qui paye, qui se laisse inviter, et comment vous vous sentez par rapport à ça?

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nous avons à plusieurs reprises abordé le sujet de l’argent ensemble, sans jamais être d’accord (ce qui est normal à mon sens), et j’ai depuis longtemps envie d’en parler de façon plus posée. j’ai retrouvé (enfin!) l’article que j’avais lu sur l’amour et l’argent, et dans lequel je m’étais reconnue à nombreuses occasions. le but n’est pas de se la jouer, même si on se rêve grand seigneur, car le rapport qu’on entretient avec l’argent est souvent très révélateur de celui qu’on entretient avec l’Autre, et avec soi-même.

à vous de lire l’article (page msn femmes) l’esprit ouvert (ou pas), et de vous y reconnaître avec honnêteté (ou pas). ensuite on pourra en parler de façon plus constructive (ou pas).

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premier rendez-vous, qui invite au restaurant?

L’arrivée de l’addition est un moment lourd de sens. Derrière les règles de galanterie, chaque convive joue sa place et la manière qu’il aura d’aimer.

Quand l’addition arrive sur la table, ils ne se sont pas encore embrassés. A peine effleurés. Ils peuvent encore se désister mais, à cet instant précis, ils doivent décider : je veux, un peu, beaucoup, pas du tout… coucher avec cette personne. «

Quand un homme invite une femme au restaurant, est-il en droit d’attendre plus que sa compagnie ? » interrogeait la publicité radiophonique pour un jeu de société.

Il s’agit d’argent, de sexe, mais aussi d’inconscient, c’est donc autrement plus compliqué. Un geste inapproprié, quelques secondes d’hésitation peuvent provoquer un naufrage : « S’il ne réagit pas immédiatement, je sors ma carte bancaire. C’est une façon agressive de lui montrer qu’il n’a pas assuré, dit Béatrice, 39 ans, pour qui cette faute est rédhibitoire.

C’est la panne sexuelle avant même d’avoir commencé ! » Richard, jeune quinqua, estime que l’élégance impose aux hommes de payer, et aux femmes de ne pas s’en apercevoir : « Si elle demande à partager, elle brise la beauté de la soirée. Ça veut dire qu’elle n’a rien compris. »

Le poids symbolique de l’argent

En parler ou pas ? Aborder la question de l’addition à défaut de celle du désir ? « Il a dit : « Comment on fait ? » et tout le charme s’est écroulé. Ce n’est pas une question d’argent, c’était à lui de prendre les choses en main », raconte Laurence, fraîche quadragénaire.

Esther, 28 ans, a vu qu’il glissait prestement la facture dans sa poche. « J’allais passer dans les frais de sa boîte. Super romantique. Le mec, il ne prenait pas de risques. »

Hector, 35 ans, raconte qu’au moment de payer, il a toujours peur d’avoir perdu sa carte ou que la machine refuse l’opération, alors qu’il a ce qu’il faut sur son compte.
« Il y a deux systèmes en déséquilibre, fragilisés par cette démarche vers l’intime. C’est un contexte où la valeur symbolique de l’argent se retrouve décuplée, explique Ilana Reiss-Schimmel ( Auteure de La Psychanalyse et l’Argent (Odile Jacob, 1993)), psychanalyste. L’argent nous renvoie à la prime enfance. On y trouve le symbole du sein qui nourrit, du pénis qui représente la force, la virilité, le fait « d’avoir » ou pas. »

Puissamment érotisé ou diabolisé, il détermine la valeur du moment partagé et, par un glissement inévitable, amène les questions : « Je vaux combien ? », « Est-ce que j’ai ce qu’il faut ? »

Les lois du désir

Il fut un temps où, au nom de l’égalité entre les sexes, certaines femmes revendiquaient de partager l’addition.
« Aujourd’hui, les jeunes filles attendent que l’homme paye, car c’est la preuve qu’elles sont désirables », se désole Maureen Dowd, chroniqueuse féministe du New York Times.

