l’amour libre n’est pas une invention des années 68

on vous a dit ça, sans doute, comme à moi, et on y a ajouté sous vos yeux avec l’étiquette d’amour libre quelque chose comme un parfum de souffre, quelque chose d’infâmant. faire partie de ces couples qui acceptent l’infidélité de leur partenaire a quelque chose de presque diabolique.

je suis née comme la plupart d’entre vous dans une famille qui tenait aux traditions. j’utilise l’imparfait parce que le temps aidant (ah la laaa, ce temps, quel allié formidable!) toutes ces valeurs sont mortes (enfin) dans l’esprit de mes parents proches. certains ont trouvé d’autres ressorts, d’autres me semblent simplement perdus. pas perdus comme on l’est quand on est adolescent, mais perdu comme candide, dans « candide ou l’innocence »: déterminés finalement à ne se préoccuper de rien d’autre que de soi.

pourquoi?

il y eut une époque à laquelle mes parents ont essayé de me faire croire à la moralité des liens du mariage. seulement mes parents sont des êtres humains, donc faillibles, et moi je suis une fille intelligente, et j’ai des yeux. de plus, je ne suis pas décidée du tout à les garder fermés, ces yeux. j’ai donc pu constater par moi-même que le discours tenait beaucoup du « fais ce que je dis, fais pas ce que je fais ».

la question que l’on se pose fatalement est celle-ci: comment un parent digne de ce nom peut donner des leçons dans lesquelles il ne croit pas? c’est quand même un comble, non? et vous, vous qui me lisez, ceux qui vous matraquent la tête avec le soit disant caractère sacré des liens du mariage, êtes-vous CERTAIN qu’ils ne l’ont pas foulé du pied, une fois, une seule? êtes-vous prêt à écouter une personne qui ne pratique même pas la religion qu’elle prêche?

moi non. j’ai compris très vite l’hypocrisie des liens sociaux, le lien du mariage trônant par dessus tous les autres comme une cerise sur un gâteau. on vous ment. on vous ment depuis toujours, et ceux qui vous mentent savent qu’ils vous mentent! mais ils font comme on leur a montré. parce qu’ils ont bien compris aussi, eux, que c’est un menteur qui leur a matraqué la tête, et que ce menteur tenait sa vérité d’un autre menteur, etc.

pour avoir une société hiérarchisée il faut implanter l’idée même de la hiérarchie, du pouvoir, dans chaque individu. comment fait-on? on commence par décider que les femmes sont inférieures aux hommes (c’est plus facile, une femme c’est faible, ça se brise avec aisance). voilà, d’un coup de baguette magique, on n’a plus que la moitié de la population à mater, maintenant.

mais oui, réfléchissez! si vous matez l’homme, et que l’homme a déjà maté sa femme, vous faites d’une pierre deux coups. continuons;

l’homme n’est pas totalement stupide (si si, on a tendance à vouloir l’excuser ainsi, mais au fond, il a bien compris ce qui se passe): il sait déjà, qu’il n’a pas tout à fait raison de vouloir asservir un autre être humain sous prétexte qu’il n’est pas du même sexe que lui. mais passons, sur ce point ça l’arrange, il croit avoir le beau rôle.

seulement il se doute bien que s’il a l’avantage sur sa femme c’est uniquement parce qu’il est le plus fort. et on trouve toujours plus fort que soi. partant de là, en acceptant de dominer un être par la force, il accepte aussi l’idée que lui-même peut être dominé par cette même force. il entre de son plein gré dans un système hiérarchisé. là où il était libre, il s’enchaine.

partant de là, la politique, la loi, la police, l’armée, les guerres, tout se justifie, et tout trouve sa raison d’être. jusqu’à l’existence même d’un président de la république, censé être le plus fort parmi les plus forts… enfin, notre nicolas national s’est quand même bien fait botter le cul par les obama. comme je vous le disais, on trouve toujours plus fort que soit. et même quand on croit être le plus fort, parfois, un challenger se détache du lot, et vous place un uppercut d’enfer direct dans la machoire: vous avez reconnu bien évidemment feu l’ennemi public n°1 ben laden.

on trouve toujours plus fort que soi. et je crois qu’on peut affirmer à présent que l’escalade n’a pas de fin. ce qui a été mis en place sur la base d’une mauvaise foi gerbante ne peut pas donner de bons résultats.

vous me répondrez « c’est bien gentil tout ça, mais que proposes-tu de mieux, finalement? ».

