LE TANTRA : et si nous en parlions …?

venez parler de cette divine façon de faire l’amour… ***

ce billet est une réponse à un début de conversation que nous avons eue, davidlibe et moi, sur l’article le raffinement dans le sexe.

je ne vais pas aborder les différents thèmes du tantra dans le détail ici. simplement parce que d’une part j’en suis incapable (je ne connais pas tout sur le tantra) d’autre part, ça risque d’être bien emmerdant pour vous.

*

si j’ai lié à ce billet le forum religion et croyances, ce n’est pas par hasard. parce que figurez-vous qu’à la base, le tantra est une religion.

le principe de base étant qu’on peut atteindre un état d’éveil proche de celui du bouddhisme juste en ayant une sexualité. et qu’on y arrive d’autant plus facilement que le sexe est naturellement un moyen de se couper du reste du monde pour être concentré sur soi.

le tantra se sert du partenaire sexuel, quel qu’il soit, comme une porte permettant d’atteindre son dieu. ce ne sont plus deux personnes qui font l’amour, mais deux dieux qui s’unissent, voilà pourquoi l’image qui symbolise une union tantrique est l’image de Shiva (dieu indou de la vie et de la mort) et de Shakti (déesse mère indoue) dans un même corps. la moitié mâle, et l’autre femelle.

 

le tantra nous pousse à exploiter en nous toutes les énergies. aux femmes de laisser s’éveiller l’aspect masculin de leur être, et aux hommes de laisser s’exprimer l’aspect féminin. l’ensemble permettant de former un tout plus équilibré, parfait.

l’union tantrique basiquement est un coït pratiqué avec autant de connexions possibles entre les troncs des partenaires. soit face à face, soit en petites cuillères. la position symbolique étant l’homme assis en lotus (posture de méditation comme bouddha) et la femme assise face à lui, dans la même posture, empalée sur son pénis.

dans ces positions les centres énergétiques des deux corps (chakras) sont alignés. le chakra sexuel de l’un face au chakra sexuel de l’autre, idem pour ceux du cœur (sentiments), de l’énergie vitale, de l’esprit, etc.

les deux partenaires tiennent la position presque sans bouger, le but étant de laisser chaque fibre de son corps se remplir de sexualité, sans aller jusqu’à l’orgasme. l’orgasme chez l’homme s’il survient sans avoir été recherché est un orgasme sans éjaculation de toutes façons. (ça s’apprend.)

(attention! l’orgasme sans éjaculation n’est pas une méthode contraceptive. puisqu’on peut retrouver des spermatozoïdes dans le liquide séminal, et que ce liquide continuera à s’écouler même avec la méthode non éjaculatoire.)

pratiquée en plus de méditations tantriques (méditation concentrée sur les énergies des chakras), et de massages tantriques, l’union tantrique tend à nous réconcilier avec l’être primaire et unique que nous sommes, au travers d’une sexualité primaire.

je ne veux pas dire par là que la sexualité est frustre. je veux dire qu’elle est réduite à sa plus simple expression, le plus important n’étant pas ce qu’on fait (puisqu’on ne fait rien ou presque à part se mettre en position d’union tantrique). le plus important est ce qu’on ressent. la façon dont on laisse l’énergie sexuelle primitive nous prendre.

pour permettre l’expression de cette énergie primitive il est impératif de s’être réconcilié avec chaque aspect de son être sexué (masculin et féminin) avec respect et amour, de ressentir ce respect et cet amour pour le partenaire qu’on s’est choisi, et puis de s’abandonner dans les bras de l’autre, comme Shiva dans les bras de Shakti, ou comme Shakti dans les bras de Shiva.

vous n’êtes plus deux personnes qui font l’amour. vous êtes un dieu, entre les bras d’un autre dieu, fusionnant deux énergies cosmiques: le principe féminin, et le principe masculin.

la sexualité tantrique bien menée aboutit à un orgasme cosmique (orgasme qui mobilise non pas le sexe seul mais toutes les cellules du corps). cet orgasme n’absorbe pas l’énergie des partenaires comme l’orgasme purement sexuel et éjaculatoire.

voilà.
c’est dit rapidement, mais en gros, le tantra c’est tout ça.
les éclaircissements :
le tantra permet de contrôler sa sexualité. il permet à terme de vivre le sexe non comme un besoin qu’on assouvit mais comme un recueillement (quasi religieux) à deux. ce besoin de plaisir sexuel finit par disparaître.
l’image de base est celle de l’énergie cosmique, le principe masculin qui s’exprime à travers l’homme, et le principe féminin qui s’exprime à travers la femme.ça c’est la base.

ce sur quoi il faut travailler c’est sur l’abandon de soi entre les mains de l’autre. considérer l’autre comme un dieu (la déesse terre, ou le dieu univers). une idole païenne, une déesse mère dans les bras de laquelle tu peux t’abandonner en confiance. tu ne fais plus l’amour avec une personne, mais avec l’univers tout entier. la personne n’est qu’une porte, un corps au travers duquel ces forces divines s’expriment.

pour moi c’est plus facile de me prêter à des croyances primitives (comme celle de la déesse mère) que de me prêter à des croyances indoues (shiva-shakti). j’ai plus de foi dans les forces de la nature que dans celles de dieux indous. à chacun de s’adapter aussi.