Ilana Reiss-Schimmel fait la différence entre les lois sociales et celles du désir. « L’égalité entre hommes et femmes n’a pas à s’exprimer à ce moment. D’un point de vue éthologique, on est dans la parade. Au niveau de l’inconscient, la femme attend de l’homme qu’il tienne le rôle de la mère nourricière et du père protecteur. C’est ainsi que la culture organise le désir entre les sexes. »

Michel Bozon, sociologue et démographe, remet en cause cette répartition des conduites : « Les femmes continuent à être vues comme des objets à posséder, au mieux comme des sujets au désir modéré, attentives au désir qu’elles peuvent susciter. C’est aussi pesant pour les hommes que pour les femmes. »

Le psychiatre et thérapeute de couple Jacques-Antoine Malarewicz (Auteur notamment de Repenser le couple (LGF, « Le Livre de poche », 2002)) émet l’hypothèse suivante : l’homme qui propose le partage de l’addition teste un autre partage des rôles. « Il dit : « Je suis prêt à abandonner mon pouvoir d’homme sur l’argent, es-tu prête à abandonner ton pouvoir de femme sur la sexualité ? » » Peu de femmes l’entendent de cette oreille.

« De plus en plus d’hommes prennent prétexte du féminisme pour justifier leur radinerie, assène Ana, 30 ans. Je trouve normal qu’un homme paye les premières fois. Il doit me séduire, se montrer généreux et léger. C’est un moment où il ne faut pas compter. Sinon, ça augure mal de la suite. »

Payer, pour un homme, c’est, au minimum, afficher son désir et, en creux, sa capacité sexuelle : « Je le fais parce que je sens qu’elle me le demande. Je signifie que je suis prêt à me comporter comme elle veut que je me comporte », explique Jean, 49 ans.

« Dans le geste de « sortir » sa carte de paiement ou ses billets, il y a une projection « éjaculatoire ». Et dans le fait d’accepter, pour la femme, il y a cette capacité à accueillir l’éjaculation », explique Catherine Blanc, sexothérapeute. Heureusement pour les âmes prudes, la galanterie a organisé ces « projections » en règles de savoir-vivre.

« Je paye toujours parce que c’est ce que l’on m’a appris. Et j’ai toujours su que l’après-dîner ne s’achetait pas », témoigne Christophe, 23 ans.

De nouveaux jeux de rôles

En France, d’après une récente étude ( Enquête Ifop pour le site de rencontres Parship, réalisée en janvier 2007), 85 % des hommes payent lors du premier dîner au restaurant, 14 % partagent et 1 % – goujats, radins ou authentiques féministes – se laissent inviter.

Ceux qui payent et celles qui se laissent inviter ne le font pas tous de gaieté de coeur. Ils s’y plient souvent, car ils savent que perturber ce rituel sexuel « mènerait au chaos » selon l’expression de Steve, 45 ans. « La cérémonie de l’addition est blessante, explique-t-il. Je trouve que la femme se dégrade en jaugeant sa valeur au fait que je paye ou non. »

« Tu acceptes l’invitation en sachant que tu ne coucheras pas avec le type. Tu te sens profiteuse, allumeuse même », analyse Sandra, 49 ans. Il lui est arrivé de céder à des hommes parce qu’ils avaient « « mis le paquet » : grand resto, champagne, boîte. Je me sentais coincée, redevable ».

Catherine Blanc affirme qu’un homme à l’aise avec sa virilité n’a pas à se sentir floué si sa convive ne donne pas suite :
« Il s’est manifesté comme un homme, jusqu’à payer le repas. »

De même, une femme n’a pas à se sentir coupable si elle ne le « rembourse » pas avec son corps. « Il y a déjà eu de la jouissance dans la rencontre. »

Le sujet ouvre sur l’inconnu de la rencontre sexuelle, ses jeux de rôle et de genre. Anne, 30 ans, dit qu’il y a des hommes avec qui il faut « toujours » payer, « ceux qui veulent aller plus loin alors que toi tu ne veux pas ».

Mais il arrive de plus en plus souvent, paraît-il, que la fille soit demandeuse, et le garçon hésitant. « Si j’invite, je me sens plus libre. Je ne suis pas obligé de la rétribuer en couchant avec elle », lâche Isidore, 35 ans. Il raconte que, une fois, il s’est fait inviter, très explicitement, par une fille plus jeune, « offensive mais pas offensante. Elle avait envie de jouer à l’amazone, et j’étais d’accord pour jouer avec elle ».

