l’autonomie ou le rapport d’un bon libertin à sa liberté

j’ai pas mal réfléchi à la façon dont j’allais présenter ma façon de comprendre l’autonomie dans mes rapports avec mes amants. à vrai dire, il y a deux façons de faire: la première serait d’entrer dans les détails, et la seconde d’aller au plus direct et au plus court.

je choisis la seconde manière. si le sujet vous intéresse vraiment vous interviendrez et je parlerai alors de cette notion plus en détails.

pour parler simplement, donc, l’homme n’est pas un être indépendant, aussi fort qu’il le désire, et aussi fort qu’il essaie. nous sommes dépendants de choses diverses que l’on doit renouveler à des fréquences diverses: l’air pour chaque respiration, l’eau et la nourriture quelques fois par jour, un lit une fois par jour. vous allez me dire que ce sont des besoins physiques, que c’est différent d’une relation avec un amant.

je vous répondrai qu’au même titre que les besoins physiques, l’homme a des besoins psychologiques. le premier est le besoin de sécurité. même si je peux vous assurer qu’il ne vous arrivera rien de toute la journée, vous serez mieux dans vos baskets si nous passons cette journée au parc astérix plutôt que dans une équipe de GI’s qui surveillent un territoire aux mains de terroristes.

ensuite nous avons besoin d’échanges et de communication. les enfants abandonnés ou malades meurent faute de contact physique et d’échange. ceux qui sont condamnés à l’isolement en deviennent parfois fous. seul on est plus fragile.

quand on est autonome, à mon sens, ça veut dire qu’on a compris tout ça. on a compris qu’on a besoin de nourriture, d’eau, d’air, de sommeil, de stimulation intellectuelle, de conversations, de caresses, de relation, d’échange. on a compris aussi la fréquence à laquelle nos besoins doivent être satisfaits.

ça demande d’avoir eu au moins une fois le courage de se regarder en face (là je fais le lien avec mon billet sur l’honnêteté et la franchise: c’est quoi être honnête et franc?) et d’admettre ses limites: j’ai des limites. je suis pourtant une personne très solitaire, mais je connais mes limites, et mes besoins, et je SAIS que j’ai besoin d’échange, à quelle fréquence j’en ai besoin, et en quelle quantité.

refuser d’admettre ses besoins psychologiques est aussi débile que refuser d’admettre ses besoins physiques. dire je n’ai pas besoin de caresse, je n’ai pas besoin de parler à quelqu’un, je n’ai pas besoin d’être appréciée est aussi débile que dire je n’ai pas besoin d’eau, de nourriture, de sommeil. c’est FAUX. on en a tous besoin.

il y a une certaine honte, une pudeur mal placée, à admettre en public qu’on a besoin des autres. comme si c’était méprisable. faible. bas. c’est pourtant la simple description de la réalité. le plus fort d’entre nous ne serait plus rien si on le laissait seul.

être autonome, donc, c’est connaître ses besoins, les accepter, les prévoir, les programmer, afin de se donner le choix.

exemple? j’ai besoin d’eau et de nourriture. je l’accepte, donc je prévois mes besoins en allant faire mes courses. comme je n’aime pas l’eau du robinet je prends des bouteilles, si je suis écolo, j’opte pour une carafe filtrante et je vérifie qu’il me reste assez de cartouches pour les jours qui viennent. en nourriture je prends des choses qui se réchauffent facilement pour les jours de flemme, des petits plaisirs très caloriques mais dont j’ai parfois ENVIE, et de la nourriture équilibrée et saine pour le reste, en restant A MON GOÛT. ainsi pendant la durée que JE détermine (courses pour une semaine ou deux, ou un mois) je me donne le choix, je fais en sorte de ne pas avoir QUE des pâtes à avaler.

une personne qui ne prévoit pas ses repas se retrouvera souvent à manger la même chose (sandwich ou pâtes) afin de JUSTE satisfaire son BESOIN de nourriture. l’autonomie se mesure à la quantité de choix qu’on est capable de s’offrir pour satisfaire le même besoin. "j’ai faim" appelle plusieurs réponses. de la plus simple (avaler n’importe quoi qui bourre) à la plus raffinée (on va à la tour d’argent), en passant par la plus conviviale (j’invite mes potes et on se fait une raclette).

venons-en à la relation d’amant à présent.

