lâcheté devant les sentiments

alors… ça sera peut-être mon tout premier message perso-personnel sur le blog. je crois que je suis aussi lâche côté sentiments que n’importe lequel de ceux à qui je reproche tant leur lâcheté.je réalise qu’en fait, si tout se passe trop bien dans une relation, j’ai tendance à prendre le large. ou à trouver un moyen pour que ça ne se passe plus aussi bien, et toutes les raisons sont bonnes.bon, c’est pas nouveau, et j’avoue que ce n’est pas pour rien si je préfère les hommes calmes et patients. il faut au moins ça pour tenir le choc, au moins au départ, et faire la part des choses quand je commence à avoir un comportement contradictoire.

je ne pense pas être la seule dans ce cas (beaucoup de conversations m’ont appris que c’était un mal assez répendu) mais franchement, je me déçois un peu.

est-ce que je ne pourrais pas de temps en temps juste apprécier de rencontrer de nouvelles personnes, et y aller sans faire la danse des « un pas en avant trois pas en arrière »?

j’ai beau savoir pourquoi je réagis comme ça (moi aussi j’ai un passé pas toujours rose à gérer) ça me gave. l’expérience c’est bien, mais parfois ça saoule.

j’ai aussi tendance à vouloir sauvegarder une espèce d' »indépendance ». en fait, je suis assez solitaire, et c’est pas facile pour moi de partager mon temps avec une personne. là dessus par contre, c’est plus rare de rencontrer une personne qui comprenne ou qui vive de la même façon.

les êtres solitaires ont toujours été mal compris, incompris, ou simplement craints. je me demande pourquoi…

bref, quand on cumule les deux, la peur de la relation et l’amour de la solitude, une vie de libertine, mariée de surcroît, devient vite compliquée à gérer…

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précisions: Tu me disais ailleurs que j’avais une drôle de façon de parler du couple, eh bien c’est un peu ça aussi. J’ai appris très tôt à être solitaire, et ça m’a formé, ou déformé (si on croit qu’on est fait pour vivre en couple, mais alors là, il faudrait apporter des preuves, et que je sache on ne les trouve pas dans la nature).
beaucoup d’espèces animales ne vivent qu’en groupe, et pour certaines d’entre elles, en couple. dans ces espèces on trouve aussi de grandes fidélités, à tel point que le partenaire survivant se laisse souvent mourir après le décès de son « grand amour ».l’amphiprion perideraion (un poisson clown), les cygnes, les dik-diks, les hippocampes, les inséparables (et les autres Psittacidae), les manchots, la Gerbille de Mongolie, l’Oie cendrée, les pigeons (entre autres) sont comme ça.mais ici on parle de l’homme, et comme toi, je ne suis pas convaincue que l’homme ait BESOIN de vivre en couple. mais il a besoin de vivre en GROUPE. (je pense sincèrement que niveau performances naturelles, pris seul, l’homme est un véritable avorton comparé à n’importe quelle autre créature, ou presque)

le problème étant qu’à l’époque actuelle, la solidarité sociale n’est plus ce qu’elle était (éclatement de la famille). le couple a donc dû prendre le relais. si tu ne vis pas en couple tu ne disposes pas du minimum vital de solidarité en cas de grabuge (glisser dans la salle de bain et se retrouver inconscient et gravement blessé, ou simplement, perdre son boulot, et se retrouver provisoirement privé de ressources…).