moi? rien.

mais il y a pas mal de peuples primitifs qui ont des leçons à nous donner. ces peuples ont été massacrés, violés, pillés, par l’occident. on leur a matraqué la tête pour leur imposer notre façon de voir, nous avons refusé de voir que c’est notre société qui était malade, pas la leur. et on les a contaminés.

chez eux, pas de hiérachie. pas de mariage. les couples se font et se défont. les hommes et les femmes vivent en groupe et élèvent ensemble tous les enfants. et non, avoir son propre enfant, avec sa propre femme, posséder un autre être humain est une idée qui visiblement ne leur avait pas traversé la tête.

alors quand on vient vous dire que le mariage est normal, qu’il protège les enfants, que les hommes aiment plus leurs propres enfants que les enfants des autres, en fait, là aussi, on vous a menti. il existait des peuples qui ne fonctionnaient pas comme nous, et qui vivaient cette liberté avec beaucoup de bonheur. et on a tout détruit.

ce sont les peuples du canada. des indiens d’amérique, donc. encore une fois… dieu que ces indiens étaient sages!!! et mon dieu qu’avons-nous fait…?! on les a détruits…

si vous voulez un lien pour lire tout ça de vous-même:

http://sens-de-la-vie.com/forums/prntopic.php?forum=9&topic=9131&post_id=36108

et pour conclure, je dirais que je me suis toujours sentie libre. ma fonction n’est pas d’appartenir à un homme, ni même (par extension) à une société. je n’ai pas à faire des enfants comme on m’y encourage, bien sûr, les enfants c’est de la chair à canon, du petit bois pour leur bucher électoral. je ne suis pas une richesse qu’on possède ou qu’on utilise. je suis un être vivant. je n’appartiens qu’à dieu. et encore, seulement si je le veux bien. parce que le dieu dans lequel je crois ne voudrait de moi que si je m’offrais.

nous sommes une société malade, nous infectons tout, et nous ne savons cultiver que le malheur: le notre et celui de quiconque nous approche.

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Une réflexion sur “l’amour libre n’est pas une invention des années 68

  1. (extrait du lien donné dans l’article)

    « Sexualité :
    Les adolescents ont des relations sexuelles
    Le mariage n’impose pas l’exclusivité sexuelle
    Le divorce est courant et accepté (parce que les femmes sont responsables des enfants et de la maisonnée : on se débarrasse d’un mauvais chasseur)
    La polygynie est pratiquée par certains groupes (comme les Inus et la plupart des Amérindiens de la zone du saumon)
    Les enfants sont considérés comme une bénédiction (quelque soit le père). Ils sont accueillis avec enthousiasme.

    Cette liberté sexuelle est rapidement combattue par les missionnaires catholiques venus de France:
    Pour eux ces pratiques renversent l’ordre naturel voulu par Dieu. Les jésuites se plaignent du peu de pouvoir des amérindiens sur leurs femmes (pour eux, c’est la cause de l’indiscipline et du peu de respect pour l’autorité des Amérindiens). Ils sont scandalisés par la permissivité sexuelle des Amérindiens. Ils veulent leur inculquer la monogamie, l’abstinence hors mariage et le rejet du divorce.

    Leur argument : la liberté sexuelle des femmes handicape la lignée et l’héritage (un homme ne peut pas savoir qui sont ses propres enfants. Réponse des Amérindiens : les Français n’aiment que leurs propres enfants ; nous aimons tous les enfants).

    Pourquoi ce zèle des missionnaires en ce qui concerne les relations hommes-femmes chez les amérindiens ? À cause du nombre élevé de relations sexuelles entre coureurs des bois français et Amérindiennes. Relations particulièrement nombreuses chez les Acadiens et dans l’ouest de la Nouvelle-France
    Pour les jésuites ces relations doivent être régularisées pour que les enfants soient élevés dans la religion catholique, selon les coutumes françaises.

    Le gouvernement colonial finance des efforts d’éducation pour les Amérindiennes (langue française, religion, travail domestique) dans le but de sédentariser les couples métis dans la zone seigneuriale. Les jésuites tentent d’inculquer la domination de l’époux sur sa femme.
    Dans ces deux cas : l’objectif est le contrôle de l’homme sur la sexualité féminine amérindienne.

    Pourquoi ? Parce qu’un gouvernement hiérarchique ne peut s’implanter que dans une société hiérarchique.

    (…) »

    je vous laisse méditer…

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