le livre (« Tantra, spiritualité et sexe », de Osho (Auteur) et Sumitra (Traduction))

conseille aussi de s’entrainer à s’abandonner à tout. quand on sait comment s’abandonner à une personne, on peut s’abandonner à un objet, une plante, n’importe quoi.le principe du jeu ressemble à celui de la méditation. on se laisse emporter par la réflexion que provoque en nous la vue d’un objet. basiquement, le fait que cet objet aussi petit soit-il fait partie d’un tout immense qui est l’univers au même titre que n’importe lequel d’entre nous.

dans le livre il était question de s’abandonner à un arbre, et c’est un « exercice » que je fais depuis longtemps. ça m’a fait plaisir de le lire. prendre un arbre dans ses bras, ou se coucher au pied d’un arbre, et se laisser l’aimer. aimer ses feuilles, adorer sa capacité à nous faire vivre, et laisser les forces universelles nous remplir au travers de cet arbre.

en fait, de la façon dont je l’ai compris, s’abandonner à un arbre ce serait comme devenir un druide. pour les druides les arbres étaient sacrés, et divins. pour s’abandonner à un animal il suffit de faire comme les indous pour qui la vache est sacrée. d’une façon générale, qui marcherait pour tout le monde, c’est comme admirer une espèce en voie de disparition. ce n’est pas juste un animal. c’est un être sacré au travers duquel l’équilibre de l’univers s’exprime. et je pense que n’importe qui est capable de comprendre à quel point l’existence d’un tel animal peut devenir alors fondamental.

s’abandonner c’est apprendre à donner cette importance vitale à tout ce qui nous entoure.

voilà ce qu’il y a de plus difficile à faire.
voilà pourquoi c’est plus facile quand on aime profondément l’autre, et que l’autre nous aime aussi profondément. au moins pour commencer, et apprendre à s’abandonner.

ensuite, comme je l’ai dit, on sait s’abandonner dans tous les bras, avec tous les médias (Homme, animal, plante, ou objet).

 

alors pour aujourd’hui, je vais prendre quelques minutes pour préciser ce point: quand je parle de sexe primaire, je ne veux pas dire par là que la sexualité est frustre. je veux dire qu’elle est réduite à sa plus simple expression, le plus important n’étant pas ce qu’on fait (puisqu’on ne fait rien ou presque à part se mettre en position d’union tantrique). le plus important est ce qu’on ressent. la façon dont on laisse l’énergie sexuelle primitive nous prendre.la philosophie du tantra part du principe qu’un animal est plus doué pour faire l’amour qu’un être humain. pourquoi? à cause de la morale et de la culpabilité qui va avec. « le sexe est mal » on l’a tellement entendu qu’on a fini par le croire, et ça s’est inscrit dans notre inconscient.

un homme qui fait l’amour ne fait pas l’amour à 100%, sauf peut-être au moment de l’orgasme. il se contrôle, il se maîtrise, et ne perd pas de vue que ce qu’il fait est mal. si bien que pendant l’amour, une partie de son esprit reste à l’extérieur de ce qu’il fait.

donc un couple qui fait l’amour ce n’est jamais deux personnes qui se donnent. ce sont 4 personnes qui se rencontrent. deux qui font l’amour, et deux qui regardent. cette division dans l’acte sexuel empêche la réunion et la montée de l’énergie tantrique.

la pornographie et la présence quasi générale du sexe partout dans la société a compliqué la donne. le sexe est devenu un plaisir intellectuel. on est excité par l’idée d’avoir des rapport sexuels, par la sexualité même, mais on oublie peu à peu de pratiquer le sexe, et de le vivre. la sexualité remplace le sexe.

si bien que certains trop habitués à avoir une sexualité, et peu habitués à vivre le sexe, finissent par être plus excités devant des images, en fantasmant des actes, mais sont complètement incapables de vivre ces fantasmes. l’érection n’est pas bonne, l’acte est fatiguant, le plaisir promis n’est pas au rendez-vous, bref, le fantasme générait plus de plaisir, malgré son aspect irréel et frustrant. on oublie comment pratiquer le sexe, et comment prendre du plaisir avec son corps, et au présent.

on ne sait prendre du plaisir qu’en s’imaginant un autre, ailleurs, autrement.

pourtant le corps est fondamentalement formé de cellules sexuelles, puisque nous sommes tous issus de cellules sexuelles (ovule + spermatozoide) et d’un acte et un plaisir sexuels. donc le tantra part du principe qu’on est programmé pour SAVOIR faire l’amour. il suffit de se laisser aller, et de laisser le corps s’exprimer. il sait instinctivement quoi faire.

il y a donc deux choses à faire:
accepter de débrancher l’intellect pour ne plus juger l’acte sexuel d’un point de vue moral et ne pas être divisé pendant l’acte, et ne plus vivre de sexualité mais réapprendre à pratiquer le sexe soi-même, au présent, et enfin, laisser le corps s’exprimer de façon naturelle et primitive, bestiale (dans le sens comme les animaux, sans fantasme).

– pour débrancher l’intellect et les réflexes de morale savoir s’abandonner dans les bras de l’autre peut aider.
– pour réapprendre à laisser s’exprimer le corps, l’exercice consiste à se laisser aller aussi pendant les masturbations. pratiquer la masturbation seul (sans ‘aide’) et se laisser crier, rire, gigoter, taper des pieds, etc. faire ce qui vient à l’esprit, pour déjà dans un premier temps réapprendre le chemin unique que chaque corps a vers son plaisir sexuel, et désamorcer les chemins de la sexualité apprise (pornographie, images, pubs, textes, etc.).

savoir vivre une pratique sexuelle primaire, pure, naturelle, sans jugement. voilà ce que je voulais dire.

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