ce que recouvre le libertinage, pour moi.

j’ai posé la question de la définition du libertinage à beaucoup de gens (libertinant ou pas) et j’ai lu quelques petites choses à ce sujet… et j’ai chaque fois reçu une réponse différente. voici le résultat de mes recherches et réflexions:
(extraits de l’article de wiki)

dans sa version d’origine, le libertin est celui qui remet en cause les dogmes établis, c’est un libre penseur (ou libertin d’esprit) dans la mesure où il est affranchi, en particulier, de la métaphysique (qui suis-je, où cours-je, dans quelle étagère, concombre…) et de l’éthique religieuse ;

le sens qui prévaut de nos jours se réfère au libertin de mœurs, c’est-à-dire celui qui s’adonne aux plaisirs charnels avec une liberté qui dépasse les limites de la morale conventionnelle et de la sensualité bourgeoise normale, mais aussi, avec un certain raffinement cultivé.Le libertinage est un mouvement du XVI siècle.

Relecture des théories du philosophe grec Épicure, le libertinage est un courant de pensée né au XVIe siècle, développé en Italie (Cardan, Paracelse, Machiavel) et qui débouchera au XVIIIe siècle sur la notion de raison critique des philosophes.

Matérialistes, les libertins considèrent que tout dans l’univers relève de la matière, laquelle impose, seule, ses lois. Ils estiment donc que la compréhension du monde relève de la seule raison, reniant, pour beaucoup, la notion de créateur.

S’engouffrant dans la brèche ouverte par les libertins de pensée, certains ne se contentent pas de se libérer de toutes contraintes imposées par la tradition pour penser mais aussi pour agir à leur guise en limitant les freins moraux. C’est le libertinage de mœurs.

Les libertins de mœurs se réclament du même courant philosophique que les libertins de pensée mais l’excès de certains ont contribué à discréditer le premier mouvement.

On retrouve souvent chez ces libertins une valeur commune: la vision de la cellule du couple dépourvue d’obligation morale comme la fidélité. Il n’est pas rare de voir des couples libertins pratiquer l’échangisme tout en respectant l’individu et le couple lui même. Le libertinage moderne place l’individu au centre de sa sexualité, contrairement à la morale qui elle, y place le couple. C’est sur ce dernier point que l’on rejoint la définition première car l’application du libertinage de mœurs est en opposition à la religion et au concept de l’amour unique et éternel d’un couple.

On peut dire qu’il y a rejet de la morale et de la religion concernant l’aspect de l’amour.

(merci wiki)

bref, je suis d’accord avec l’idée principale qui revient à dire que le libertin est celui qui ne se laisse pas dicter de règle. il fait ce qui lui semble juste et vrai, même si pour cela il doit aller à contre courant de la société dans laquelle il vit.appliquée au sexe, cette idée est encore plus vraie, parce qu’à mes yeux il n’y a rien de plus personnel, de plus « individuel » que le sexe. et je trouve assez hallucinant de croiser si souvent des partenaires qui veulent « faire comme… » ou qui veulent ou demandent ce qui est « normal »: peut-on seulement parler de normalité en matière de sexe, vu que, sauf exception, personne ne sait ce qui se passe dans le lit du voisin…?

j’ai constaté aussi à l’échelle de petits sites de rencontres une espèce de microcosme où tout le monde désire la même chose (le même genre de partenaires, bien entendu minces et épilés) pour faire l’amour en ayant le même genre de pratiques: des sites où tout le monde veut de la sodomie, d’autres où l’échangisme est roi, d’autres où des couples rencontrent des célibataires, etc.

c’est bien la peine de se dire libertin…

j’ai l’impression que parmi les dits libertins, peu d’entre eux se sont réellement posé la question de savoir ce qu’ils font là, comment ils ont envie de le faire, et pourquoi. pardon… je suis à contre-courant, je fais de la métaphysique…

mais je ne suis pas si loin de notre propos parce que… je vais rappeler à tout le monde de vilains souvenirs en parlant de ces nombreux « presque amants » qui soit vous ont posé un lapin, soit se sont désistés au dernier moment, ou ces nombreux amants qui une fois engagés dans une relation de libertinage, se sont enfuis sans explication. ce n’est pas une spécialité féminine, pour diverses raisons (toujours la peur au final) ça m’est arrivé aussi à plusieurs reprises. c’est ce qui arrive quand on rencontre une personne qui n’a pas d’abord réfléchi à ce qu’elle faisait là.

