quel est l’intérêt d’une histoire d’amant passagère?

quand je dis:
– "je recherche une histoire d’amant, un plan cul avec des sentiments, une histoire d’amour passagère",
voilà ce qu’on me répond en règle générale:

– trop compliqué. je ne vois pas l’intérêt d’investir de l’amour pour aller nulle part.

– j’ai peur de souffrir.
sous entendu: je ne pense pas que tu sois mal aimable, je ne pense pas l’être non plus, mais la fin annoncée d’une relation me fait peur.
(entre nous, combien de relations qui ne se sont pas terminées un jour ou l’autre avez-vous vécues jusqu’ici? et en êtes-vous morts? était-ce inutile pour autant?)

– entre le plaisir d’être amoureux et la souffrance de rompre, je choisis la souffrance. c’est elle qui guidera mes choix, donc, pour ne pas vivre l’une, je ne vivrai pas l’autre: pas de relation.

ça a l’air plus sage, quand on lit les réponses comme ça. mais vous savez quoi? vous êtes une bande de lâches! je ne dis pas que vous avez peur face à la souffrance. ce serait si simple, et tellement plus compréhensible! non, vous avez peur face à la vie.

pour ne pas souffrir, vous vous privez de vivre, de vivre l’amour, des expériences, d’avoir de vrais souvenirs. vous vous cantonnez à des relations que vous connaissez déjà, asceptisées, "sous contrôle", dans l’espoir que votre coeur jamais ne trésaillira. vous voulez faire des choses, mais vous refusez de les vivre, de vous laisser toucher par elles de l’intérieur.

vous êtes des robots. en mouvement, mais morts à l’intérieur. insensibles.
le pire, c’est que non seulement vous en êtes fiers, mais en plus, vous faites tout ce que vous pouvez pour que ça ne change pas.

pendant un moment j’ai eu du mal à mettre des mots sur ce qui me pousse à considérer d’un oeil si bienveillant les relations d’amant (amoureuses donc). jusqu’à ce que je relise le passage du renard du petit prince, et que je comprenne que je suis comme ce renard.

" Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…" […] "… ma vie sera comme ensoleillée. je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis, regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors, ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé …"

…" […] "…

Ainsi, le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche :
"Ah, dit le renard… je pleurerai.
– C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise…
– Bien sûr, dit le renard.
– Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.
– Bien sûr, dit le renard
– Alors tu n’y gagnes rien !
– J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé."

l’intérêt de vivre une relation d’amant passagère, de se laisser aimer, d’aimer, même si ça ne doit pas durer, c’est le souvenir tendre qu’il nous laisse. c’est d’apprivoiser une personne et de se laisser apprioiser, c’est de se voir unique dans l’oeil de la personne qu’on tient dans ses bras, et de lui montrer dans notre regard à quel point lui aussi est unique.

c’est d’en sortir grandie, meilleure, aimée et aimante, bienveillante face au monde et aux Hommes. car même si au final, ça ne dure pas, une personne qui a été aimée porte en elle et sur elle la marque de cet amour. juste pour quelques minutes, quelques heures, quelques jours, quelques semaines ou quelques mois de relation, et au prix d’un peu de souffrance en cas de rupture, il est vrai, on garde pour la vie au fond de soi et sur soi un trésor précieux.

il y en a qui en sont conscients. et d’autres qui ne comprendront jamais rien à rien. voilà comment je vois les choses.
voilà pourquoi je préfère aimer, et être aimée.

pour les pragmatiques du cul, je peux aussi vous dire que baiser avec une personne qu’on aime c’est vraiment vraiment ENORME. l’envie insatiable qu’on a de l’autre rend infatiguable, et mon plaisir d’être caressée et aimée est toujours au moins 10 fois supérieur.

le calcul est simple.
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