Témoignages :

Frank, 44 ans, directeur artistique : « Je paye, en ressentant un frisson de mépris. Dans ma famille, on ne sortait pas. Le restaurant est donc en soi une transgression. Je ressens toujours un frisson en payant : de plaisir, car je peux dire à une femme que j’ai envie d’elle avec mon argent. Et de mépris pour elle, car l’amour ne s’achète pas. En fait, je suis jaloux, j’aimerais être à la place de la femme : me laisser acheter, traiter en objet. »

Ilana Reiss-Schimmel, psychanalyste : « Cet homme invite de mauvaise grâce, car c’est lui qui sent les choses en termes « d’avoir », qui veut le sein, qui veut qu’on lui donne la main. Il veut être celui dont on s’occupe. Et culturellement, cela ne fonctionne pas comme ça. On attend encore de l’homme qu’il prenne en charge l’organisation de la possibilité d’avoir une relation sexuelle. »

Sophie, 33 ans, responsable politique, militante féministe « Je prie pour qu’il refuse le partage »
« Je propose systématiquement de payer en priant pour qu’il refuse. S’il me laisse payer, ça n’empêche pas de devenir amants, mais ça me refroidit. Je me mets sur la défensive, je me demande ce qu’il attend de moi. Quand un homme m’invite, il me permet de déposer les armes, d’être passive, femelle. Je suis sûre qu’il me désire. »

Ilana Reiss-Schimmel : « Cette femme, honnête dans son idéologie féministe, a envie que l’homme soit celui qui « veut », celui qui en « a », qui peut la combler et la rassurer. Malgré sa position de pouvoir, elle ne se place pas dans la situation de celle qui « a » tout, car cela pourrait provoquer chez son partenaire l’angoisse d’être châtré – puisqu’elle a tout, il ne lui reste plus que le pénis à prendre. »

Véronique, 39 ans, manager consultante « Je ne supporte pas d’avoir des comptes à rendre »
« Quand l’addition arrive, je ne disparais pas aux toilettes, je prends la moitié pour moi. Je ne supporte pas d’être une charge, d’avoir des comptes à rendre. Mais si je sens que vraiment cela le blesse de ne pas m’inviter, j’ai la politesse de le laisser faire, sauf si j’ai la ferme intention de ne pas le revoir. »

Jacques-Antoine Malarewicz, psychiatre et thérapeute de couple : « Partager l’addition, c’est quand même refuser de s’engager. Cette femme refuse de se sentir en dette. Et se sentir en dette, c’est entrer dans le jeu de la séduction. Mais elle ne va pas trop loin : elle se garde bien
de l’inviter. Une femme qui invite un homme est souvent vécue comme une femme trop « désirante ». Et ça fait peur aux hommes. »

***

alors je vais vous proposer un jeu. dans un premier temps, recopiez les témoignages qui vous correspondent. ensuite commentez-les avec vos pourquoi et vos comment.

bon alors, je me lance. je sais bien que je vais passer pour la fille intéressée de service, j’en ai conscience, mais vu que je me connais assez pour me foutre des avis extérieurs, j’y vais sans complexe.mon but n’est pas de vous convaincre que j’ai raison, que c’est comme moi qu’il FAUT faire. beaucoup en sont convaincus ici, et en fait, j’avoue que ça me fait sourire. je pense qu’on a tous notre recette, qui nous est personnelle, et qui nous vient de notre famille, de notre histoire personnelle, et de nos expériences amoureuses.comme je l’ai dit à plusieurs reprises, mon vécu à moi est celui d’une petite fille chouchoutée, puis d’une femme chouchoutée. donc avant de me juger (si si vous le ferez, je vous fais confiance) prenez cet indice en compte.

essayez aussi de penser qu’une personne est rarement « gratuitement » chouchoutée. je ne veux pas dire par là que je vends mon affection. je veux dire par là que j’ai une personnalité (façon d’être, de parler et de toucher) qui finit généralement par générer cette envie de me chouchouter. et ma foi, j’en suis VRAIMENT ravie.

assez de blablas, passons aux choses qui fâchent:

« S’il ne réagit pas immédiatement, je sors ma carte bancaire. C’est une façon agressive de lui montrer qu’il n’a pas assuré »…je ne l’ai jamais fait de cette manière (agressive), mais ce n’est pas l’envie qui manquait à certaines occasions. ce n’est pas rédhibitoire, mais il y a peu de chance que je revoie l’homme en question après ça. mettons que si les choses se passent EXTREMEMENT bien après ça, il garde une chance. mais, ça casse tout, je trouve.

idem avec les « on partage? ».

Richard, jeune quinqua, estime que l’élégance impose aux hommes de payer, et aux femmes de ne pas s’en apercevoir : « Si elle demande à partager, elle brise la beauté de la soirée. Ça veut dire qu’elle n’a rien compris.

richard, je suis de tout coeur avec toi.