je m’interroge aussi sur la finalité que recherchent ceux des « libertins » qui voudraient que le libertinage soit vécu de la même manière par tous. sachant à quel point je suis, moi, réfractaire à toute règle, je ne m’attends pas à ce que le voisin accepte avec plus d’aisance que moi que je lui dicte quoi faire, quand, où, comment… si je réclame la liberté pour moi, il me semble évident que je dois l’accorder à mes partenaires. mieux et plus encore, à mes non partenaires.

pour moi c’est dans la diversité que VIT le libertinage. je ne devrais même pas avoir à le dire. c’est tellement évident! on ne peut pas parler de liberté, et dans la foulée, établir des règles sources de servitudes. ce qui est bon pour moi ne le sera bien évidemment pas pour vous, ou pour le voisin. mais est-ce un problème? n’est-ce pas dans cette diversité et dans la tolérance de la différence de chacun que nous avons le plus de chance de trouver le bonheur, l’épanouissement, la complétude, tous autant que nous sommes?

quand j’y réfléchis, j’ai toujours pensé comme une libertine, c’est à dire comme moi, et non pas comme la société (et surtout mes proches et mes parents en particulier) auraient voulu que je pense. je crois que pendant longtemps (peut être encore aujourd’hui) ils ont été très inquiets de mon avenir. je crois qu’ils ont dû craindre longtemps que je tourne « éternelle-ado-révoltée ».

***

pourtant j’aime vivre en harmonie avec mon environnement, simplement parce que je ne me sens pas du tout le droit de juger du choix de chacun. à condition que ce soit bien un choix, pas une obeïssance à un ordre établi, et à condition qu’on ne m’impose rien non plus. ma réflexion est venue de là. de ce que j’agissais d’instinct de telle sorte que j’étais jugée en permanence. j’ai fini par comprendre que ma liberté d’esprit gênait, donc que j’étais plus libre dans ma tête que la majorité.

je suis restée fidèle en amour longtemps. jusqu’à ce que ça me devienne une gêne, et que je décide en accord avec mon partenaire, d’arrêter de me forcer. et là aussi, j’ai passé des journées, des soirées, des nuits entières de réflexion, sur ce que je faisais, pourquoi, comment…

ce qui me semble être un énormissime cadeau à mon partenaire, c’est que je reviens vers lui librement. j’ai des amants, mais je reviens. je rencontre d’autres hommes, mais c’est lui que je choisis, encore et encore chaque jour. je l’aime librement. chaque jour près de lui signifie que personne dans mon entourage ne lui arrive à la cheville. et il n’est pas stupide, il le comprend bien comme ça. nous nous aimons librement. même si c’est parfois douloureux.

à ceux qui me diront que c’est dangereux pour notre couple, et il y en a, et il y en aura toujours, je réponds que c’est tout aussi douloureux de se forcer à une fidélité qui nous opprime, et de se forcer à se plier physiquement à une relation qui nous éteint. et que la sécurité qui en découle est toute illusoire. je le sais, je l’ai vécu, ressenti, enduré dans mon corps pendant presque deux ans avant de commencer à libertiner.

je ne connais aucun couple qui peut jurer que demain ils seront toujours ensemble. le risque est le propre de toute relation amoureuse.

la souffrance que les couples libres et les couples traditionnels partagent est tout aussi gênante, même si elle n’a pas la même origine. moi j’ai peur qu’il trouve ailleurs plus de bien être qu’auprès de moi, j’ai peur aussi de le perdre en trouvant ailleurs plus de bien-être qu’auprès de lui – bien sûr que je lui suis attachée! les couples fidèles, eux, doivent faire le sacrifice de leurs désirs (envie d’ailleurs, ou simplement, liberté – d’être, d’aimer, de ne plus aimer, de partir, de revenir, de vivre).

là où nous sommes différents, c’est qu’en cas de rupture, je ne pourrais pas dire à mon mari « après tout ce que j’ai sacrifié pour toi…! » je n’aurai rien sacrifié. et lui non plus. nous nous quitterons quittes de tout. alors que dans les couples fidèles – qui se forcent à être fidèles -, en cas de rupture, les deux ont des tonnes de frustrations à se reprocher l’un l’autre.

je trouve ma relation plus saine. mon mari est mon partenaire, mon complice, mon appui, mon compagnon de vie. il n’est pas le geôlier de ma prison de fidélité. il n’est pas dans ma vie pour me surveiller, pour me donner la permission de vivre (de sortir, de rencontrer quelqu’un, d’aller faire du sport, sortir en boite, etc.). il ne me surveille pas à chaque pas chaque jour.

nous ne sommes pas enchaînés ensemble. nous vivons ensemble.
je connais peu de gens capables de voir la différence.