J’ai essayé plusieurs fois d’être en couple, et au début, je suis amoureux comme un fou, tout passe… en tout cas pour moi, mais j’ai besoin de mon espace, de mes choses, et j’ai des manies dont je vois bien aussi d’où elles viennent. Par exemple, étrangement, je n’aime pas qu’on m’aide quand je fais à manger. J’adore cuisiner, uen buvant un verre de vin, mais je dois avoir toute la place.Au bout d’un moment, j’ai de la peine à repirer, je voudrais pouvoir manger quand je veux, déambuler dans l’appartement sans personne, me sentir seul, pouvoir parler tout haut, dire des idioties. Je me sens, quand je suis seul, l’esprit plusd léger. Bref, au bout d’un moment, ça me manque, j’étouffe un peu…
je suis comme toi. j’ai juste pris le temps d’expliquer à mon mari que j’avais besoin d’espace. puis, j’ai une pièce rien que pour moi dans l’appartement. je m’y ressource, j’y fais ce que je veux, c’est mon « chez moi » DANS notre « chez nous ».
et bien sûr, si une femme me plaît, quelqu’un que je rencontre et pour qui j’ai une attaque de tendresse, je voudrais pouvoir lui dédier tout mon temps;
je trouve que c’est une erreur. en tout cas, de mon point de vue, je suis incapable de donner tout mon temps à une personne, je « coupe les ponts » régulièrement. je sors seule, je fais des choses seule, j’ai des amis qui sont A MOI, que je vois seule, des goûts différents de ceux de mon partenaire, ce qui fait qu’on a beaucoup d’activités l’un sans l’autre.pour moi c’est primordial.
quand je reviens, je lui raconte, et il me raconte. ça n’empêche pas que je suis ravie de retrouver la chaleur de ses bras à mon retour.la faire venir chez moi quand je veux, pour le temps que ça dure. Alors, adolescent attardé ? Syndrôme de Peter Pan ? Instabilité émotionnelle ? Et alors ? est-ce que j’émets des jugements sur les banquiers, les zombies du métro, les moralistes secs et glacés ? Si cela leur convient, vive la vie !
oui mais… ce que je trouve dommage c’est que je te sens tiraillé entre deux envies. faut juste trouver le moyen de les concilier.

Bref, le couple, ça a ressembler pour moi à une nécessaire adaptation à des normes sociales auxquelles je me suis senti étranger, comme si je devais déménager dans un petit étranger, et vivre une vie qui m’est incompréhensible.
lol… parce que tu as essayé de vivre TES couples comme les couples des autres. c’est vraiment une erreur de débutant…pardon! j’ai fait les mêmes, d’erreurs, mais quand j’avais 25 ans. j’ai vite compris que si je voulais vivre en couple (et je le voulais) il fallait que propose mes propres règles, et qu’on les négocie entre 4 yeux.finalement je suis SA femme, et il est MON mari.
je n’ai que faire de la vision du couple que « la société » promeut. je ne vis pas avec « la société ». je vis avec mon mari.

Mais à la fois, j’aime l’idée du couple, et je m’y remettrai peut-être un jour, parce qu’alors j’aurai le sentiment vrai que c’est bon.
je crois vraiment que tu as juste besoin de trouver TA formule personnelle, et le partenaire prêt à te laisser la bride sur le cou.
En attendant, sans te connaître encore, j’envie ta situation : tu peux vivre comme tu le souhaites, en partageant ce souhait jusqu’au bourt avec ton mari. Mais suis-je trop angélique ? Trouves-tu ta situation enviable ?
tu m’envies, mais est-ce enviable?je ne cherche pas à être enviée. comme je l’ai dit à maintes reprises, je ne vis pas comme tout le monde, donc personne ne me comprend. je sais que je le cherche, et donc que c’est normal que je le trouve. tant pis j’assume.mais le mauvais côté des choses c’est que je ne suis jamais comprise, ou très rarement. et quand je suis comprise, c’est toujours à l’issue d’une très longue conversation. c’est parfois fatiguant.

ceci dit, j’ai beaucoup travaillé pour obtenir ma liberté. je suis assez fière de moi, parce que j’aime mon couple, et j’aime ma vie. même si j’aimerais maintenant passer à d’autres « hobbies ».

je me suis trouvé un partenaire parfait, j’ai négocié nos vies ensemble, je pense qu’il est heureux (auto-congratulations!!!) moi je le suis, et honnêtement, je ne cherche pas plus loin.

la vie de couple est un équilibre constant, et par définition, l’équilibre est toujours instable.

ah, précision (et opinion), ce dont tu parles ici n’est qu’à moitié de la lâcheté. La lâcheté est de ne pas vivre selon toi-même, de mentir à l’autre et de ne rien assumer. On ne dirait pas que c’est ce que tu fais.

c’est vrai… mais j’en suis déjà à me dire que je devrais te fuir… ahhh… je suis sûre que tu trouves ça moins drôle tout à coup…
je suis une anguille…

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tous les poèmes sur la solitude sont tristes. mais!!!! mais j’en ai trouvé un, enfin, qui ressemble à ce que je ressens.La Solitude
Sabine Sicaud