1- quel est mon besoin? j’ai besoin de sexe, bien sûr, j’ai aussi besoin de plaire, de me voir belle et désirable dans les yeux de mon amant, j’ai besoin d’avoir avec lui un échange agréable, je préfère donc qu’il ne soit pas con, et si en plus on peut partager des sentiments agréables et doux, je me sentirais comblée.

2- quelles réponses je peux apporter à mon besoin?
j’ai un mari qui me comble pas mal. pour le surplus, ma gourmandise, je peux me contenter d’un gode sur pattes, ou exiger plus. la fréquence à laquelle je dois répondre à ma gourmandise dépend de mes humeurs, je dois donc être capable de faire face à des appétits imprévus.

3- je me trompe, ou je me suis trompée, quand je me retrouve à baiser avec un homme qui ne me plait pas, ou pas assez, parce que j’ai laissé mes envies de sexe m’envahir et altérer mon jugement. ça m’est arrivé. dans ces cas là, je n’ai pas réussi à faire preuve d’autonomie. je me suis laissée déborder par mes besoins, et résultat, j’ai fait n’importe quoi. j’ai mangé un sandwich dans l’urgence de la faim alors que j’avais besoin d’un repas équilibré.

4- je m’assume quand je me donne le choix. j’ai mon mari, donc, et je suis aussi en relation avec un ou deux (ou plus) amants qui me donnent ce dont j’ai besoin, parfois séparément: avec l’un ce sera l’extase au lit, avec l’autre ce sera l’extase émotionnelle (il me trouve vraiment belle et ça flatte mon ego). l’essentiel étant que l’ensemble de mes relations m’amènent à MON équilibre.

5- tout comme en caisse je paye mes courses quand j’achète de la nourriture avec de l’argent qui m’a demandé des sacrifices, je dois accepter de faire des sacrifices pour entretenir mes relations. si l’un de mes amants a besoin que je l’appelle tous les jours, je ferai l’effort de l’appeler tous les jours. MON équilibre en dépend.

mais bien entendu, on peut refuser d’acheter une baguette de pain à 10€. de même, on peut refuser de se plier à trop d’exigences. c’est exactement comme la loi du marché: on a les moyens, ou on ne les a pas, et au-delà de ça, on a envie ou on n’a pas envie. il m’est arrivé de faire 1h de route pour acheter des croissants chez un boulanger qui les fait VRAIMENT de façon divine. je ne ferais pas 1h de route pour acheter les croissants de mon boulanger, ils n’en valent pas la peine même s’ils sont bons.

de même, appeler une fois par jour ça peut être facile si la personne nous plait vraiment, et qu’elle nous apporte vraiment quelque chose, et ça peut être totalement insurmontable si elle ne nous intéresse pas plus que ça.

mais, si un homme me rend heureuse, je suis prête à lui sacrifier beaucoup. je dispose de mon temps, de mon corps, de mes sentiments, et ma liberté s’exprime dans la façon dont je peux l’abandonner. voilà. c’est exactement ça.

être libre c’est avoir conscience de ses besoins (sexe et échange) et savoir se donner le choix de ses dépendances (1, 2 ou 3 amants) et de la façon dont on s’y soumet (une relation purement sexuelle, sentimentale, suivie ou non, tendre, passionnée, ou tout à la fois, qui satisfait mon besoin sans me coûter trop de sacrifice).

(ça aurait pu être plus long, vous vous en rendez compte?)

donc questions:
pensez-vous avoir réfléchi à vos réels besoins sur un site de cul?
pensez-vous savoir faire ce qu’il faut pour les satisfaire?
à quel point avez-vous le choix, donc à quel point êtes-vous autonome?
avez-vous conscience du prix à payer pour cela, même si nous sommes entre libertins, recherchant des relations "sans prise de tête"?
d’ailleurs, à la lecture de ce billet, croyez-vous qu’il soit réellement possible d’avoir des relations sans prise de tête?

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