j’ai ajouté des choses au fur et à mesure dans ma vie. donc le libertinage est venu se greffer sur une existence plutôt traditionnelle à la base. mais nous n’avons jamais été un couple vraiment « normal ». même quand j’étais fidèle il y a toujours eu beaucoup de communication, donc de liberté, dans notre relation. je crois que c’est surtout à ça que tient le fait que le libertinage apporte ou pas quelque chose à un couple. il faut que l’information circule si on veut qu’elle apporte quelque chose.

j’ai parfois rencontré des couples qui fonctionnaient comme le mien, mais j’avoue, pas dans la même tranche d’âge. la plus part des libertins avec qui j’ai aimé échanger avaient dix à vingt ans de plus que moi. j’ai remarqué que cette douceur de vivre je la retrouve chez beaucoup de cinquantenaires. éducation? sagesse due à l’expérience?
je relance le débat…

rencontrer d’autres personnes permet de re-apprécier des choses qu’on a dans son couple et auxquelles on ne faisait plus attention. la tendresse et la douceur de mon compagnon, son respect, sa galanterie envers moi même après neuf ans et demie de relation, son esprit caustique et piquant, sa liberté de penser, d’être, d’agir, sa grande tolérance… combien peuvent rivaliser dehors?

par contre, sexuellement, aucun de mes partenaires ne m’a « appris » quelque chose de nouveau. c’est même plutôt l’inverse… je n’ai peut-être pas rencontré les bonnes personnes, mais bon, j’ai l’impression que le plaisir du libertin de base est moins dans une pratique sexuelle de qualité que simplement dans la diversité de partenaires.

je considère qu’on a toujours des obligations envers les amants que nous fréquentons, qu’on en prenne conscience ou pas. et ça n’a aucune incidence sur le fait que nous ne nous sommes rien promis (et surtout pas la fidélité). parce que personne ne peut parier au début d’une relation qu’elle sera légère ou profonde. c’est une chose qu’on découvre sur place (pour son bonheur ou son malheur d’ailleurs). je préfère toujours agir envers l’Autre comme si nous étions sensés nous fréquenter longtemps.

ce n’est pas un problème de m’attacher à un autre. je tombe très régulièrement amoureuse d’autres hommes que mon mari. mes sentiments ne se téléscopent pas. il y a de la place dans mon coeur pour deux amours, voire plus (même si bon, là, j’ai un énorme problème d’emploi du temps, et donc par manque de temps ça devient douloureux, frustrant et bordélique à gérer).

j’aime mon mari, ça ne remet pas du tout en question le fait que c’est avec lui que je veux vivre. mon coeur papillonne, mais ce que je ressens pour mon mari est trop profond pour en être ébranlé. les choses se font d’elles-mêmes, très naturellement.

je trouve que la plus part des gens se posent le problème à l’envers. le but n’est pas de garder son partenaire à tout prix. le but est de rencontrer puis de garder le partenaire qui nous convient le mieux. si c’est vers mon mari que mes pas et mon coeur me portent naturellement, tant mieux, si mes pas et mon coeur me portent ailleurs, TANT MIEUX AUSSI. qu’ai-je à y perdre? quand on est sincère avec soi-même, on va naturellement vers la solution qui nous rend le plus heureux.

la vie n’est-elle pas faite que de ça? on débute on est jeune, on ne connait rien à l’amour, à soi-même, on ne sait pas trop ce qu’on attend de la vie, du couple, de l’amour, de la relation à deux… alors fatalement, on fait les mauvais choix et les mauvaises rencontres. puis on apprend. on apprend ce qu’on veut, mais surtout ce qu’on ne veut pas, ou plus. le partenaire suivant est (en principe) mieux que le précédent. alors pourquoi devrais-je craindre d’évoluer? je ne rompts pas (avec moi-même), je ne change pas de partenaire. j’évolue, et je choisis pour compagnon celui qui correspond à qui je suis ici et maintenant.

la première liberté que j’ai revendiqué, le jour même où j’ai décidé de me marier, est d’être libre de partir à la seconde où j’aurais été certaine de ne plus être heureuse (à ma place, amoureuse) avec mon mari. et nous avons toujours été d’accord sur ce point. je suis avec lui parce que c’est lui que je veux, lui qui me rend heureuse, lui avec qui je suis bien. et ça doit être comme ça toujours. toujours. à quel titre serait-il mon mari si je ne ressens pas ça pour lui?

et n’est-ce pas un beau cadeau que de signifier à son partenaire de vie jour après jour « c’est toi que je choisis, années après années, depuis si longtemps, je te choisis encore, je te choisis toujours, au milieu d’une foule, c’est vers toi que je viens ».

ma situation actuelle en a découlé naturellement.

je suis juste libre.

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