Solitude… Pour vous cela veut dire seul,
Pour moi – qui saura me comprendre ?
Cela veut dire : vert, vert dru, vivace tendre,
Vert platane, vert calycanthe, vert tilleul.
Mot vert. Silence vert. Mains vertes
De grands arbres penchés, d’arbustes fous ;
Doigts mêlés de rosiers, de lauriers, de bambous,
Pieds de cèdres âgés où se concertent
Les bêtes à Bon Dieu ; rondes alertes
De libellules sur l’eau verte…

Dans l’eau, reflets de marronniers,
D’ifs bruns, de vimes blonds, de longues menthes
Et de jeune cresson ; flaques dormantes
Et courants vifs où rament les  » meuniers  » ;
Rainettes à ressort et carpes vénérables ;
Martin-pêcheur… En mars, étoiles de pruniers,
De poiriers, de pommiers ; grappes d’érables.
En mai, la fête des ciguës,
Celle des boutons d’or : splendeur des prés.
Clochers blancs des yuccas, lances aiguës
Et tiges douces, chèvrefeuille aux brins serrés,
Vigne-vierge aux bras lourds chargés de palmes,
Et toujours, et partout, fraîche, luisante, calme,
L’invasion du lierre à petits flots lustrés
Gagnant le mur des cours, les carreaux des fenêtres,
Les toits des pavillons vainement retondus…
Lierre nouant au front du chêne, au cou du hêtre,
Ses bouquets de grains noirs comme un piège tendu
A la grive hésitante ; vert royaume
Des merles en habit – royaume qui s’étend
Ainsi que dans un parc de Florence ou de Rome
En nappes d’émeraude et cordages flottants…
Lierre de cette allée au porche de lumière
Dont les platanes séculaires, chaque été,
Font une longue cathédrale verte – lierre
De la grotte en rocaille où dorment abrités
Chaque hiver, les callas et les cactus fragiles ;
Housse, que la poussière blanche de la ville
Givre à peine les soirs de très grand vent – pour moi,
Vert obligé des vieilles pierres,
Des arbres vieux, des toits qui penchent, des vieux toits –

Un château ? Non, Madame, une gentilhommière,
Un ermitage vert qui sent les bois, le foin,
Où les bruits de la route arrivent d’assez loin
Pour n’être plus qu’une musique en demi-teintes.
Un train sur le talus se hâte avec des plaintes,
Mais l’horizon tout rose et mauve qu’il rejoint
Transpose le voyage en couleurs de légende.
On regarde un instant vers ces trains qui s’en vont
Traînant leur barbe grise – et c’est vrai qu’ils répandent
Un peu de nostalgie au fil de l’été blond…

Mais le jazz des moineaux fait rage dans les feuilles,
Les pigeons blancs s’exaltent, le cyprès
Est la tour enchantée où des notes s’effeuillent
Autour du rossignol. Du pré,
Monte la fièvre des grillons, des sauterelles,
Toutes les herbes ont des pattes, ont des ailes –
Et l’Ane et le Cheval de la Fable sont là
Et Chantecler se joue en grand gala
Jour et nuit dans la cour où des plumes voltigent.

Au clair de l’eau, c’est l’éternel prodige
Du têtard de velours devenu crapaud d’or,
De la voix de cristal parmi les râpes neuves
D’innombrables grenouilles. Le chat dort.
Dickette-chien s’affaire – et sur leur tête pleuvent
Des pastilles de lune ou de soleil brûlant.
S’il pleut vraiment, la pluie à pleins seaux ruisselants
S’éparpille de même aux doigts verts qui l’arrêtent.

Un tilleul, des bambous. L’abri vert du poète,
Du vert, comprenez-vous ? Pour qu’aux vieilles maisons
Rien ne blesse les yeux sous leurs paupières lasses.
Douceur de l’arbre, de la mousse, du gazon…
Vous dites : Solitude ? Ah ! dans l’heure qui passe,
Est-il rien de vivant plus vivant qu’un jardin,
De plus mystérieux, parfumé, dru, tenace,
Et peuplé – si peuplé qu’il arrive soudain
Qu’on y discourt avec mille petits génies
Sortis l’on ne sait d’où, comme chez Aladin.

Un mot vert… Qui dira la fraîcheur infinie
D’un mot couleur de sève et de source et de l’air
Qui baigne une maison depuis toujours la vôtre,
Un mot désert peut-être et desséché pour d’autres,
Mais pour soi, familier, si proche, tendre, vert
Comme un îlot, un cher îlot dans l’univers ?…


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