« Ce n’est pas une question d’argent, c’était à lui de prendre les choses en main »

voilà, tout à fait.
ça ne veut pas dire que je suis complètement passive, mais au moins dans la phase d’approche, j’aime qu’on soit conquérant, sans excès, mais dans ce genre de petits détails qui me martellent l’idée que l’homme que j’ai en face de moi me désire vraiment.

ça fait partie des préliminaires.

si j’avais envie de manger avec des potes, j’inviterais des potes, et chacun payerait son addition tranquillement dans son coin. quand je mange avec des amis, il m’arrive fréquemment de payer aussi pour eux. parce qu’il n’y a de ma part aucune attente les concernant. je rends service, entre amis. je partage un bon moment de rigolade, entre amis. je ne suis pas dans la séduction.

imaginons une autre situation.
on se balade, je tombe sur une rose magnifique à la devanture d’un fleuriste, et j’hésite à entrer pour l’acheter, d’une part parce que je suis en rendez-vous, et une rose c’est gênant à porter, d’autre part parce que j’hésite à le laisser tout seul sur le troittoir le temps d’aller acheter cette rose. imaginons que le temps de cette hésitation, il entre dans la boutique et achète cette rose pour moi.

que dois-je en conclure?
qu’il M’achète? que je DOIS assumer MA consommation de fleurs, et payer mes fleurs toute seule? qu’au nom de l’égalité des sexes, il n’y a aucune raison pour que j’accepte qu’on me paye ce plaisir qu’en temps normal je me paye toute seule?

le dîner c’est pareil. on est dans une « parade nuptiale » on ne peut plus bestiale. les exemples d’animaux qui s’offrent des cadeaux ou à manger pour se séduire sont inombrables. je ne vais pas essayer d’intellectualiser une chose que je ressens comme ça. ça me fait plaisir qu’on m’invite, ça me fait plaisir qu’on me bichonne, oui, ça me plairait énormément qu’il m’offre cette fleur, et je serai contente de la garder à la main et de la respirer régulièrement. le repas c’est pareil, ça me ferait plaisir qu’il me serve à boire, qu’il s’inquiète que le repas me plaise, bref… mince quoi, bichonnez-moi!!!

Esther, 28 ans, a vu qu’il glissait prestement la facture dans sa poche.

ce n’est pas rédhibitoire, mais ça fait nul. vraiment, c’est très peu classieux.

« L’égalité entre hommes et femmes n’a pas à s’exprimer à ce moment. D’un point de vue éthologique, on est dans la parade. Au niveau de l’inconscient, la femme attend de l’homme qu’il tienne le rôle de la mère nourricière et du père protecteur… »

Le psychiatre et thérapeute de couple Jacques-Antoine Malarewicz (Auteur notamment de Repenser le couple (LGF, « Le Livre de poche », 2002)) émet l’hypothèse suivante : l’homme qui propose le partage de l’addition teste un autre partage des rôles. « Il dit : « Je suis prêt à abandonner mon pouvoir d’homme sur l’argent, es-tu prête à abandonner ton pouvoir de femme sur la sexualité ? » » Peu de femmes l’entendent de cette oreille.

on est bien d’accord. ma réponse est « non ». clairement.
je ne vois aucun intérêt à demander à un homme d’abandonner son pouvoir sur l’argent. l’argent en tant que tel ne m’a jamais intéressée. par contre le sexe oui.

question suivante?

« De plus en plus d’hommes prennent prétexte du féminisme pour justifier leur radinerie, assène Ana, 30 ans. Je trouve normal qu’un homme paye les premières fois. Il doit me séduire, se montrer généreux et léger. C’est un moment où il ne faut pas compter. Sinon, ça augure mal de la suite. »

je suis assez d’accord avec ça. et effectivement, je n’ai jamais vécu de belles suites quand j’avais laissé passer les premières « radineries », qui se sont toujours révélées telles. à chaque fois que j’ai croisé un homme qui tenait à partager, ça s’est révélé être de la radinerie. ça se révèle ensuite dans le choix des hôtels, quand la personne est prête à s’éloigner géographiquement, et à avoir moins de confort, juste parce que l’hôtel est moins cher de 5€!!!

je ne fonctionne pas comme ça. quand je suis dans une rencontre libertine je suis dans le plaisir, et je ne suis pas dans une logique où il faut que je compte mes sous. je peux comprendre qu’on se fixe un maximum de dépenses, mais pas qu’on recherche à tout prix d’abord la solution la plus économe.

moi je cherche d’abord la solution la plus PLAISANTE. dans mes prix, mais la plus PLAISANTE possible.

