him, I can feel it. There are so many things to him which please me, there are so many things also which do not please me. What I like, there now, it is my spirit enters sometimes boiling. That is light and makes me dizzy.

I become dreamy and I think of him, his words, his delicacy, his frankness. My heart beats more hardly, my breast warms itself, and before having thought « phew » my whole being takes the size of the universe.

I love the love. And I love loving.

***

The bells that ring to me by reading again this totally forgotten text, that I had written on a scrap of paper folded and slid in my diary, are that:

1 – I do not know any more who is Julian. Really! No idea! This guy who shot me totally the head, there, six years later, I no more know who he is. Which just goes to show that if your partner goes nuts for an unknown, do not panic ! Remember me!

2 – There is indeed a life before the dissoluteness and an other after the dissoluteness. All my life before seems to me as a draft of my present life. Nevertheless the life of couple as loose is not simple, and sometimes my darling suffers AS WELL from this mutual freedom we gave ourselves. But I cannot any more, I could not enter any more my old shoes. My feet grew !

3 – Everything is very there, proof  that I was perfectly aware even six years behind of what I looked for in the dissoluteness, and what I always look for moreover: the pleasure to love. This moment when my heart takes the size of the universe, where I feel almighty, omniscient. It is exhilarating! Who do I love ? Is that going to last? I don’t give a damn! It is moreover that for I suffer so few my breaks. I do not take my pleasure  in the relation, but in the way my spirit lives the loving state. And I don’t mind about who (man, woman or object) causes the loving state.

4 – I love my husband. My feelings for him are not like the loving state at all but a tender, soft and stable psychological comfort. I love him, and this love has nothing to do with the loving state. A person we love is irreplaceable, whatever we make, whatever we say. The love can sometimes be astride the loving state, but let us be honest, that never lasts. And the relational maturity comes exactly from the acceptance of this loss, the acceptance that a mature and deep relation gets loose from the euphoria which causes the loving state. An affair becomes a deep love when the person who inspires us this feeling seems to us always indispensable while we feel no more euphoria in his (her) contact. We are not any more under the influence of hormones, we are under the influence of a more real, constant feeling, we are under the influence of a constant feeling, more real and more concrete than the illusions that the shower of hormones of the loving state creates.

5 – If people get married and divorce no matter how, and with whoever, it is exactly because 99 % of the population is convinced that love IS the loving state. If everybody could think composedly about the advantages and the inconveniences of a love relation, even subjected to the shower of hormones, then everybody would be capable of getting married advisedly. If everybody could separate love and the loving state, everybody would be able to divorce advisedly.

6 – All the relations are difficult. All of them. The free relations also. Deciding to share more freedom do not simplify everything, and refusing to make it do not simplify everything either. It is all question of balance, and personality.

ps: automatic translation, please forgive the mistakes)

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