je dépose les armes…

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hier j’ai relu un de mes articles préférés concernant la question de l’argent dans la rencontre sexuelle. je parle de celui là:

https://petitphoenix.wordpress.com/2009/03/02/qui-paye-qui-se-laisse-inviter-et-comment-vous-vous-sentez-par-rapport-a-ca/

sur la fin, à propos d’un des points soulevés dans l’article, je disais:

« Le psychiatre et thérapeute de couple Jacques-Antoine Malarewicz (Auteur notamment de Repenser le couple (LGF, « Le Livre de poche », 2002)) émet l’hypothèse suivante : l’homme qui propose le partage de l’addition teste un autre partage des rôles. « Il dit : « Je suis prêt à abandonner mon pouvoir d’homme sur l’argent, es-tu prête à abandonner ton pouvoir de femme sur la sexualité ? » » Peu de femmes l’entendent de cette oreille.

on est bien d’accord. ma réponse est « non ». clairement.
je ne vois aucun intérêt à demander à un homme d’abandonner son pouvoir sur l’argent. l’argent en tant que tel ne m’a jamais intéressée. par contre le sexe oui ».

j’ai repensé à ça aujourd’hui après un looong chat avec p. nous avons juste bavardé de tout et de rien, de mes préférences au lit, de ses peurs et des miennes devant la rencontre qui se profile à l’horizon, puis de la rencontre elle-même. je lui donne mon numéro de téléphone, je lui donne le lieu de la rencontre, puis je m’avise que je ne sais pas où il habite, et donc que je ne sais pas du tout si de ce côté-ci de paris ça l’arrangera ou pas.

à la question: j’espère que ce n’est pas trop loin de chez toi, d’ailleurs je ne t’ai pas demandé où tu habitais, et travaillais. est-ce que ça ira?

p répond: j’irai où tu voudras ma déesse… et il ajoute qu’il habite-travaille en grande banlieue, de-l’autre-côté-de-paris-bien-entendu-s’il-avait-fallu-le-faire-exprès-on-y-serait-pas-si-bien-arrivé…

j’ai réalisé à cet instant que ça faisait TRES longtemps qu’un homme n’avait fait en sorte que la rencontre ne pèse pas du tout sur mes épaules. quoi que je dise, p est arrangeant. il demande, il s’inquiète, il propose ce qui est le plus confortable pour moi.

les mecs, vous me dites souvent que les femmes n’aiment pas les garçons gentils, et vous vous gourrez. vous vous mettez le doigt dans l’oeil. je suis absolument dingue de cet homme! et parce que dès la première seconde il s’est inquiété de mon confort ainsi, je me sens en confiance avec lui.

je me dis que quoi que p me demandera au lit, j’ai envie de lui faire plaisir. j’ai envie de le voir sourire, de le voir jouir, j’ai envie de le voir s’abandonner à son plaisir AUSSI. parce que je le sens à ce point soucieux de MON plaisir qu’il ne me reste plus qu’à me soucier du sien. je dépose les armes, je suis parfaitement prête à lui abandonner mon corps pour la rencontre.

on raccroche les wagons?

ce n’est pas une question de fric! ce n’est pas parce que je sais qu’il paiera pour le verre, pour l’hôtel, pour toutes les dépenses inhérentes à la rencontres que je suis prête à renoncer à mon pouvoir de femme sur le sexe. les choses se passeraient de la même manière si à la place p pouvait m’accueillir chez lui, me faire la cuisine, m’offrir un verre dans son salon, me proposer un film, ou de sortir nous balader, et faire en sorte que je me sente bien en sa compagnie. je dépose les armes devant la gentillesse. je dépose les armes devant le respect. je dépose les armes devant le refus du rapport de force.

tout ce que je vois, moi, c’est un mec qui me dit « je ferai tout ce que je peux pour que tu sois bien », et j’ai envie de lui répondre simplement: d’accord, dans ce cas moi aussi.

ce sont les gros lourds qui se rassurent en pensant que le fric achète le sexe. ce sont les inadaptés du relationnel qui pensent que le fric pèse dans une relation amoureuse ou sexuelle. ils espèrent ainsi que ce qui ne sera jamais à leur portée ne leur est retiré qu’à cause d’un compte bancaire, et qu’ils pourront l’acquérir un jour s’ils remplissent ledit compte.

ce que j’ai l’intention de partager avec p peu d’hommes l’ont reçu. je ne suis pourtant pas une pute, et je n’ai jamais reçu d’argent en contrepartie de mon corps. généralement je paye mes consommations, et je ne me laisse inviter pour le resto et l’hôtel que lorsqu’on me les offre comme les éléments d’une parade amoureuse, parce que oui, j’attends qu’on me fasse la cour. et il m’arrive de passer outre, de payer ma part, et de consommer l’homme comme on s’achète une paire de chaussures affriolantes – eh oui le fric ça marche dans les deux sens. alors dans les faits, p ne fera ni plus ni moins que la plupart de mes amants…

me donner sans arrière pensée, ça m’est arrivé une fois dans mes rencontres sexuelles. et si les choses se passent comme mon instinct me dit qu’elles vont se passer, avec p ça fera deux.

tout est dans la manière…

question fric, ça ne lui coûtera rien de plus qu’à la plupart de mes amants. mais ça lui rapportera beaucoup plus: il va obtenir une chose que l’argent n’achète pas, une chose qu’on ne peut pas contrôler, ni promettre, une chose qui ne pousse que sur le terreau de la confiance: le don de soi.

à méditer…

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