« Dans le geste de « sortir » sa carte de paiement ou ses billets, il y a une projection « éjaculatoire ». Et dans le fait d’accepter, pour la femme, il y a cette capacité à accueillir l’éjaculation », explique Catherine Blanc, sexothérapeute. Heureusement pour les âmes prudes, la galanterie a organisé ces « projections » en règles de savoir-vivre.

je n’aurais pas dit les choses comme ça, mais symboliquement, ça ressemble assez à ce que je ressens. d’ailleurs, j’ai du mal à me laisser inviter par un homme que je n’apprécie pas, tout comme j’aurais du mal à accueillir son éjaculation en moi. j’ai l’impression d’être salie quelque part.

ceci dit, si la personne insiste, je laisse faire. je n’insiste à mon tour que si je n’ai aucune intention de la revoir, et aucun scrupule à ne pas ménager sa susceptibilité.

je trouverais étrange par exemple, qu’un ami m’invite au restau. sauf si ça fait longtemps qu’il ne m’a vue, qu’il veut « fêter ça », mais juste comme ça, je trouverais ça suspect. c’est une des SEULES choses qu’un prétendant peut faire pour se déclarer, et déclarer ses intentions. c’est quand même un comble que de la refuser? non?

« Tu acceptes l’invitation en sachant que tu ne coucheras pas avec le type. Tu te sens profiteuse, allumeuse même », analyse Sandra, 49 ans.

je suis d’accord sur la sensation de mal-être, mais justement, je n’accepte jamais une invitation si je ne suis pas déjà intéressée. à lui de confirmer mon intérêt, ou pas, mais là, je ne suis responsable que de 50% des choses qui arrivent à ce repas.

Catherine Blanc affirme qu’un homme à l’aise avec sa virilité n’a pas à se sentir floué si sa convive ne donne pas suite :
« Il s’est manifesté comme un homme, jusqu’à payer le repas. »

voilà.

De même, une femme n’a pas à se sentir coupable si elle ne le « rembourse » pas avec son corps. « Il y a déjà eu de la jouissance dans la rencontre. »

alors là complètement.

Le sujet ouvre sur l’inconnu de la rencontre sexuelle, ses jeux de rôle et de genre. Anne, 30 ans, dit qu’il y a des hommes avec qui il faut « toujours » payer, « ceux qui veulent aller plus loin alors que toi tu ne veux pas ».

j’en ai rencontrés quelques uns, et effectivement, c’est assez ahurissant.

Il raconte que, une fois, il s’est fait inviter, très explicitement, par une fille plus jeune, « offensive mais pas offensante. Elle avait envie de jouer à l’amazone, et j’étais d’accord pour jouer avec elle ».

je suis d’accord, je le fais parfois, c’est un jeux délicieux quand il est bien compris et que l’homme s’y prête. seulement, comme le dit le psy Malarewicz « … Une femme qui invite un homme est souvent vécue comme une femme trop « désirante ». Et ça fait peur aux hommes. »

Frank, 44 ans, directeur artistique : « … En fait, je suis jaloux, j’aimerais être à la place de la femme : me laisser acheter, traiter en objet. »

j’ai déjà discuté avec pas mal de mecs qui au fond refusent de payer pour la même raison. ils aimeraient être à la place de la femme, ne pouvant y être, ils s’arrangent pour qu’elle non plus ne puisse pas profiter des avantages de son sexe.

Sophie, 33 ans, responsable politique, militante féministe « Je prie pour qu’il refuse le partage »
« Je propose systématiquement de payer en priant pour qu’il refuse. S’il me laisse payer, ça n’empêche pas de devenir amants, mais ça me refroidit. Je me mets sur la défensive, je me demande ce qu’il attend de moi. Quand un homme m’invite, il me permet de déposer les armes, d’être passive, femelle. Je suis sûre qu’il me désire. »

je ressens carrément la même chose.

Jacques-Antoine Malarewicz, psychiatre et thérapeute de couple : « Partager l’addition, c’est quand même refuser de s’engager. Cette femme refuse de se sentir en dette. Et se sentir en dette, c’est entrer dans le jeu de la séduction. »

je le ressens comme ça aussi.

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